29/01/2007

Le marché.

Houdeng-Aimeries - Samedi  2 septembre  1911.

 

Ici, c'est jour de marché. Et l'on ne se douterait guère, à voir la cohue qui s'y presse, que le marché a la réputation de "tomber". La police et la gendarmerie ont toutes les peines du monde à maintenir un peu d'ordre. Un groupe de 500 femmes est arrivé de La Louvière, précédé de drapeaux bleus et rouges et d'inscriptions clamant les revendications des ménagères. L'une dit: "Ménagères, ouvrez l'oeil!". Une autre réclame la viande à un franc.

 

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Le marché de Houdeng-Aimeries, installé autour de l'église vers 1900.

Il y a peu de vendeurs. Un seul boucher s'est installé et il débite sa viande à un franc. Aussi fait-il des affaires d'or ... Des fermières sont là également avec leurs attelages, mais elles ne déballent pas. On leur demande leur prix et si ceux-ci ne sont pas favorables, on les hue, on les injurie et ... on irait plus loin encore si les représentants de l'autorité n'étaient pas là.

 

Beaucoup de marchandes ont vendu le beurre à 1fr.50 et les oeufs à 2fr.50. Il va sans dire qu'elles ont été de suite dépourvues de leur marchandise.

 

Jeudi de 6h.30 à 10 heures du soir, des manifestations se sont produites. L'on a parcouru les rues, s'arrêtant devant les fermes, faisant des haies chez les bouchers et réclamant la diminution de la viande. La plupart d'entre eux ont cédé. L'un d'eux, demeurant au fond du Stockou, territoire de Bracquegnies, qui avait déclaré ne pas vouloir diminuer, a été conspué et les ménagères, qui étaient au nombre de 1200, précédées d'un drapeau et d'inscriptions, sont parties en chantant: "A bas X ...!" (le nom du boucher). Des policiers et des gendarmes

19:57 Écrit par La Petite Louve dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marches |  Facebook |

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