06/02/2007

La Maison communale.

Houdeng-Aimeries - Jeudi 5 août 1920.

 

On sait que le Conseil communal, au cours de diverses séances, qui ont eu lieu depuis le début d'avril, a discuté l'acquisition d'une nouvelle maison communale, les locaux actuels étant insuffisants.

 

L'information de "commodo" a révélé qu'une partie de la population faisait opposition, tandis qu'une autre partie approuvait l'acquisition.

 

En dehors et après l'enquête régulière, un groupe de quatre citoyens adressa une autre protestation à M; le Gouverneur. Dans sa séance du 9 juillet 1920, la Députation permanente déclarait que:"Attendu qu'en présence des allégations motivées, et contradictoires produites par l'Administration communale et les protestataires, il n'est pas possible de se prononcer en connaissance de cause, sur le vu des pièces du dossier", et chargeait MM. Chevalier et Gottignies, de tenir une enquête, à l'effet de s'assurer si la décision prise par le Conseil .communal de Houdeng-Aimeries était de nature à pouvoir être approuvée.

 

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Le château de Mlle Debauque, devenu Maison communale en 1921.

 

Donc, jeudi, à 10h.30 du matin, MM. les députés Chevalier et Gottignies, assistés de M. Courtois, chef de division au Gouvernement provincial, s'en vinrent visiter la Maison communale, qui se trouve à trente mètres du territoire de Houdeng-Goegnies. Le Collège, au complet, et trois des quatre protestataires, formaient le cortège.

 

La visite de la Maison communale actuelle devait établir que les locaux étaient insuffisants, comme l'articule le Conseil communal. Le bureau du receveur n'a pas de fenêtre, le bureau du commissaire est aussi un trou où l'on ne voit pas clair; aussi, la commune est-elle obligée de badigeonner à ses frais le pignon du voisin. Il y a aussi un autre trou sous plateforme avec fenêtre, mais dont la porte est rigoureusement fermée, à telle enseigne que le plafond est en grandes plaques détaché. Un boyau de corridor de moins d'un mètre de largeur est tout l'espace laissé au public pour salle d'attente. Aussi, l'Administration communale est-elle, en tout temps, tributaire du voisin, soit qu'il faille payer les quinzaines de chômage, soit pour toute autre réunion de ce genre. De même, quand la police tient une enquête où les personnes à interroger son particulièrement nombreuses.

 

On a bien envisagé le jardin pour donner de l'extension, mais la remarque ne s'est pas fait attendre que le meilleur remède ne donnerait pas encore satisfaction.

 

On n'a pas calculé non plus la dépense qu'occasionnerait l'agrandissement; on n'a pas signalé qu'il y avait des annexes à démolir et à rebâtir et qu'il faudrait dépenser beaucoup plus, pour une nouvelle annexe, que pour celle qu'on a faite il y a 20 ans. Or, à cette époque, la dépense s'est élevée à douze mille francs. N'ajoutons, pour la partie à démolir et à rétablir, que deux mille francs, prix de 1914, nous obtiendrons 14000 francs. Ce n'est nullement exagéré d'évaluer les travaux de construction à cinq fois le prix d'avant-guerre. La nouvelle oeuvre, qu'on préconise, coûterait au bas mot 70000 francs. A noter, que moyennant cette colossale dépense, on ne serait pas encore bien aménagé. Et qui est-ce qui paierait? Les contribuables, évidemment. Car ce ne sont pas seulement les quatre contribuables protestataires qui prendront à leur charge cette dépense, elle serait répartie sur tous les contribuables. Il faut donc examiner uniquement la question au point de vue de ces derniers.

 

La Maison communale actuelle n'a pas été bâtie pour sa destination d'aujourd'hui. Elle convient admirablement pour une maison de commerce. L'avenue qui donne accès au jardin et à la remise des corbillards, donne toute facilité pour la rentrée des camions. La vente de cette propriété rapportera, au bas mot, une cinquantaine de mille francs. Or, la propriété nouvelle a une superficie de 64 ares. Si nous comptons ce terrain à 40000 francs l'hectare seulement, la valeur en est de 25600 francs. (Des terrains plus éloignés de l'église se sont vendus à 60 et 80000 francs l'hectare.)

 

La nouvelle Maison communale coûtera donc 25.000 francs, le tiers du coût de l'agrandissement. Les avantages de la combinaison? D'abord, les services seront assurés. Cette seule raison prime toutes les autres.

 

En deuxième lieu, la nouvelle maison vaut beaucoup plus l’autre : c’est un château près d’une cabane. Enfin, la caisse communale fait une réelle et notable économie.

 

Toute la question est résolue. Le tram n'a rien à voir dans cette affaire, puisque personne de la commune et encore moins l'un des protestataires, ne peut se servir du tram pour se rendre à la Maison communale.

 

Du côté de Houdeng-Goegnies, l'arrêt est sur le territoire de cette commune: du côté de Bracquegnies, le tram est établi en siège spécial. Il ne peut être question de "budget terriblement grevé", puisqu'il y a bénéfice pour la commune. Il n'y peut plus être question de dilapider les deniers des contribuables, puisque, pour les mêmes motifs, leurs charges vont se trouver allégées.

 

Le grief, concernant l'érection en commune du hameau de Bois-du-Luc, est surtout irréfléchi, car il donne raison au Conseil communal. S'il était donné  suite à l'éventualité dont les protestataires font état, la Maison communale actuelle se trouverait à la limite de la nouvelle commune, et il faudrait s'en éloigner pour qu'elle soit tant soit peu au centre du village; c'est exactement ce que le Conseil a décidé.

 

Arrivons au reproche de la dépréciation des propriétés environnantes. Si réellement, la proximité de la Maison communale donne une plus-value aux propriétés voisines, le déplacement  d'un service public ne donne droit à aucune indemnité. Les voisins privilégiés doivent se féliciter d'avoir joui depuis tant d'années du privilège. Pour être justes, ils devraient proposer eux-mêmes d'en faire profiter les autres. Ce n'est donc pas pour quelques intérêts privilégiés et égoïstes que la communauté doit souffrir. L'intérêt général passe avant l'intérêt particulier, celui-ci fut-il même avantagé depuis longtemps.

 

Enfin, il reste la suggestion de créer une place au lieu du boyau qu'on appelle (il le faut bien) la place Communale. Mais ceci est complètement étranger à notre sujet. Le Conseil communal a d'ailleurs écarté les propositions qui auraient conduit les finances communales à une faillite phénoménale. Pour les amis de ces messieurs, les contribuables pouvaient aller à leur poche. Et le gaspillage eut été complet. Les emprises et le seul déblayage auraient coûté un demi-million! Nous laissons au lecteur le soin d'apprécier la décision du Conseil communal.

 

Eventuellement, nous nous réservons de revenir sur cette question, si les protestataires veulent défendre leurs arguments dans les colonnes des "Nouvelles".

 

L'intérêt, que la rédaction a toujours porté aux choses de Houdeng-Aimeries, nous permet d'espérer qu'elle ne refusera pas de voir exposer cette question capitale dans toute son ampleur.

19:45 Écrit par La Petite Louve dans Bâtiments publics | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : maison communale, chateaux |  Facebook |

Commentaires

BONJOUR MERVEILLEUSE JOURNÉE A TOI

COEURDENFANT
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Écrit par : COEURDENFANT | 06/02/2007

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