25/02/2007

L'achèvement du canal.

Houdeng-Aimeries - Mardi 4 juillet 1911.

 

Le canal du Centre, que l'on va enfin achever, sera sans contredit le plus remarquable de tous nos canaux.

 

Par ses grands travaux d'art, par ses ascenseurs hydrauliques notamment, les premiers construits en Belgique, en d'aussi gigantesques proportions, le canal du Centre méritera réellement d'être visité par les curieux et par les ingénieurs belges et étrangers désireux d'étudier de près les grandes oeuvres modernes.

 

Certes, au point de vue tracé, il eût été à désirer que le canal du Centre, subit quelques modifications qui auraient fait éviter les mécomptes que l'on a éprouvés, mais de pareilles erreurs se rencontrent assez fréquemment dans le creusement des voies d'eau artificielles.

 

Le canal du Centre, proprement dit, part de Mons, traverse les communes de Nimy, Obourg, Ville-sur-Haine, Thieu où se trouve le premier ascenseur, Strépy-Bracquegnies, qui possède le second, Houdeng-Aimeries qui possède le troisième, Houdeng-Goegnies où se trouve le dernier élévateur, et enfin La Louvière, où le canal vient aboutir aux embranchements de Seneffe à Houdeng, et à La Louvière du canal de Charleroi à Bruxelles.

 

Le canal comprend quatre sections:

 

·          la première section va de Mons à Ville-sur-Haine, soit environ 18 kilomètres de parcours. Elle fut entreprise le 20 mai 1882 par les entrepreneurs Decaux, Poiry et Simon, pour la somme de 4 millions 639.000 francs.

 

·          la seconde section s'étend sur près d'un kilomètre de Ville-sur-Haine à Thieu. Elle fut adjugée en mai 1888 à M. Ruelens, d'Héverlé, pour 548.900 francs, soit un rabais de 133.000 francs par rapport au devis estimatif.

 

Ces deux sections suivent la vallée de la Haine, en pente relativement faible, et se rachètent par des écluses de 23m.26 de différence de niveau. Sur cette partie, qui a une longueur de 12.921m. 03, il est établi six écluses: l'une a une chute de 2ra.26, les cinq autres ont des chutes de 4m. 20. Ces deux sections sont complètement terminées et livrées à la navigation.

 

·          la troisième section va de Thieu à Houdeng-Aimeries, soit une longueur de 4 km.81m.58. Elle fut entreprise par MM. Jean Cousin et frères et a été terminée en 1893.

 

·          la quatrième section traverse l'agglomération des Deux-Houdeng, sur un parcours de 2km.238m.35. Ces travaux ont été confiés à la firme Jean Boisée, . Hubert Boisée et Emile Hargot, d'Anvers, pour la somme de 1 million 849.000 francs.

 

Il existe encore une section terminale, entièrement construite, de 874m.25, dans laquelle se trouve l'ascenseur n°l. Ce tronçon fut adjugé, le 7 mai 1885, aux entrepreneurs Mortiaux, Hanssens et Bauwens, pour la somme de 405.000 francs. A noter que cette section ne comprenait, outre le creusement du canal, que les terrassements et maçonneries nécessaires à l'établissement de l'ascenseur numéro 1, la partie métallique de ce travail d'art ayant été confiée, pour 800.000 francs, à la société John Cockerill et C°, de Seraing.

 

Sur ces dernières sections, entièrement situées dans la petite vallée du Thiriau, il y a, comme nous venons de le dire plus haut, quatre élévateurs ou ascenseurs hydrauliques ayant, les trois premiers, chacun 16m.933 de chute, et le quatrième, 15m.397. Des deux dernières sections, la troisième est terminée à l'exception des parties métalliques des ascenseurs 2, 3 et 4, et la quatrième est livrée à la navigation.

 

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L'ascenseur n°2.

 

Parlons de cette partie du canal, la seule vraiment intéressante en ce moment; les assises des ascenseurs 2, 3 et 4, contrairement à ce qui a eu lieu pour le numéro 1, sont complètement en pierres bleues.

 

Les abords de l'ascenseur numéro 2 sont entourés d'énormes talus qui, par leur disposition ingénieuse, à gradins pour ainsi dire, produisent le meilleur effet et forment 'comme un immense amphithéâtre autour du futur géant de fer. C'est aux abords de cet ascenseur que commence la quatrième section.

 

Une chose frappe surtout dans la construction de ce tronçon du canal; c'est la solidité et la grande résistance qu'offrent les talus.

 

On sait qu'une des grosses difficultés que l'on a à résoudre dans le creusement d'un canal, est la consolidation des rives et le revêtemant des talus.

 

Lorsqu'on traverse des terrains meubles, la consolidation des talus est indispensable; c'est une condition essentielle à défaut de laquelle la navigation serait entravée, et peut-être même rendue impossible. Si l'on fait, de prime abord, les travaux nécessaires, des revêtements solides et de grande résistance, on est entraîné à d'énormes dépenses. Le coût du premier établissement peut être ainsi de beaucoup augmenté et le travail, par cela même, être rendu impossible à défaut de ressources nécessaires.

 

Sur le canal du Centre, la question de consolidation de talus revêt un caractère d'autant plus grave que l'on traverse, sur de grandes longueurs, des terrains houillers et calcaires sujets à des affaisements.

 

On peut donc se demander si, en adoptant des moyens de consolidation relativement faibles dans les autres sections, on n'est pas resté en deçà du strict, nécessaire, et si, par la suite, on n'aura pas des déceptions et des imprévus comme cela est arrivé dans la construction de certains grands canaux.

 

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Le pont du chemin de fer de l'Etat de Bruxelles à Chimay, dit "Pont Rouge".

 

Les principaux travaux d'art de la section ont consisté en la construction de six ponts.

 

Les ponts fixes de la chaussée de Bois-du-Luc et de la route de Binche, ainsi que le pont tournant de Houdeng-Aimeries, n'offrent aucun caractère particulier.

 

Les trois autres ponts, situés sur le territoire de Houdeng-Goegnies, ont nécessité beaucoup de travaux préléminaires et une dépense exceptionnelle. C'est d'abord le grand pont de la rue Scailmont qui donne passage au chemin de fer particulier des charbonnages de Bois-du-Luc.

 

Ce pont, établi à une vingtaine de mètres de hauteur, s'étend sur une longueur de 120 mètres. L'armature de cet ouvrage sort des Ateliers Nicaise et Delcuve de La Louvière.

 

Nous trouvons ensuite le grand pont du chemin de fer de l'Etat de Bruxelles à Chimay. Etabli à la même hauteur que le précédent, ce pont a nécessité une dépense d'environ 300.000 francs. Il a fallu, en effet, pour le construire, détourner provisoirement la voie ferrée et élever un remblai de vingt mètres de hauteur sur une longueur de 300 mètres environ.

 

Enfin, nous avons le pont-tournant de La Louvière, établi sur la grand'route de Soignies à Marieraont. Cet ouvrage d'art, d'une largeur respective, est doté d'une passerelle très commode pour piétons. Un ponceau de 2m.50 d'ouverture, pour le passage de la rivière détournée "Le Thiriau" est établi près du pont. La mauvaise qualité du terrain, d'ailleurs prévue, a nécessité l'emploi de plusieurs batteries de pilotis en cet endroit.

  

La partie métallique de ce dernier pont a été confiée à l’établissement Pâris, de Marchienne-au-Pont.

 

Pour terminer le canal, il reste à établir les parties métalliques des trois ascenseurs, à exécuter les travaux d'alimentation et à consolider certaines parties du canal, entreprise évaluée à environ 4millions de francs. Il faudra trois années pour faire ces travaux.

 

19:45 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ascenseurs, ponts |  Facebook |

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Écrit par : Visiteur | 26/02/2007

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