27/02/2007

Le canal: bilan d'après guerre.

Houdeng-Aimeries - Dimanche 20 avril 1919.

 

Le Canal du Centre devait être terminé et inauguré en 1915. Le 22 Août 1914, il restait à exécuter, pour mettre l'ouvrage en service, des parachèvements aux ascenseurs numéros 2 et 3 et à l'usine de Bracquegnies.

 

L'ascenseur numéro 4, à Thieu, était moins avancé. La grosse chaudronnerie était à pied d'oeuvre, sauf le bordé des sas. Le montage était commencé. Les grandes presses étaient 'montées dans le fond des puits.

 

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L'ascenseur n°2.

 

Dès l'arrivée des barbares, tous les travaux furent arrêtés, pendant quelques semaines, après lesquelles la Société Anonyme John Cockerill fit reprendre le montage à l'ascenseur numéro 4, pour assurer la conservation des pièces approvisionnées. Le montage continue ainsi lentement jusqu'au 1er septembre 1915, date à laquelle la Société Cockerill, prévenue que l'autorité occupante ne payait pas les travaux des ascenseurs, fit arrêter le montage, en laissant sur les chantiers le personnel strictement nécessaire pour assumer l'entretien et la conservation des parties montées.

 

En Août 1916, les Allemands mirent cette Société en demeure de continuer les travaux et de les pousser avec la plus grande activité, sous peine de représailles.

 

Malgré le peu d'empressement apporté à l'exécution de cet ultimatum et les obstacles de toute nature suscités pour en retarder les effets, on ne put prolonger indéfiniment l'achèvement des ascenseurs. Les numéros 2 et 3 étaient prêts pour les essais en août 1917, date du commencement de la navigation. Les Allemands avaient fait parachever l'ascenseur numéro â par des moyens de fortune, en remplaçant le caoutchouc prévu pour l'étanchéité par des boudins en bois et en cuir qui ne donnèrent que de mauvais résultats.

 

Pour les Allemands, le but était atteint: le canal était en eau et on naviguait.

 

Les eaux se perdaient, inondaient les caves des propriétés riveraines en causant des préjudices graves aux propriétaires, qui harcelaient les Allemands de réclamations sans espoir de réussir. "Égal!" répondaient-ils à toutes les plaintes. La Belgique paiera après la guerre. La haute Kulture manquait de flair.

 

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L'ascenseur n°2: salle des machines.

 

Il faudra donc non seulement faire réparer par les Allemands le préjudice causé aux riverains du canal, puisque, avant d'y maintenir les eaux, ils auraient dû en faire assurer l'étanchéité, mais il faudra enlever le cuir et le bois posés pendant la guerre et placer le caoutchouc prévu.

 

Ce travail se fera vraisemblablement dans le courant de l'été prochain, dès que la Société Cockerill aura approvisionné le caoutchouc nécessaire. Il faudra également exécuter les travaux d'étanchement indispensables pour éviter la déperdition des eaux et arrêter les préjudices causés aux riverains.

 

Ces travaux ne pourront être commencés qu'après la réfection des voies hydrauliques détruites par les Allemands dans la partie ouest du pays, car il faut avant tout maintenir la navigation sur le canal du Centre, qui a également été détruit partiellement à l'aval de l'écluse numéro 5 des Wartons, à Obourg.

 

La réfection des parties détruites, commencée en décembre 1918, touche à sa fin.

 

Les bateaux pourront prochainement - avant un mois - naviguer dans toute l'étendue du canal du Centre et atteindre l'écluse du pont-canal, sur le canal de Mons à Condé.

19:00 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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