24/09/2007

Histoire de Houdeng-Goegnies: synthèse.

Houdeng-Goegnies - Samedi 8 août 1936.

 

Le cadre synthétique de cette notice comprend: l'aspect de la commune, la chaussée, la rue Léon Houtart et la place Communale, la rue des Trieux avec sa fête séculaire, le canal du Centre, l'Ascenseur, le Bois du Sart et la fameuse Ducasse du Bos.

 

Le nom primitif de la localité était Goegnies; dans le langage populaire, on dit toujours Goegnère et jamais Houdeng-Goegnies.

 

C'est un très ancien bourg. Il était habité avant Jules César à preuve le tumulus existant dans le bois de Besonrieux. Et sous la domination romaine une villa avec tous ses accessoires y était installée; on en a mis les vestiges à jour en 1890 et 1891, grâce à la généreuse intervention de feu M. Warocqué.

 

L'origine de Goegnies est très aisée à établir; Goe, ou Goeins est le nom du chef franc qui se sera installé dans la villa romaine locale; la terminaison gnies implique l'idée de possession.

 

Par contre, Houdeng-Aimeries, s'appelle communément Houdez. Une dissertation s'impose.

 

Avant 1441, les pouvoirs du seigneur d'Houdeng ne s'étendaient pas sur la totalité du territoire de cette commune; celui-ci présentait une enclave, propriété des seigneurs du Roeulx, placée sous la juridiction du bailly de Goegnies.

 

Cette enclave s'appelait Houdeng-Goegnies, et était absolument étrangère au territoire de Goegnies, qui était appelé Goegnies-lez-Houdeng, depuis 1300, pour le distinguer de Goegnies-lez-Bavay.

 

Or, le 26 juillet 1441, la terre d'Houdeng, avec ses fiefs de Saint-Vaast, Mignault et Haine-Saint-Paul, fut vendue avec l'enclave précitée à Messire Nicolas Rollin, possesseur de la terre d'Aimeries, en France; il fut convenu que la seigneurie d'Houdeng, avec l'enclave d'Houdeng-Goegnies réunies, se dénommerait dorénavant Houdeng-Aimeries.

 

Le sceau communal utilisé sous la domination hollandaise porte la mention Gaugnies-lez-Houdeng.

 

Ce n'est qu'après 1830 que la dénomination d'Houdeng-Gosgnies fut définitivement consacrée.

 

Au moyen-âge, le fief de Goegnies, la mairie du Trieu et la Seigneurie du Sart faisaient partie de la terre du Roeulx. Ils comprenaient les trois quarts de l'étendue de la commune actuelle; ils étaient placés sous la haute autorité des seigneurs du Roeulx.

 

Ils rentrèrent dans le domaine du comté du Hainaut de 1337 à 1432 et Jacqueline de Bavière, d'accord avec le duc Philippe le Bon, en fit donation à la célèbre famille de Croy, qui le conserva jusqu'en 1796.

 

La commune d'Houdeng-Goegnies, d'une contenance de 888 hectares et d'une population de 9.000 habitants, appartient, pour la presque totalité de son territoire, au bassin hydrographique du Thiriau, divisé entre le Thiriau-du-Luc (mitoyen avec La Louvière) et son affluent, le Rieu Baron (aujourd'hui voûté) et le Thiriau du Sart; à son extrémité, vers Besonrieux se trouve une des sources de la Sennette.

 

Son niveau varie de la cote 60 à la Barette, à la cote 138, non loin de Besonrieux.

 

L'agglomération s'est fixée au sud du chemin de fer du Roeulx.

 

L'artère la plus importante est sans contredit la chaussée Paul Houtart, large de 20 mètres au moins, aux trottoirs pavés, reflétant un aspect de propreté, de symétrie qui frappe agréablement l'étranger dès son arrivée.

 

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La chaussée Paul Houtart.

 

Sur presque toute sa longueur, s'alignent des maisons de commerce où règne une activité débordante. Signalons cependant le château de Mme Defévrimont, oeuvre du célèbre architecte Poelaert, la brasserie Dequenne et Ronneau, plus que séculaire, les bâtiments de la succursale de la Banque Générale du Centre du Comptoir du Centre, les installations importantes du Progrès de Jolimont, l'importante société de consommation dont les locaux abritent en même temps les oeuvres sociales et politiques du parti socialiste; le Cercle Horticole avec son joli parc, la monumentale école des filles.

 

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Le château Defévrimont.

 

Au carrefour, près du café-restaurant Gambrinus, nous nous dirigeons à gauche dans la rue Léon Houtart. Avant d'arriver à la Grand'place, à gauche se trouve une maison bien ancienne et des plus intéressante. En façade, elle constitue l'unique vestige de l'architecture de la région du Centre au XVIIe siècle. La façade en a été crépie il y a quelques quarante ans. C'est dommage, un travail de restauration aurait mieux valu, car il aurait conservé à ce vénérable bâtiment son aspect primitif qui était certainement des plus jolis.

 

Quoi qu'il en soit, il importe d'en assurer la conservation et son classement dans les immeubles anciens protégés par la Commission royale des monuments s'impose.

 

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Le Cercle Horticole.

 

La place Albert 1er a un cachet de grande ville par son heureux aménagement dû à l'architecte Paul Dubail, de Morlanwelz, par sa jolie plantation, les constructions qui l'entourent et le beau monument érigé à la mémoire des soldats et déportés morts pour la Patrie.

 

Parmi celles-ci, citons le groupe Ouest, qui comprend presbytère, l'église  paroissiale,  bâtiments communaux, Maison Libérale et l'habitation faisant coin en face de Maison des Oeuvres.

  

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La place Albert 1er en 1925 avec l'église et la Maison libérale. 

 

L'église paroissiale a été conçue par l'architecte Eugène Bodson, de Saint-Ghislain et réalisée sous sa surveillance.

 

Derrière, on voit les écoles libres, pour filles, celles des garçons se trouvant rue Saint-Donat.

 

La Maison Libérale, construite en 1908, est plantée sur l'emplacement de l'ancienne église, dont la tour datait de 1522.

 

L'Eglise actuelle constitue un bel édifice, néo-gothique de dimensions moyennes (50 m. sur 20) et pouvant contenir huit cents à neuf cents personnes.

 

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La place Albert 1er avec son monument. 

 

Il est de style ogival primaire à trois nefs, avec clair étage et faux transept; la tour est située en façade et forme portail. Le choeur est surbaissé, à pans coupés. Son chevet est orné de trois verrières.

 

Si de loin, l'on n'aperçoit guère de l'église que son élégante flèche octogonale, de près, on est immédiatement charmé par l'harmonie des proportions de ce monument et l'élégante parure que lui font ses soubassements, les bandeaux et ses corniches de pierre taillée, qui tranchent si agréablement sur le rouge des briques.

 

La tour flanquée de tourelles symétriques et surmontée de sa belle flèche, avec son portail, sa grande verrière et ses abat-sons, est d'un effet ornemental puissant.

Le portail abrite deux tables de pierre d'excellent style, portant gravés les noms des soldats et déportés morts pour la patrie.

 

A l'intérieur de l'édifice, on est frappé par la majesté souveraine de ce long vaisseau que baigne à toute heure du jour une lumière abondante et discrète qui semble venir de partout.

 

De splendides colonnes cylindriques à chapiteaux octogonaux en pierre bleue taillée et bouchardée, soutiennent un clair étage à colonnettes engagées et à fenêtres gélessées, et lui font une nef centrale vraiment remarquable.

 

Une décoration très sobre qui se borne à accuser les lignes architecturales, laisse croire que la pierre d'Euville a fait tous les frais des murailles, des pilastres et aussi des voûtes à nervures.

 

Si l'ensemble est remarquable, chaque détail du mobilier est digne d'attention.

 

L'église n'a conservé comme pièces anciennes que les fonts baptismaux, très intéressants pour les archéologues.

 

Tout le reste du mobilier est de facture récente, mais forme un ensemble très homogène et d'une rare pureté de style.

 

Au Sud de la place Albert 1er, s'ouvre la rue de l'Abattoir, d'une propreté remarquable; elle est le siège de l'Abattoir communal, établissement prospère, qui rend à l'alimentation publique d'inappréciables services.

  

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La place Albert 1er vers la rue de l'Abattoir.

 

La rue Léon Houtart se continue vers Houdeng-Aimeries, laissant à droite le château de M. Léon Ghilain-Descamps et de M. Le notaire Demaret-Ghilain, oeuvre de feu l'architecte Hubert, de Binche (le même qui dessina la façade de l'Hôtel de ville de La Louvière), et à gauche, ceux de feu Hypolite Michel, Emile Tellier, et de M. le docteur Biset, ce dernier d'une très belle conception, bâti par feu Abel Detrau.

 

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Le château Ghilain-Descamps.

 

Non loin de la place de l'Eglise, en descendant vers la rue de la Salle, se trouvait autrefois, sur les rives du Rieu Baron, le manoir de la Salle, château des seigneurs féodaux de Goegnies, bâti dans les parages de la première habitation du chef franc, installé au lendemain de la domination romaine.

 

Les vestiges de celle-ci ont disparu; Ils consistaient en quelques pieds de murs bâtis, en pierre de grès, situés dans le fond de l'ancienne prairie de la Salle, à l'emplacement de l'école actuelle du quartier.

 

La mémoire populaire désignait ces rudiments de ruines comme les restes du château des Sarazins.

 

Les derniers bâtiments de l'ancienne seigneurie furent démolis, lors de la construction du canal du Centre.

 

Le mot "sala" désignait, chez les Francs, le château, ou mieux la forteresse bâtie ou donnée à un chef en récompense de ses succès militaires.

 

Le château de Valenciennes et celui de Binche s'appelaient la salle du Comte.

 

Beaucoup de maisons disposent actuellement d'un salon, c'est-à-dire la pièce principale utilisée dans les grandes circonstances seulement: l'origine de cette appellation provient de l'appellation franque prérappelée.

 

Mais hâtons-nous de remonter vers le Nord, et d'arriver à la rue des Trieux, large, bien pavée, bien aérée, bien ensoleillée.

 

Le Trieu doit son origine aux prés banaux qui s'y trouvaient aux siècles passés.

 

Les habitants y conduisaient paître leur bétail; une partie était réservée à la fenaison et la récolte du regain était exempte de toute taxe et constituait pour les manants un revenu précieux,

 

Le Trieu présentait comme bâtiments importants: la mairie installée à front de la place actuelle et démolie vers 1890, et la ferme qui existe toujours et sur laquelle l'Abbaye de Saint-Denis avait le droit de grande dîme.

 

Le fief du Trieu dépendait de la Seigneurie et de la Puissance, village de Bâchant, près d'Avesnes (France). Et c'est là qu'il faut découvrir la rivalité qui existe toujours entre les deux places: celle du Trieu et celle de Goegnies. Cette dernière relevait de la maison du Roeulx, c'était la place du Bailli; la population qui l'entourait avait des allures plus aristocratiques.

 

Au Trieu, au contraire, les habitants étaient plus libres, plus indépendants, parce que plus éloignés du seigneur.

 

Houdeng-Goegnies compte trois fêtes communales: celle de Goegnies, du deuxième dimanche d'août, celle du Trieu, du deuxième dimanche de septembre; la "ducasse du Bos", des jours de Pâques.

 

La fête de Goegnies correspond à la Saint-Géry, patron de la paroisse. C'était celle du Seigneur. Elle se célèbre sur la place Albert 1er.

 

La fête du Trieu est la plus importante. Elle se célébrait autrefois le deuxième mardi de septembre, hormis le troisième si le second devait être celui de la fête de la Vierge. Au commencement du 19e siècle, elle se célébra le deuxième dimanche de septembre et le mardi suivant. Depuis 1850, on y a ajouté le lundi.

 

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La Place du Trieu.

 

Un conflit surgit au 17e siècle entre les chefs de feu allant à la fosse et ceux qui restaient fidèles à la culture, au sujet de la répartition des regains (woyens) qui étaient leur apanage en suite d'un ancien privilège octroyé par la comtesse Richilde de Hainaut. Il fut tranché par la décision des Etats du Hainaut, ordonnant la mise en vente publique de ces regains, le deuxième mardi de septembre. Les manants de Goegnies recevaient donc, ce jour-là, un peu d'argent, les marchands et les forains s'amenaient; et c'est là l'origine de cette fête, restée l'une des plus populaires et des plus importantes de la région du Centre.

 

Le Trieu présentait autrefois une grosse ferme dite "de la mairie du Trieu". L'une de ses caves avait servi de local au tribunal de l'Inquisition sous la domination espagnole: on a retrouvé les vestiges de ce tribunal lors de la démolition.

 

Ce hameau fut donc le théâtre de faits et d'actes qui ont gravé bien des souvenirs dans la mémoire populaire.

 

Pendant nombre d'années, le mardi de la fête était resté célèbre par la variété de ses jeux: mâts de Cocagne, jeu de bouteilles, de cuvelles et autres et, le soir, tous les jeux se mêlaient et l'on achevait la fête au milieu de danses et de chants de tous genres.

 

Cette expression (jeux remêlés) "d'jeux r'mêlés" rencontre encore son application le dernier jour des fêtes municipales dans beaucoup de nos villages.

 

Quoi qu'il en soit, le mardi de la fête du Trieu est particulièrement consacré à l'exposition des produits des jardins et aussi de la danse. Un bal traditionnel, où les dames engagent les cavaliers, commence à midi, jusque minuit.

 

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 1900 - Bal champêtre au Trieu.

 

 

Après la première partie du bal, des groupes nombreux portent la ducasse dans les divers hameaux, où l'on danse au son des violes et des accordéons.

 

Autrefois, les organisateurs de la fête du Trieu allaient le mercredi après-midi porter la ducasse à Baume. Un groupe de jeunes personnes partait, musique en tête, jusqu'en face de la ferme Mathée (actuellement Galeries Nationales, Café Liégeois et toute la rangée jusque la rue du Temple) au coeur de La Louvière.

 

La jeunesse de Baume s'y amenait : on allumait deux feux de joie et, après quelques farandoles, les Baumois s'en retournaient chez eux avec la ducasse, tandis que les Houdinois rentraient heureux du devoir accompli et satisfaits d'avoir bien fêté la kermesse.

 

Cette intéressante coutume a disparu depuis bientôt cent ans. 

 

La ducasse du Bos.

 

L'antique fête du Bois s'amène le dimanche et le lundi de Pâques. "Les Nouvelles" ont donné l'origine de cette fête, dans des notes publiées la veille de la célébration de la ducasse d'avril 1936.

 

La braderie.

 

Rappelons qu'elle se célèbre aux jours de la Pentecôte, c'est la ducasse des commerçants et ils s'efforcent de la conserver toujours prospère.

 

La fête de Longueville.

 

C'est la dernière de la région, en ce sens qu'elle a lieu le troisième dimanche d'octobre.

 

C'est la ducasse aux cornues ou bouzettes, son origine date de l'époque de la construction du chemin de fer d'Ecaussinnes à Erquelinnes.

 

Deux fermiers notables s'étaient querellés, injuriés copieusement. La réconciliation ne paraissait guère possible; un des dirigeants des travaux qui logeait au café où la dispute avait pris naissance, imagina qu'un duel devait nécessairement amener la paix.

 

L'arme choisie fut le sabre.

 

Le jour, un dimanche, le 3ème d'octobre, l'heure, furent publiés par les moyens dont on disposait à cette époque. Une foule considérable accourue de tous les points du Centre, s'amena pour assister à ce spectacle sensationnel. Le duel eut lieu, mais personne ne fut blessé et les arbitres engagèrent finalement les frères ennemis à se serrer la main.

 

On perpétua cette scène héroï-comique par la célébration de la fête de la Longueville.

 

Elle fut à un certain moment très importante, très en vogue, très courue.

 

Les forains venaient s'y installer nombreux le long de la chaussée jusqu'à la Couturelle.

 

Elle existe  toujours et  les commerçants s'entendent pour qu'elle ne périclite pas.

19:15 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : chaussee, place, eglise, ducasse, chateaux, seigneurie |  Facebook |

Commentaires

houdeng goegies votre site est vachement coul interessent et génial!!!!!!je suis passionné de bois du luc et du canal du centre bonne continuation!!!!!bravo
yves thibaut

Écrit par : yves thibaut | 12/10/2007

je viens de decouvrir ce cite E X E L L ENT,TRES I N TE R E S S A N T je ne vois que celà a dire bravo et felicitation pour ce beau travail

Écrit par : louage monique | 08/11/2010

je viens de decouvrir ce cite E X E L L ENT,TRES I N TE R E S S A N T je ne vois que celà a dire bravo et felicitation pour ce beau travail

Écrit par : louage monique | 08/11/2010

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