24/09/2007

Histoire de Houdeng-Goegnies: synthèse.

Houdeng-Goegnies - Samedi 8 août 1936.

 

Le cadre synthétique de cette notice comprend: l'aspect de la commune, la chaussée, la rue Léon Houtart et la place Communale, la rue des Trieux avec sa fête séculaire, le canal du Centre, l'Ascenseur, le Bois du Sart et la fameuse Ducasse du Bos.

 

Le nom primitif de la localité était Goegnies; dans le langage populaire, on dit toujours Goegnère et jamais Houdeng-Goegnies.

 

C'est un très ancien bourg. Il était habité avant Jules César à preuve le tumulus existant dans le bois de Besonrieux. Et sous la domination romaine une villa avec tous ses accessoires y était installée; on en a mis les vestiges à jour en 1890 et 1891, grâce à la généreuse intervention de feu M. Warocqué.

 

L'origine de Goegnies est très aisée à établir; Goe, ou Goeins est le nom du chef franc qui se sera installé dans la villa romaine locale; la terminaison gnies implique l'idée de possession.

 

Par contre, Houdeng-Aimeries, s'appelle communément Houdez. Une dissertation s'impose.

 

Avant 1441, les pouvoirs du seigneur d'Houdeng ne s'étendaient pas sur la totalité du territoire de cette commune; celui-ci présentait une enclave, propriété des seigneurs du Roeulx, placée sous la juridiction du bailly de Goegnies.

 

Cette enclave s'appelait Houdeng-Goegnies, et était absolument étrangère au territoire de Goegnies, qui était appelé Goegnies-lez-Houdeng, depuis 1300, pour le distinguer de Goegnies-lez-Bavay.

 

Or, le 26 juillet 1441, la terre d'Houdeng, avec ses fiefs de Saint-Vaast, Mignault et Haine-Saint-Paul, fut vendue avec l'enclave précitée à Messire Nicolas Rollin, possesseur de la terre d'Aimeries, en France; il fut convenu que la seigneurie d'Houdeng, avec l'enclave d'Houdeng-Goegnies réunies, se dénommerait dorénavant Houdeng-Aimeries.

 

Le sceau communal utilisé sous la domination hollandaise porte la mention Gaugnies-lez-Houdeng.

 

Ce n'est qu'après 1830 que la dénomination d'Houdeng-Gosgnies fut définitivement consacrée.

 

Au moyen-âge, le fief de Goegnies, la mairie du Trieu et la Seigneurie du Sart faisaient partie de la terre du Roeulx. Ils comprenaient les trois quarts de l'étendue de la commune actuelle; ils étaient placés sous la haute autorité des seigneurs du Roeulx.

 

Ils rentrèrent dans le domaine du comté du Hainaut de 1337 à 1432 et Jacqueline de Bavière, d'accord avec le duc Philippe le Bon, en fit donation à la célèbre famille de Croy, qui le conserva jusqu'en 1796.

 

La commune d'Houdeng-Goegnies, d'une contenance de 888 hectares et d'une population de 9.000 habitants, appartient, pour la presque totalité de son territoire, au bassin hydrographique du Thiriau, divisé entre le Thiriau-du-Luc (mitoyen avec La Louvière) et son affluent, le Rieu Baron (aujourd'hui voûté) et le Thiriau du Sart; à son extrémité, vers Besonrieux se trouve une des sources de la Sennette.

 

Son niveau varie de la cote 60 à la Barette, à la cote 138, non loin de Besonrieux.

 

L'agglomération s'est fixée au sud du chemin de fer du Roeulx.

 

L'artère la plus importante est sans contredit la chaussée Paul Houtart, large de 20 mètres au moins, aux trottoirs pavés, reflétant un aspect de propreté, de symétrie qui frappe agréablement l'étranger dès son arrivée.

 

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La chaussée Paul Houtart.

 

Sur presque toute sa longueur, s'alignent des maisons de commerce où règne une activité débordante. Signalons cependant le château de Mme Defévrimont, oeuvre du célèbre architecte Poelaert, la brasserie Dequenne et Ronneau, plus que séculaire, les bâtiments de la succursale de la Banque Générale du Centre du Comptoir du Centre, les installations importantes du Progrès de Jolimont, l'importante société de consommation dont les locaux abritent en même temps les oeuvres sociales et politiques du parti socialiste; le Cercle Horticole avec son joli parc, la monumentale école des filles.

 

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Le château Defévrimont.

 

Au carrefour, près du café-restaurant Gambrinus, nous nous dirigeons à gauche dans la rue Léon Houtart. Avant d'arriver à la Grand'place, à gauche se trouve une maison bien ancienne et des plus intéressante. En façade, elle constitue l'unique vestige de l'architecture de la région du Centre au XVIIe siècle. La façade en a été crépie il y a quelques quarante ans. C'est dommage, un travail de restauration aurait mieux valu, car il aurait conservé à ce vénérable bâtiment son aspect primitif qui était certainement des plus jolis.

 

Quoi qu'il en soit, il importe d'en assurer la conservation et son classement dans les immeubles anciens protégés par la Commission royale des monuments s'impose.

 

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Le Cercle Horticole.

 

La place Albert 1er a un cachet de grande ville par son heureux aménagement dû à l'architecte Paul Dubail, de Morlanwelz, par sa jolie plantation, les constructions qui l'entourent et le beau monument érigé à la mémoire des soldats et déportés morts pour la Patrie.

 

Parmi celles-ci, citons le groupe Ouest, qui comprend presbytère, l'église  paroissiale,  bâtiments communaux, Maison Libérale et l'habitation faisant coin en face de Maison des Oeuvres.

  

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La place Albert 1er en 1925 avec l'église et la Maison libérale. 

 

L'église paroissiale a été conçue par l'architecte Eugène Bodson, de Saint-Ghislain et réalisée sous sa surveillance.

 

Derrière, on voit les écoles libres, pour filles, celles des garçons se trouvant rue Saint-Donat.

 

La Maison Libérale, construite en 1908, est plantée sur l'emplacement de l'ancienne église, dont la tour datait de 1522.

 

L'Eglise actuelle constitue un bel édifice, néo-gothique de dimensions moyennes (50 m. sur 20) et pouvant contenir huit cents à neuf cents personnes.

 

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La place Albert 1er avec son monument. 

 

Il est de style ogival primaire à trois nefs, avec clair étage et faux transept; la tour est située en façade et forme portail. Le choeur est surbaissé, à pans coupés. Son chevet est orné de trois verrières.

 

Si de loin, l'on n'aperçoit guère de l'église que son élégante flèche octogonale, de près, on est immédiatement charmé par l'harmonie des proportions de ce monument et l'élégante parure que lui font ses soubassements, les bandeaux et ses corniches de pierre taillée, qui tranchent si agréablement sur le rouge des briques.

 

La tour flanquée de tourelles symétriques et surmontée de sa belle flèche, avec son portail, sa grande verrière et ses abat-sons, est d'un effet ornemental puissant.

Le portail abrite deux tables de pierre d'excellent style, portant gravés les noms des soldats et déportés morts pour la patrie.

 

A l'intérieur de l'édifice, on est frappé par la majesté souveraine de ce long vaisseau que baigne à toute heure du jour une lumière abondante et discrète qui semble venir de partout.

 

De splendides colonnes cylindriques à chapiteaux octogonaux en pierre bleue taillée et bouchardée, soutiennent un clair étage à colonnettes engagées et à fenêtres gélessées, et lui font une nef centrale vraiment remarquable.

 

Une décoration très sobre qui se borne à accuser les lignes architecturales, laisse croire que la pierre d'Euville a fait tous les frais des murailles, des pilastres et aussi des voûtes à nervures.

 

Si l'ensemble est remarquable, chaque détail du mobilier est digne d'attention.

 

L'église n'a conservé comme pièces anciennes que les fonts baptismaux, très intéressants pour les archéologues.

 

Tout le reste du mobilier est de facture récente, mais forme un ensemble très homogène et d'une rare pureté de style.

 

Au Sud de la place Albert 1er, s'ouvre la rue de l'Abattoir, d'une propreté remarquable; elle est le siège de l'Abattoir communal, établissement prospère, qui rend à l'alimentation publique d'inappréciables services.

  

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La place Albert 1er vers la rue de l'Abattoir.

 

La rue Léon Houtart se continue vers Houdeng-Aimeries, laissant à droite le château de M. Léon Ghilain-Descamps et de M. Le notaire Demaret-Ghilain, oeuvre de feu l'architecte Hubert, de Binche (le même qui dessina la façade de l'Hôtel de ville de La Louvière), et à gauche, ceux de feu Hypolite Michel, Emile Tellier, et de M. le docteur Biset, ce dernier d'une très belle conception, bâti par feu Abel Detrau.

 

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Le château Ghilain-Descamps.

 

Non loin de la place de l'Eglise, en descendant vers la rue de la Salle, se trouvait autrefois, sur les rives du Rieu Baron, le manoir de la Salle, château des seigneurs féodaux de Goegnies, bâti dans les parages de la première habitation du chef franc, installé au lendemain de la domination romaine.

 

Les vestiges de celle-ci ont disparu; Ils consistaient en quelques pieds de murs bâtis, en pierre de grès, situés dans le fond de l'ancienne prairie de la Salle, à l'emplacement de l'école actuelle du quartier.

 

La mémoire populaire désignait ces rudiments de ruines comme les restes du château des Sarazins.

 

Les derniers bâtiments de l'ancienne seigneurie furent démolis, lors de la construction du canal du Centre.

 

Le mot "sala" désignait, chez les Francs, le château, ou mieux la forteresse bâtie ou donnée à un chef en récompense de ses succès militaires.

 

Le château de Valenciennes et celui de Binche s'appelaient la salle du Comte.

 

Beaucoup de maisons disposent actuellement d'un salon, c'est-à-dire la pièce principale utilisée dans les grandes circonstances seulement: l'origine de cette appellation provient de l'appellation franque prérappelée.

 

Mais hâtons-nous de remonter vers le Nord, et d'arriver à la rue des Trieux, large, bien pavée, bien aérée, bien ensoleillée.

 

Le Trieu doit son origine aux prés banaux qui s'y trouvaient aux siècles passés.

 

Les habitants y conduisaient paître leur bétail; une partie était réservée à la fenaison et la récolte du regain était exempte de toute taxe et constituait pour les manants un revenu précieux,

 

Le Trieu présentait comme bâtiments importants: la mairie installée à front de la place actuelle et démolie vers 1890, et la ferme qui existe toujours et sur laquelle l'Abbaye de Saint-Denis avait le droit de grande dîme.

 

Le fief du Trieu dépendait de la Seigneurie et de la Puissance, village de Bâchant, près d'Avesnes (France). Et c'est là qu'il faut découvrir la rivalité qui existe toujours entre les deux places: celle du Trieu et celle de Goegnies. Cette dernière relevait de la maison du Roeulx, c'était la place du Bailli; la population qui l'entourait avait des allures plus aristocratiques.

 

Au Trieu, au contraire, les habitants étaient plus libres, plus indépendants, parce que plus éloignés du seigneur.

 

Houdeng-Goegnies compte trois fêtes communales: celle de Goegnies, du deuxième dimanche d'août, celle du Trieu, du deuxième dimanche de septembre; la "ducasse du Bos", des jours de Pâques.

 

La fête de Goegnies correspond à la Saint-Géry, patron de la paroisse. C'était celle du Seigneur. Elle se célèbre sur la place Albert 1er.

 

La fête du Trieu est la plus importante. Elle se célébrait autrefois le deuxième mardi de septembre, hormis le troisième si le second devait être celui de la fête de la Vierge. Au commencement du 19e siècle, elle se célébra le deuxième dimanche de septembre et le mardi suivant. Depuis 1850, on y a ajouté le lundi.

 

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La Place du Trieu.

 

Un conflit surgit au 17e siècle entre les chefs de feu allant à la fosse et ceux qui restaient fidèles à la culture, au sujet de la répartition des regains (woyens) qui étaient leur apanage en suite d'un ancien privilège octroyé par la comtesse Richilde de Hainaut. Il fut tranché par la décision des Etats du Hainaut, ordonnant la mise en vente publique de ces regains, le deuxième mardi de septembre. Les manants de Goegnies recevaient donc, ce jour-là, un peu d'argent, les marchands et les forains s'amenaient; et c'est là l'origine de cette fête, restée l'une des plus populaires et des plus importantes de la région du Centre.

 

Le Trieu présentait autrefois une grosse ferme dite "de la mairie du Trieu". L'une de ses caves avait servi de local au tribunal de l'Inquisition sous la domination espagnole: on a retrouvé les vestiges de ce tribunal lors de la démolition.

 

Ce hameau fut donc le théâtre de faits et d'actes qui ont gravé bien des souvenirs dans la mémoire populaire.

 

Pendant nombre d'années, le mardi de la fête était resté célèbre par la variété de ses jeux: mâts de Cocagne, jeu de bouteilles, de cuvelles et autres et, le soir, tous les jeux se mêlaient et l'on achevait la fête au milieu de danses et de chants de tous genres.

 

Cette expression (jeux remêlés) "d'jeux r'mêlés" rencontre encore son application le dernier jour des fêtes municipales dans beaucoup de nos villages.

 

Quoi qu'il en soit, le mardi de la fête du Trieu est particulièrement consacré à l'exposition des produits des jardins et aussi de la danse. Un bal traditionnel, où les dames engagent les cavaliers, commence à midi, jusque minuit.

 

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 1900 - Bal champêtre au Trieu.

 

 

Après la première partie du bal, des groupes nombreux portent la ducasse dans les divers hameaux, où l'on danse au son des violes et des accordéons.

 

Autrefois, les organisateurs de la fête du Trieu allaient le mercredi après-midi porter la ducasse à Baume. Un groupe de jeunes personnes partait, musique en tête, jusqu'en face de la ferme Mathée (actuellement Galeries Nationales, Café Liégeois et toute la rangée jusque la rue du Temple) au coeur de La Louvière.

 

La jeunesse de Baume s'y amenait : on allumait deux feux de joie et, après quelques farandoles, les Baumois s'en retournaient chez eux avec la ducasse, tandis que les Houdinois rentraient heureux du devoir accompli et satisfaits d'avoir bien fêté la kermesse.

 

Cette intéressante coutume a disparu depuis bientôt cent ans. 

 

La ducasse du Bos.

 

L'antique fête du Bois s'amène le dimanche et le lundi de Pâques. "Les Nouvelles" ont donné l'origine de cette fête, dans des notes publiées la veille de la célébration de la ducasse d'avril 1936.

 

La braderie.

 

Rappelons qu'elle se célèbre aux jours de la Pentecôte, c'est la ducasse des commerçants et ils s'efforcent de la conserver toujours prospère.

 

La fête de Longueville.

 

C'est la dernière de la région, en ce sens qu'elle a lieu le troisième dimanche d'octobre.

 

C'est la ducasse aux cornues ou bouzettes, son origine date de l'époque de la construction du chemin de fer d'Ecaussinnes à Erquelinnes.

 

Deux fermiers notables s'étaient querellés, injuriés copieusement. La réconciliation ne paraissait guère possible; un des dirigeants des travaux qui logeait au café où la dispute avait pris naissance, imagina qu'un duel devait nécessairement amener la paix.

 

L'arme choisie fut le sabre.

 

Le jour, un dimanche, le 3ème d'octobre, l'heure, furent publiés par les moyens dont on disposait à cette époque. Une foule considérable accourue de tous les points du Centre, s'amena pour assister à ce spectacle sensationnel. Le duel eut lieu, mais personne ne fut blessé et les arbitres engagèrent finalement les frères ennemis à se serrer la main.

 

On perpétua cette scène héroï-comique par la célébration de la fête de la Longueville.

 

Elle fut à un certain moment très importante, très en vogue, très courue.

 

Les forains venaient s'y installer nombreux le long de la chaussée jusqu'à la Couturelle.

 

Elle existe  toujours et  les commerçants s'entendent pour qu'elle ne périclite pas.

19:15 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : chaussee, place, eglise, ducasse, chateaux, seigneurie |  Facebook |

17/09/2007

La Ducasse du Bois.

Houdeng-Goegnies - Samedi 11 avril 1936.

 

L'antique fête du Bois, s'amène le dimanche et le lundi de Pâques, donc les 12 et 13 avril 1936.

 

L'origine de cette fête du printemps, réside dans la création du sanctuaire de Notre-Dame du Bois-du-Sart.

 

La première chapelle, fondée par Gilles du Sart, en 1234, fut bâtie sur le territoire de Houdeng, comme annexe du château du Sart, dont les vestiges existent toujours à droite de la chaussée, en allant vers Roeulx, dans la vallée du Thiriau du Sart.

 

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La chapelle Notre-Dame du Bois du Sart, construite à l'emplacement de la chapelle initiale.

 

Laissons parler l'historien bien connu, feu Jules Monoyer:

 

On lit dans un cartulaire de Saint-Denis-en-Broqueroie, que Gilles fonda en 1234, en son manoir du Sart, une chapellerie pour le repos de son âme et celle de ses prédécesseurs, avec le consentement du curé d'Houdeng. L'évêque de Cambrai, Gaydon, en ratifia la fondation en 1244.

 

Le chapelain devait lire la messe, tous les jours de l'année, sauf aux grandes fêtes de Noël, Pâques et de Pentecôte. Il jouissait, à ce titre, d'un bénéfice consistant en une maison à Houdeng, un bonnier de bois, la moitié du terrage de Mignault, quarante sols en argent par an sur cens de Houdeng, bonnier de terre acquis de Simon d'Houdeng, chevalier; enfin, une partie de terre à la Tombelle, proche du village, un muid de blé, un muid d'avoine. Le dit chapelain avait à charge le chantre et le luminaire.

 

L'acte de fondation portait que si, à la suite des temps, le Sart devenait désert, les biens de la chapellerie seraient distribués aux pauvres par les soins des abbés de Saint-Denis d'Aine (Gozée) et de Saint-Feuillen (Roeulx).

 

Le château du Sart disparut, détruit sans aucun doute lors des guerres qui suivirent le règne de Charles-Quint: seule la ferme perdura jusque vers 1840.

 

La ferme du Sart fut occupée longtemps par la famille Bacq.

 

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Le pigeonnier, ancienne seigneurie du Sart.

 

Au décès de Pierre-Joseph Bacq, son neveu, Pierre-Joseph Scoumanne, né à Strépy le 10 janvier 1747,- époux de Marie-Claire Renchon, lui succéda.

 

Sa fille Marie-Claire Scoumanne, épousa Pierre-Désiré Bricourt, qui devint titulaire de la ferme: il eut comme successeur son fils Guillaume-Frédéric Bricourt, né le 1er mai 1815.

 

La grange et le corps de bâtiment furent démolis peu après le décès de Marie-Claire Scoumanne, survenu le 9 avril 1836.

 

Guillaume-Frédéric Bricourt fit construire une ferme modèle le long de la Chaussée, près du passage à niveau; cette ferme devint, en 1893, la Brasserie des Ouvriers et le siège des oeuvres catholiques; elle est actuellement englobée dans la "Verrerie du Centre", industrie active dont les bâtiments longent le Canal du Centre, qui mène à l'ascenseur.

 

La chapelle du Sart, fondée en 1234, disparut vers l'an 1600. Elle était bâtie derrière le château proprement dit.

 

Il reste le donjon d'entrée, aujourd'hui décapité, malheureusement, et des annexes transformées en maisons d'habitation.

 

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Le Pigeonnier, après sa "décapitation".

 

Les caves sont encore intéressantes à visiter: bâties en plein cintre, elles sont hautes; on pouvait y organiser une défense efficace en cas d'attaque.

 

A partir de 1600, le bénéfice de la chapelle fut rattaché à la cure de Goegnies. L'oratoire actuel, situé sur Aimeries, à proximité du Thiriau et de la limite de Goegnies, date de cette année.

 

Le style de l'ancienne chapelle était du gothique flamboyant. Elle fut restaurée et agrandie il y a un quart de siècle. Mais le bâtiment actuel ne présente pas, dans son aspect essentiel le style inédit, très remarquable, du sanctuaire ancien. Pendant longtemps, celui-ci portait une inscription rappelant un miracle; un enfant que l'on croyait mort, fut présenté à la Vierge et revint à la vie. Cet événement donna à cette époque lointaine (1680), à la chapelle, une renommée que l'on comprend.

 

Le 25 mars, fête de l'Annonciation, fut, pendant longtemps, la journée de pèlerinage qui attira la grande foule. Aujourd'hui encore, les pèlerins s'y rendent en grand nombre. A la fin du 18e siècle, on lui substitua le lundi de Pâques. Les forains s'installèrent le long du chemin du Trieu-à-Vallée, le seul qui conduisait au Bois du Sart à cette époque. Telle est l'origine de la ducasse du Bois.

 

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La chapelle du Bois et la guingette voisine.

 

Le chemin du Trieu-à-Vallée avait autrefois la même importance qu'aujourd'hui.

 

Sur un plan figuratif dressé en mars 1767 par J. Delattre, arpenteur juré, il est cité comme route reliant le château du Roeulx à celui de Mariemont.

 

On y relève la croix plantée, à l'endroit où Pierre Beaulieu fut tué, les maisons de la Ronce, des Trieux, les fermes de La Louvière, de la Basse-Louvière et de Tout-y-Faut, le chemin des Couturelles allant en ligne droite vers le placard du Hocquet, la Closière, Maugrétout, la forêt existant entre Houdeng et La Louvière, le Charbonnage de La Louvière, le Thiriau, le chemin des Diables allant du Hocquet à Strépy.

 

Il est à noter qu'à cette époque, la chaussée de Soignies à Mariemont n'existait pas encore.

 

Le plan renseigne aussi, entre les chemins de la Tombelle et de Besonrieux Tout-Vent, la maison de Pierre-Joseph Hermant, garde des biens de Menaulu: il est à remarquer que ce coin est encore aujourd'hui le fief de la famille Hermant.

 

La fête du Bois a toujours eu et a encore la faveur populaire et elle attire chaque année, outre la foule des pèlerins, la jeunesse de toute la région du Centre, qui vient joyeusement célébrer le retour du printemps: les Ecaussinnes, Mignault, Marche, Le Roeulx y envoyant toujours de gros contingents de promeneurs.

 

Pendant bien longtemps, la Fanfare Royale de Bois-du-Luc, et plus tard les Fanfares des Deux Houdeng, vinrent donner concert le lundi de Pâques, à la limite du Bois des Soeurs, au lieu dit "Casterman", à proximité du hameau du Lait-Beurré, derrière le cimetière actuel.

 

Cette coutume, dont le côté artistique n'échappe à personne, prit fin en 1893.

 

Pendant un certain temps, en 1880, on tenta d'organiser un concert dans le Bois du Sart, près de la Chapelle, mais sans succès; la foule ne stationne pas à cette époque de l'année, elle circule dans le bois pour arriver au champ de foire, aux guinguettes, aux salles de danse.

 

La jonquille jaune croit en abondance dans cette région boisée. Le nom populaire de cette fleur est le godet. 

 

 

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La chapelle de Notre-Dame du Bois du Sart est entourée de bois où, au printemps, il fait bon cueillir les jonquilles.

 

Quand Pâques arrivent dans les premiers jours d'avril, les personnes qui viennent à la fête font la cueillette de cette fleur. Et de là est née cette expression: "Planter le godet", qui s'applique aux promenades sous bois du lundi de Pâques. Si des groupes de jeunes gens et de jeunes filles longent les sentiers tortueux de la forêt, on dit malicieusement qu'ils s'en vont "planter le godet".

 

Dès le 15 avril, le bois se parfume des senteurs pénétrantes de l'endymyon, fausse jacinthe, dit "godet bleu" ou "godet de chien". Avec l'anémone des bois et les primevères jaunes, toute cette floraison donne un cachet de vie, de gaieté, de fraîcheur, de renouveau réconfortant. On hume à pleins poumons cet air pur, vivifiant, agréablement parfumé.

 

Une chose intéressante à rappeler, c'est l'activité industrielle qui régna dans ce coin dans les siècles passés.

 

A proximité de la ligne du chemin de fer de Houdeng au Roeulx, non loin de la route de Mignault, existait autrefois un puits pour l'exploitation de la houille, dénommé "puits de la Bavière". Il ne fut guère profond, car on ne parvenait pas à assécher le bouveau, le niveau du Thiriau ne lui étant inférieur que d'une vingtaine de mètres au maximum. Néanmoins, les dirigeants de cette exploitation figurent parmi les signataires de 1750 réclamant l'établissement d'une route pavée de Soignies à Mariemont, pour faciliter la vente et le charroi de la houille.

 

Depuis bien longtemps, ce puits est abandonné; mais on voit encore les vestiges des terrils à l'entrée du bois.

 

Par analogie, il n'est pas sans intérêt de rappeler que le seigneur des Raves, en janvier 1274, a vendu à l'abbaye de Bonne-Espérance le droit d'extraire le charbon sous le Bois des Raves, voisin du Bois du Sart.

 

Détail particulier; les habitants de Houdeng-Goegnies, ont toujours conservé le droit d'usage dans cette partie de la forêt, tout comme au bois de la Muchotte et au bois de Courrières; quelques familles usent toujours avec raison de ce privilège.

 

Les deux hameaux qui encadrent la partie boisée portent des noms spéciaux: à l'Est, le Lait-Beurré; à l'Ouest, le Blanc-Pain. Ces appellations trouvent leur origine dans les redevances extraordinaires qu'ils devaient fournir aux abbés de Saint-Denis, en lait beurré et en pain blanc ou aux tables des pauvres.

 

C'est entre le hameau du Pain Blanc et le Pont du Sart que l'on a procédé, en 1928, à des sondages pour la recherche du pétrole. On n'a jamais été fixé sur les résultats obtenus. Ce qui est certain, c'est que l'on n'a jamais vu de pétrole couler par l'un des trous de sonde.


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Groupe scolaire devant la chapelle du Bois.


La ducasse du bois, en langage du terroir "el ducasse du Bos" fut chantée par feu le docteur Caffet, d'Haine-Saint-Paul, l'écrivain wallon à jamais célèbre et dont la verve de bon aloi est inoubliable.

 

Voici les couplets qu'il lui avait dédiés: 

 

LA CHANSON: "EL DUCASSE DU BOS

de feu le docteur Caffet.

 

Extrait des couplets de la revue :"Au trévi d'tout"

 

LES HOMMES :

 

Nos d'alIons à l'ducasse

Pou danser.dessus l'place

Mais d'vant ça nos dirons

Cachi n'trinche dès gambon

I s'aront des galants

Qui sont des bons effants

C'qui faut pou les coumères

C'est des hommes volontaires

 

JEF:

 

Et moi z'aussi je vais

Avec Félicité.

 

TOUS:

 

Et à l'ducasse du Bos

No dirons co

Nos dirons co

(Bis)

 

LES FEMMES:

 

D’jusqu'à ci nos d'meurinnés

Tout d'juss comme nos astinnés

Heureus'mint qu'nos avons

Deux trois gentils garçons.

Avu ieuss nos dans'rons

Avu ieuss nos boirons

Et puis, i nos r'min'ront

C'est tout c'que nos d'mandons

 

FELICITE:

 

Et moi z' aussi je vais

Avec Jef adoré.

 

TOUS:

 

A l'ducasse du Bos

Nos dirons co!

Nos dirons co!

Quand l'véra co!

 

 

La promenade dans les bois d'Houdeng est toujours extrêmement belle et variée.

 

Le bois du Sart est célèbre par sa chapelle; celui des Raves, par son origine; celui des Soeurs, propriété des Hospices Saint-Jacques du Roeulx, par la jolie école bâtie à son orée.

 

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La chapelle du Bois du Sart.

 

Et le promeneur peut, à la bonne saison, se reposer agréablement, soit au ravissant lieu dit le Bocage, propriété de M. Vital Niçoise; soit à Luna-Plage, dont le bassin de natation constitue une innovation heureuse; soit au Jardin Joyeux situé à l'entrée de la rue du Bois des Raves.

 

Le hameau est doté d'un point d'arrêt sur la ligne de Soignies à Houdeng, à Haine-Saint-Pierre, dénommé Trieu-à-Vallée, à proximité duquel se trouve le stade du Football Club Houdinois.

 

19:45 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chapelle, bois du sart, chateau, ducasse |  Facebook |

13/09/2007

Les lieux-dits.

Houdeng-Goegnies - Samedi 8 août 1932.

 

LA BARETTE.

 

Barette est le nom vulgaire du bonnet pointu de serge ou de laine dont se coiffait le serf au moyen-âge. Cette dénomination provient sans doute de la configuration du territoire de Goegnies qui fait "une barette", c'est-à-dire finit en pointe en cet endroit. La Barette a donné son nom à un charbonnage fondé en 1735, lequel peut revendiquer l'honneur d'avoir fait monter en 1766 la première machine à vapeur dans le bassin du Centre.

 

CORON DE LA HAUT.

 

Là haut = sur la hauteur, sur une éminence. Lieu situé entre la place Albert 1er à Houdeng-Goegnies et la place Communale à Houdeng-Aimeries.

 

COUTURELLE.

 

Couturelle est le diminutif de "cultura": champ cultivé. Cel champ connut la charrue avant les terrains avoisinants, qui furent laissés vagues et couverts de broussailles longtemps après la mise en culture de l'endroit ainsi appelé "Couturelle".

 

CRIPIAU.

 

En latin vulgaire, "cripa" signifiait rampe d'une colline et cette appellation fut donnée à l'endroit situé sur la hauteur le long du chemin de Familleureux.

 

CROQUET.

 

Le hameau du Croquet est l'un des plus anciens de la localité. Il voisinait autrefois le château féodal. Et dans les premiers temps de l'exploitation de la houille, dans la région, un bureau y avait été établi. Le charbonnage de Bois-du-Luc y possédait le puits Sainte-Barbe, fermé depuis bien longtemps. On y voit encore la chapelle restaurée, dédiée à la sainte, visitée chaque année, le mercredi de l'Ascension par les rogations de Goegnies. Le Croquet doit son nom à l'aspect montagneux que présentait autrefois le Rieu Baron, mais la construction du canal du Centre transforma désavantageusement ce beau coin. Le capricieux ruisseau est aujourd'hui voûté. Le Croquet était appelé jadis le "Cambry". Le chemin du Cambry mène du manoir de la Salle au Marais. Camber, origine de Cambry, est un mot d'origine purement celtique et signifie une courbe prononcée. Or, à cet endroit, la rive gauche du Rieu Baron présente une forme remarquablement arrondie, ce qui explique l'origine de cette dénomination.

 

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Plan cadastral parcellaire (1860-1880) du quartier du Croquet avant le percement du canal qui suivra une partie du cours du Rieu Baron.

 

CULOT.

 

Culot signifie "coin". C'est ainsi que fut désigné ce quartier tant soit peu écarté du village.

 

LA HOUPETTE.

 

Vient de houppe, touffe. C'est l’endroit du village situé à l'emplacement d'un petit bois qui fut défriché vers 1846.

 

LAIT-BEURRE.

 

Cette appellation provient du fait que les habitants de cet endroit étaient redevables au Seigneur de lait et de beurre. D'autres prétendent que c'est à cet endroit du village que le lait contient le plus de crème nécessaire à la fabrication du beurre.

 

MALADREE.

 

Cette dénomination provient vraisemblablement du fait qu'il y avait à cet endroit une salle pour recevoir les personnes atteintes de la lèpre.

 

PAIN-BLANC.

 

Cette appellation a la même origine que le "Lait-Beurré".

 

SALLE.

 

Lieu situé à l'endroit où se rencontre le Rieu Baron et l'ancien chemin qui mène de Houdeng à Saint-Vaast. A l'emplacement de l'actuelle école de l'Abattoir se trouvait le manoir de la Salle, château des Seigneurs féodaux de Goegnies. Les vestiges de ce manoir ont disparu lors de la construction du canal du Centre.

 

SART.

 

Sartum en bas latin indique un endroit où l'on a arraché les broussailles pour mettre le terrain en culture. Essarter en vieux français signifie défricher un sol qui jusque là était resté inculte. Le Sart a donné son nom à la famille qui l'habitait et qui en a porté le nom à partir du Xllème siècle.

 

SARTIAU.

 

Ce mot a la même signification que Sart. Le Sartiau est l'endroit situé près du Bois de La Louvière et du canal du Centre, le long du chemin conduisant à La Croyère.

 

SCAILMONT.

 

Lieu situé au sommet de la colline sur la gauche du Rieu Baron. Le sous-sol est composé d'une roche schisteuse qui se débite comme l'ardoise d'oie, d'où ce nom de Scailmont, mont des écailles.

 

TOUT-Y-FAUT.

 

Faut signifie "manque". Le champ de Tout-y-Faut, c'est le champ où tout y manque, où rien ne prospère. La nature humide du sol a jadis motivé cette appellation. Mais aujourd'hui grâce aux drainages et aux progrès de l'agriculture, cette dénomination ne s'impose plus.

 

TRIBU.

 

Mot roman ayant le sens de terre en friche; un trî. Le Trieu était un bien appartenant à la commune et où chacun pouvait conduire son bétail. Aujourd'hui le Trieu représente une partie considérable de la commune. Il y a également le Trieu-à-Vallée qui doit son nom à la nature plus accidentée du terrain.

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12/09/2007

Le cortège du Centenaire.

Houdeng-Goegnies - Mardi 27 mai 1930.

 

Il est définitivement fixé au lundi 9 juin 1930, lundi de la Pentecôte.

 

En voici le programme:

1.- en tête, un groupe de cavaliers représentant le seigneur de Goegnies, rentrant dans son domaine, de retour de la première croisade.

 

Où notre château féodal était-il édifié? Non loin de la place de l'église, en descendant vers la rue de la Salle, se trouvaient autrefois, les rives du Rieu Baron, le manoir de la Salle, château des seigneurs féodaux de Goegnies, bâti dans les parages de la première habitation du chef franc, installé au lendemain de la domination romaine.

 

Les vestiges de celle-ci ont disparu; ils consistaient en quelques pieds de murs bâtis en pierre de grès, situés dans le fond de l'ancienne prairie de la Salle, à l'emplacement de l'école actuelle du quartier.

 

La mémoire populaire désignait ces rudiments de ruines, comme les restes du château des Sarrazins.

 

Les derniers bâtiments de l'ancienne seigneurie furent démolis, lors de la construction du canal du Centre.

 

2.- Gilles du Sart fut un preux du moyen-âge. Il assistait à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214.

 

De nombreuses chartes parlent de ce noble chevalier.

 

Sa générosité envers l'église fut proverbiale. Il était à l'égard de ses manants d'une grande bonté et d'une charité inépuisables. Il fonda, en 1234, en son manoir, la chapelle du Sart, anéantie avec le château à la fin du XVIème siècle et rebâtie à son emplacement actuel, dans le bois, en 1600. Gilles du Sart et sa dame Marie figureront dans le cortège avec leur suite.

 

3.- Les habitants de Goegnies prêtaient leur concours autrefois aux fêtes organisées à Binche, par Marie de Hongrie. Le Comité a reproduit le groupe portant le costume espagnol qui participa à l'une de ces merveilleuses exhibitions. Il constituera l'un des clous du cortège du 9 juin, par la beauté et le luxe des costumes.

 

4.-Le groupe le plus important et le plus frais sera celui qui commémorera la Joyeuse entrée du docteur André Laurent le 6 septembre 1666.

 

Né à Houdeng-Goegnies en 1600, doué d'une intelligence remarquable, il fut sacré prêtre, puis reçu docteur en sciences théologiques à Louvain, en 1644. Nommé professeur à l'Université de cette ville, il se distingua par ses travaux dans les sciences théologiques et, en 1647, il était désigné en qualité de président du petit collège des Théologiens et attaché à cet important établissement en qualité de professeur.

 

En 1666, il fut promu président du grand collège. André Laurent revenait chaque année, passer ses vacances en son village natal: pour commémorer la nomination honorifique de leur concitoyen, un grand cortège fut organisé le 6 septembre 1666. Une école communale fut décrétée et fondée, cette même année, pour les habitants de Goegnies, par le célèbre docteur.

 

Il est à remarquer que l'on ne se trouve pas devant une mesure d'ordre général, aucune autre localité de la région n'a posé le même acte à cette époque déjà très reculée. Cette décision est particulière à Goegnies. L'enseignement est donné par le clerc laïc, sous la surveillance du curé paroissial.

 

Le docteur André Laurent trépasse le 17 mai 1679. Il était aussi philanthrope. En effet, le revenu des  biens qu'il délaissa, fut consacré à la constitution des bourses d'études rétablies par arrêté royal du 31 août 1820. Dans son testament, le docteur écrivait notamment:

 "Je veux, premièrement, que les parents soient préférés selon leur degré. Pour ce qui est de la distribution des bourses, on les donnera à ceux qui se comportent le mieux et qui s'adonnent avec le plus d'ardeur à l'étude".

Les écoles communales et libres, réunissant ensemble un millier d'enfants et de jeunes gens, gentiment costumés, constitueront exclusivement l'ensemble de la partie du cortège destinée à honorer la mémoire du grand savant.

 

5.- ce sera la reproduction du groupe de pages qui collabora aux fêtes données à Mariemont, en 1759, en l'honneur de la princesse Anne-Charlotte de Lorraine.

 

6.- la fête du Trieu, en 1830, constituera une réminiscence du costume de l'époque.

 

7.- évocation de l'inauguration de l'Ascenseur par Sa Majesté Léopold II, Roi des Belges, le 4 juin 1888.

 

On y réunira tous les drapeaux et les sociétés locales qui, participeront à cette cérémonie.

 

8.- viendra ensuite la Société des Trompettes d'Etterbeek, au] nombre de 80 membres, qui donnera des auditions pendant tout le parcours du cortège.

 

9..- le char allégorique de l'Indépendance nationale.

 

L'horaire de la journée sera le suivant:

-  le matin, réception des sociétés étrangères et visite de l'Ascenseur qui fonctionnera l'après-midi; à 3 heures, départ du cortège qui suivra les rues de la Chaussée.

- le coup d'oeil rue de la Chaussée sera merveilleux de par la disposition de cette jolie et large artère; à 5 heures, sur la place du Trieu, exécution de "Vers l'Avenir" et de la "Brabançonne", par les élèves des écoles.

- le soir, à 7h.30, concerts brillants par la Société des Trompettes d'Etterbeek et la célèbre chorale mixte de La Hestre.

11/09/2007

Le cortège du Centenaire du 9 juin.

Houdeng-Goegnies - Vendredi 8 juin 1930.

 

On se demande la signification du groupe de pages qui participeront au cortège. Un mot d'histoire édifiera le 'public.

 

Sous le règne de Marie-Thérèse (domination autrichienne), le Hainaut connut une ère de paix et de prospérité remarquables.

 

La grande impératrice ne vint jamais en Belgique, mais elle délégua ses pouvoirs à son beau-frère, le prince Charles de Lorraine. C'est un homme simple et bon et eut vite fait de conquérir l'affection populaire. Il habitait Bruxelles, où il établit sa cour. Il organisa des réceptions brillantes, des fêtes somptueuses, qui ne tardèrent pas à donner au commerce de la capitale un essor extraordinaire.

 

Le prince se rendit, à plusieurs reprises, dans le Hainaut, mais sa soeur Anne-Charlotte de Lorraine se fixa à Mons de 1754 à 1773. Elle avait une prédilection marquée pour le splendide domaine de Mariemont, où elle résidait en permanence à la bonne saison.

 

A l'instar de son frère, elle pratiquait la charité et organisait aussi de nombreuses réceptions et des  fêtes.

 

Presque journellement, des carrosses allaient prendre des invités à Mons et dans les environs.

 

Tout ce mouvement de Mariemont favorisait évidemment les alentours. Aussi, en 1759, à titre de gage de reconnaissance, un grand cortège fut organisé en l'honneur de la princesse, et Goegnies y participait en y envoyant un joli groupe de pages.

 

C'est ce groupe que la jeunesse communale de Houdeng-Goegnies reconstitue lundi prochain.

 

GILLES DU SART.

 

La seigneurie du Sart devint l'apanage de l'un des preux de la comtesse Richilde de Hainaut, après la sanglante bataille des Mortes Haies.

 

Parmi la lignée de ses chevaliers, il est deux noms célèbres: Gilles du Sart et son fils.

 

Nous extrayons de la première édition de l’Histoire des Houdeng, par feu Jules Monoyer, ce qui suit: 

Gilles du Sart  (Égidius de Sarto), chevalier, son fils, assistait à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, et figure parmi les preux du Hainaut tombés prisonniers entre les mains du roi de France.

 

Plusieurs anciens chartiers signaient le noble chevalier; d'abord celui d'Aine, aux époques suivantes:

 

1211: en présence des échevins et des prêtres de Houdeng et de Haine-Saint-Paul, Gilles du Sart donne à l'abbaye tous ses pâturages du Sart et de Hosden, et quatre bonniers et demi de terre à l'endroit dit Menaulu;

 

1211: Eustache IV, seigneur du Roeulx, pair du Hainaut, confirme cette libéralité.

 

1220: Gilles du Sart donne à la même communauté 29 bonniers de bois à Menaulu, pour dotation d'une chapelle en la nouvelle église d'Aine, à charge, par les religieux, d'y célébrer l'office divin chaque jour après la mort du donateur;

 

1231: Gilles du Sart et dame Marie, sa femme, cèdent, à la même maison, vingt bonniers de terre à Menaulu."

La générosité de ce seigneur envers l'église était réellement inépuisable.

 

On lit, dans un cartulaire de Saint-Denis en Broqueroie, que Gilles fonda, en 1234, en son manoir du Sart, une chapelle pour le repos de son âme et celui de ses prédécesseurs, avec le consentement du curé d'Houdeng; l'évêque de Cambray, Gavydon, en ratifia la fondation en 1244.

 

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Houdeng-Aimeries - Le pigeonnier.

 

Le chapelain devait dire la messe au Sart l'année, sauf aux grandes fêtes de Noël, tous les jours de Pâques et de Pentecôte. Il jouissait, à ce titre d'un bénéfice consistant en une maison à Houdeng, un bonnier de bois, la moitié du terrage de Mignault, quarante soles en argent par an, sur le sens de Houdeng, un bonnier de terre près du Sart acquis de Simon d'Houdeng, chevalier; enfin, une partie de la terre à la Tombelle, proche du village, un muid de blé, un muid d'avoine. Le dit chapelain avait à charge le chantre et le luminaire.

 

L'acte de fondation portait que si, à la suite des temps, le Sart devenait désert, les biens de la chapellerie, seraient distribués aux pauvres par le soin des abbés de Saint-Denis d'Aine (Gozée) et de Saint-Feuillien (Roeulx).

 

Les chevaliers du Sart devenus propriétaires de la seigneurie de Fayt, allèrent s'y installer fin du XVème siècle.

 

Le domaine du Sart devint une exploitation agricole. Pillé en 1583, par les soldats de Don Juan d'Autriche, il fut rasé. Il fut incendié et détruit en 1585, par les troupes confédérées.

 

Le Sart devint, de la sorte, désert et, vers l'an 1600, le bénéfice de la chapelle fut rattaché à la cure de Goegnies. L'oratoire actuel, situé sur Aimeries, à proximité du Thiriau et de la limite de Goegnies, date de cette époque.

 

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Houdeng-Aimeries - La chapelle Notre-Dame du Bois du Sart.

 

Le style de l’ancienne chapelle était du gothique flamboyant. Elle fut restaurée et agrandie, il y a un quart de siècle. Mais le bâtiment actuel ne présente pas, dans ses

Détails intéressant, le style élégant du sanctuaire primitif.

 

Pendant longtemps, celui-ci porta une inscription rappelant un miracle: un enfant (que l'on croyait mort) fut présenté à la Vierge et revint à la vie. Cet événement donna, à cette époque lointaine (1683), à la chapelle, une renommée que l'on devine et comprend.

 

Le 25 mars fut, au cours d'une longue période la journée du pèlerinage qui attirait la grande foule. A la fin du XVIIIème siècle, on lui substitua le lundi de Pâques. Les forains s'installèrent le long du chemin du Trieu-à-Vallée, le seul qui conduisait au bois du Sart, et c'est là qu'il faut voir l'origine de la célèbre Ducasse du Bos.

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10/09/2007

Construction d'un groupe scolaire au Trieu.

Houdeng-Goegnies - Vendredi 16 janvier 1920.

 

L'adjudication de la construction de l'important groupe scolaire pour filles, qui aura lieu le 6 février, comporte six lots :

-  le premier lot comprend le gros oeuvre estimé à 321.034,39fr. Il comporte la construction du groupe scolaire, du logement de l'institutrice en chef, des water-closets pour les écoles primaires et gardiennes, ainsi que les aménagements des cours et abords extérieurs.

- le deuxième lot: l'emprise des toitures et ouvrages en zinc évalué à 72.902,49fr.

- le troisième lot: les travaux de menuiserie évalués à 16.533,94fr.

- le quatrième lot: plafonnages, pavements, marbrerie est estimé à 52.390,17fr.

- le cinquième lot: chauffage, bains-douches et installations sanitaires. Dépense évaluée à 53.000fr.

- le sixième lot: travaux de peinture évalués à 34.650,42fr.

 

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L'école des filles du Trieu.

 

L'édifice, qui sera construit à front de la chaussée de Mariemont à Soignies, sera édifié en style moderne.

  

Les quatre degrés seront  installés dans ce nouveau groupe scolaire.

 

L'entrepreneur aura à sa charge la démolition des bâtiments acquis comportant une brasserie et quatre immeubles.

 

Le montant total de la dépense, en y comprenant les acquisitions d'immeubles, s'élève à 631.295,16 fr.

 

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L'école des filles du Trieu.

17:30 Écrit par La Petite Louve dans Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ecoles |  Facebook |

09/09/2007

Inauguration de l'école à la rue de l"Abattoir.

Houdeng-Goegnies - Jeudi 9 octobre 1913.

 

Malgré les ferventes prières adressées au Ciel par certains catholiques, pour qu'il pleuve sans discontinuer le 5 octobre, il a fait bon temps.

 

Le Très-Haut a voulu, lui aussi, donner à l'Administration communale une marque de satisfaction et il a retenu jusqu'à 8 heures du soir les vannes célestes, assurant ainsi un éclatant succès à cette magnifique fête de l'enfance.

 

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Le cortège de l'inauguration de l'école de l'Abattoir en 1913.

 

Pour la nouvelle institution scolaire que l'on inaugurait, la journée du 5 octobre constitue un véritable triomphe.

 

Dès cinq heures du matin, on travaillait sans relâche à la garniture des rues.

 

A midi, la chaussée est complètement pavoisée, ce qui donne à cette large route un aspect de gaieté et de joie inaccoutumé. Rue Deburges, rue Nouvelle, de Saint-Nicolas, de la Salle et du Croquet, les habitants travaillent d'arrache-pied; on plante des mâts, on tend des guirlandes, on orne les façades des maisons; mais la palme revient à la rue de l'Abattoir, où une riche garniture en velours grenat et or avec mâts, écussons, oriflammes et guirlandes de fleurs, produit un aspect impressionnant.

 

Il n'est pas possible d'admirer, sans une larme dans les yeux, l'oeuvre superbe accomplie par les habitants de cette importante artère pour fêter leur école.

 

Toutes les maisons sont en outre pavoisées; plusieurs ont reçu me décoration du meilleur goût et la palme revient, sans contredit, à Mr et Mme Edouard Servranckx et à Melle Laure Cornil.

 

De nouvelles banderoles, placées en largeur de la rue de l'Abattoir, portaient des inscriptions diverses.

 

Notons-en quelques-unes:

Bienvenue aux élèves des écoles communales!

Honneur à notre vénéré Bourgmestre et à notre sympathique secrétaire communal!

Hommage à nos administrateurs communaux!

Vivent les amis de l'instruction populaire!

L'instruction est un capital qui ne se perd jamais!

 

L'école avait reçu une décoration très sobre, mais fort jolie: une estrade spacieuse avait été dressée pour recevoir les 360 enfants  et l'orchestre qui devaient interpréter la cantate.

 

Dès une heure, la visite des locaux commença: jusque 5h.30 du soir, ce fut un va et vient continuel des pères de famille et 'étrangers.

 

Tous les visiteurs ont été unanimes pour admirer ces magnifiques locaux dans lesquels les enfants rencontrent toutes les conditions de confort et d'hygiène les meilleurs.

 

Vers deux heures, M. Rossignol, président du bureau international des fédérations d'instituteurs, s'amène, conduit par deux délégués du Comité organisateur. Jamais, il n'a vu d 'aussi beaux locaux d'école, réunissant tout ce qu'il y a de plus moderne pour assurer la santé des élèves. La décoration florale l'enchante et il note les bancs si coquets, si solidement et si bien façonnés par MM. Clinquart frères, de Houdeng-Goegnies.

 

Entre-temps, M. Oscar Werder, le renommé photographe Louviérois, prend quelques vues du bâtiment; tantôt, il rendra celles du cortège et de la cantate. Entre-temps, les fillettes et les garçonnets arrivent en toilette se ranger dans le préau, sous la surveillance de leurs maîtresses, car 3 cortège va bientôt se former.

 

Nous nous rendons rue des Trieux: les abords de l'Hôtel de Ville sont occupés par le Comité Scolaire, les sous-comités wallon et flamand du quartier de l'Abattoir. Sur les escaliers se trouvent le Conseil communal, les membres de la Commission administrative des cours industriels primaires, les entrepreneurs des bâtiments et du mobilier et quantité d'autres personnalités marquantes du village et des environs.

 

Sur la place des Trieux, un coup d'oeil chatoyant: toutes les élèves des institutions pour filles: école primaire, école d'adultes, cours de coupe et ménager, y sont rangées.

 

La Société des Fanfares des Deux Houdeng en grande tenue, vient les prendre, pendant que les Fanfares Ouvrières arrivent par la Couturelle, précédant les garçons: écoles primaires, d'adultes et industrielles.

 

Le cortège part aussitôt.

 

Le spectacle, rue de la Chaussée, est inoubliable. Les fillettes des écoles primaires, tout de blanc habillées, marchent avec correction et élégance, formant de la rue des Trieux à la rue Deburges, un ensemble ravissant fort applaudi. Très admiré le défilé des garçons, d'allure plus martiale, plus militaire, mais fort intéressant, dénotant une préparation soignée et méthodique de la part des maîtres.

 

Le Conseil communal vient ensuite suivi de ses invités, du Comité scolaire et la masse des parents.

 

Bourgeois et ouvriers, riches et pauvres, se côtoient unis dans une même pensée: celle de donner à l'Administration communale un témoignage d'approbation et de reconnaissance pour les sacrifices qu'elle s'impose en matière d'instruction. Et ce témoignage n'aurait su être plus complet et plus imposant! Plus de nonante pour cent de la population sont heureux des oeuvres d'enseignement officiel rais à la disposition de leurs enfants et ils en profitent largement et avec raison.

 

Jamais, la population scolaire de Houdeng-Goegnies n'a atteint un chiffre aussi élevé!

 

Et les parents et les habitants ont prouvé hier, avec un ensemble vraiment touchant qu'ils applaudissent à tout ce qui se fait dans l'intérêt de leurs enfants.

 

Pour le Conseil communal, c'est un satisfecit et un encouragement précieux.

 

Jamais cortège n'a été réussi de la sorte. Jamais défilé d'élèves ne fut aussi beau, aussi correct!

 

A l'arrivée près du pont du Croquet, les enfants de la nouvelle école sortent rangés et prennent place dans le cortège! Ils sont 132. On applaudit et avec raison!

 

Le cortège se déroule alors rue de Saint-Nicolas, du Croquet et de la Salle: sur son passage les ménagères jonchent la rue de sable et de fleurs. Il revient ensuite par la rue Léon Houtart, puis par celle de l'Abattoir; ici; c'est le bouquet. Le défilé des enfants, dans le cadre riche de la décoration de la rue, est vraiment féerique.

 

Les élèves pénètrent dans la vaste cour de l'école et ils se rangent dans les divers locaux et sur l'estrade avec une rapidité et une précision qui font honneur au personnel enseignant. La foule arrive à flots et des milliers et des milliers de personnes doivent rester sur la rue.

 

Le Conseil communal et ses invités s'installent sur les chaises réservées.

 

M. le Bourgmestre prend place sur l'estrade, Mme la Directrice des écoles, Mlles Dulière et Falise sont invitées à se placer à ses côtés.

 

Il fait part de l'émotion qu'il ressent suite au superbe cortège qui vient de se dérouler dans les rues et du concours sympathique des parents et de la masse d'étrangers accourus de toute part. M. Houtart fait l'historique de la question scolaire dans la commune.

 

L'enseignement primaire se donnait aux enfants pauvres de Houdeng-Goegnies, dans la propriété d'un ancien clerc laïc, M. Nicolas Michel, située rue des Clercs. Ce bien avait été donné à la condition de payer diverses rentes à l'Administration communale et aussi au Conseil de fabrique.

 

La profession d'instituteur et de clerc laïc fut exercée de père en fils, par les descendants de M. Michel, jusque vers 1855.

Une pièce intéressante déposée aux archives consiste en un procès-verbal de visite des bâtiments de l'école par les Vicomtes et Echevins A. Deburges et A. Monoyer, le 25 novembre 1785.

 

Les réfections furent terminées et reçues le 20 février 1786.

 

Le bâtiment fut l'objet de nouvelles observations le 5 mai 1832, de la part du Commissaire de district: on attribuait l'étendue d'une épidémie de petite variole à l'état insalubre de la classe.

 

Le 23 mai 1832, il était répondu que les locaux avaient été repavés et blanchis. Cependant, ils ne tardèrent pas à être désertés en partie. L'enseignement primaire était donné par divers particuliers dans des locaux plus ou moins spacieux.

 

Le 6 juillet .1855, l'Administration communale fut mise en demeure d'avoir à construire des salles d'écoles officielles.

 

Un premier projet, élaboré par M. Léopold Lefèvre, de Soignies, fut approuvé le 14 mai 1856; mais il ne fut pas exécuté. La population réclamait aussi un Hôtel de Ville et un projet d'ensemble fut mis à l'étude, celui de M. Mahieu, architecte, à Binche, fut préféré. Le terrain nécessaire (30a. 75) fut acheté rue des Trieux pour 5.535 francs; cet acte fut approuvé par arrêté royal du 19 avril 1859.

 

Le projet de construction d'un Hôtel de Ville avec maisons pour l'instituteur et l'institutrice et à salles d'école (2 pour filles et 2 pour garçons) fut voté le 26 janvier 1861 et 28 mars 1862.

 

La députation permanente ratifia le 30 mai 1862 et l'adjudication eut lieu le 7 juillet suivant.

 

Le 1er octobre 1863, les classes étaient occupées. Le rapport de M. l'Inspecteur provincial Courtois, du 2 décembre 1863, les qualifiait de "modèles". Elles ne tardèrent pas à être insuffisantes. Le 16 juin 1871, une troisième classe des garçons était établie au rez-de-chaussée et le 18 janvier 1872, une quatrième était construite à l'étage de la troisième.

 

Le 11 novembre 1873, des classes de filles étaient construites aussi à l'étage de la première. En 1879, une quatrième classe de filles était créée et une cinquième en 1883; les locaux des première et troisième classes avaient été scindés. En 1889, une des classes des garçons fut affectée à l'usage d'école gardienne. Les classes gardiennes furent installées en 1890 au nombre de deux et une troisième fut ajoutée en 1895. Cette même année, des travaux de grosses réparations furent exécutées aux bâtiments érigés en 1862. Cependant, par suite de la majoration énorme de la population scolaire, les autorités supérieures réclamèrent la construction de nouvelles écoles de garçons et l'aménagement de tous les locaux du Centre pour les filles.

 

Le choix du terrain demanda .beaucoup de temps: la propriété Dudioq de Saint-Moulin, le Cercle Horticole, la propriété Defer et le plateau de la Couturelle étaient proposés. Ce dernier fut choisi.

 

M. l'architecte Bodson, de Saint-Ghislain, fut chargé de l'élaboration du projet. Il fut approuvé le 21 août 1903; il s'élevait à 102.800 francs. Les nouveaux locaux étaient inaugurés le 15 octobre 1905.

 

L'agrandissement des locaux pour filles était aussi à prévoir. L'arrêté royal du 14 mai 1903 autorisa dans ce but l'acquisition du bien Boursier.

 

Ces terrains ne tarderont pas à recevoir leur utilisation: en effet, aux garçons, une septième classe était nécessaire; sa construction a été adjugée le 8 août 1913.

 

Des cours industriels primaires, installés en 1908, y ont pris un essor remarquable, grâce à: l'intelligente et active direction de H.Libert et au dévouement de ses professeurs.

 

Aux filles, la maison de l'institutrice fut transformée en classe ménagère; trois cours fonctionnent chaque semaine avec les élèves du degré supérieur de l'école du jour; un cours est donné le soir, en été; et il a obtenu la faveur de la population.

 

Enfin, un cours de coupe, de lingerie et de confection est installé dans la seule salle disponible de l'étage de l'école des filles.

 

En 1904, une classe primaire et une classe gardienne furent établies au hameau du Trieu-à-Vallée; les bâtiments, dont le projet avait été approuvé le 4 août 1906, furent terminés le 1er octobre 1907.

 

Le même groupement fut préconisé par les autorités scolaires pour le quartier de l'Abattoir en 1907.

 

Un arrêté royal du 30 juin 1911 autorisa l'acquisition du terrain.

 

Le projet, voté le 29 août 1911, vient d'être terminé: ce sont les superbes classes que l'on inaugure aujourd'hui. Elles font l'objet de l'admiration générale.

 

M. le Bourgmestre, au nom du Conseil communal en fait la remise à Madame la Directrice.

 

Il se félicite du choix de Mlles Dulière et Falise, pour tenir les deux classes. Il a confiance dans leur intelligence, leur dévouement et leur énergie.

 

La nouvelle école a, dès maintenant, une population considérable: c'est la preuve manifeste que les parents apprécient l'effort accompli par l'Administration communale; c'est le témoignage évident de la confiance des familles envers le personnel.

 

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L'école de l'Abattoir vue depuis le canal.

 

Ces dernières paroles, prononcées avec une conviction profonde, produisirent dans la foule une émotion considérable; des applaudissements saluèrent la fin de l'allocution de M. le Bourgmestre.

 

Vinrent ensuite les discours de Mme Servranckx, au nom des habitants du quartier de l'Abattoir, de Mlle Emilie Vandenberghe, de Mile Laure Cornil et de Mlle Berger.

 

Mais, M. Jeumont, le renommé directeur de l'Ecole de musique de La Louvière, a pris place pour diriger la cantate: un profond silence se produit.

 

L'orchestre, en fanfares, commence. Les fillettes interprètent la première partie, les garçons la seconde. Cette masse d'enfants, dont les voix fraîches sont harmonieusement bien encadrées par les sons des cuivres, interprètent avec brio et justesse le choeur: "Salut beau jour", dont les paroles ont été appropriées pour la circonstance. On ovationne directeur et élèves. Un bis est réclamé et, après son exécution, la "Brabançonne" est chantée pendant que toute l'assistance se lève et se découvre.

 

M. Jeumont est vivement félicité par M.le Bourgmestre.

 

L'étude de la cantate a commencé le 29 septembre 1913. M. Jeumont, avec le talent qu'on lui connaît, l'a orchestrée et enseignée avec l'aide du personnel des écoles.

 

Le brillant résultat qu'il a obtenu, lui fait honneur et nous lui rendons bien volontiers, l'hommage qui lui revient.

 

M. Delattre remet ensuite une gerbe à Madame l'institutrice Fondu-Godeau, cette excellente musicienne et pianiste qui accorde toujours un concours si dévoué et si artistique aux solennités musicales auxquelles les écoles sont appelées à participer.

 

Les enfants quittent la cour pour se rendre, les fillettes, au Café des Arcades; les garçons, au Salon Ancart, où un lunch les attend.

 

Les élèves du Trieu-à-Vallée avaient été restaurés chez M. Duriau, au Café de la Glacière. Ils avaient quitté leur logis depuis l'heure de midi et avaient suivi tout le parcours du cortège: il était équitable de leur offrir à boire et à manger; ils furent servis à profusion par leur dévouée institutrice, Mlle Hélène Bostem. Les autres élèves, garçons et filles, avaient reçu des bonbons dans les locaux qu'ils occupaient.

 

Après le départ des enfants, le Conseil communal et les orateurs prirent place sur l'estrade.

 

M. le Bourgmestre présente M. Rossignol, président du Bureau international des fédérations d'instituteurs, et M. Edouard Joossens, orateur flamand, président du sous-comité de l'école.

 

Après les discours de ces deux personnalités, M. Houtart fit l'éloge de M. l'architecte Bodson; de l'entrepreneur M. Emile Moulin, de Ladeuze; de M. Fondu, de Bracquegnies, et du surveillant Lambert.

 

Il termina la fête en remerciant le personnel enseignant, le Comité Scolaire, les habitants du quartier et tous ceux qui avaient participé au succès de cette journée mémorable.

 

La foule s'écoula lentement: jusque très tard dans la soirée, une animation intense régna dans les environs, au grand profit du commerce local.

 

Jamais, autant de chapeaux de haute forme n'avaient été exhibés dans la commune et il importait de les arroser convenablement, ce qui fut fait avec conviction.

 

La fête inaugurale est l'oeuvre des commerçants et des habitants de la rue, ainsi que du Comité Scolaire.

 

MM. Englebert Berger, Alphonse Duriau, Emile Debaix et Emile Vandenberghe, aidés de leurs voisins, se sont consacrés à son organisation avec un dévouement que l'on ne saurait trop louer: ils ont bien mérité de toute la population.

 

Les frais de cette réjouissance sont couverts par les cotisations des Commerçants et par les souscriptions volontaires de quelques amis dévoués du Comité Scolaire.

 

Non seulement le produit de la liste servira à payer toutes les dépenses, mais un reliquat important sera versé à la caisse de l'Oeuvre du Vêtement de l'école de l'Abattoir. De la sorte, on pourra en décembre et en janvier prochains, faire une ample distribution. Nous annonçons cette nouvelle avec joie. Elle aura le don, de faire braire, hurler et rager les ennemis de l'école officielle, mais elle fera plaisir aux malheureux.

 

L'école de l'Abattoir n'a pas dit son dernier mot: son avenir est assuré.

 

Le geste spontané de la population, accourue en masse à la fête du 5 est éloquent: c'est la meilleure approbation qui puisse être donnée à l'oeuvre du Conseil communal, en matière d'enseignement. Que sa devise soit: "Toujours mieux!"

18:15 Écrit par La Petite Louve dans Enseignement | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ecoles |  Facebook |