08/10/2007

Tourisme: des acenseurs du canal du Centre à la Petite Suisse.

Houdeng-Goegnies - Dimanche 9 août 1936.

 

Le canal du Centre, voie navigable à grande section, constitue un trait d'union de plus, entre le bassin de l'Escaut et celui de la Meuse.

 

Il unit ses eaux, à Mons, à celles du canal de Mons à Condé et, à Houdeng-Goegnies, à l'embranchement venant de Seneffe du canal de Charleroi à Bruxelles, aussi à grande section.

 

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L'ascenseur n°1 de Houdeng-Goegnies.

 

On comprend, dès lors, toute son importance, pour la région industrielle du Centre. Sa construction a été laborieuse. En effet, sa longueur est de 21 kilomètres 07 et la différence de niveau, entre le point de départ et celui d'arrivée, atteint 89 m. 457.

 

De Mons à Thieu, sur une longueur de 15 kilomètres environ, cette différence est rachetée au moyen de 4 écluses de 4 m. 20 de chute et d'une cinquième de 2 m. 26, soit en tout 23 m. 26. Mais de Thieu à Houdeng-Goegnies, sur un parcours de 6 kilomètres, la différence de niveau à racheter était de 66 m. 19. Il aurait fallu, dans ce but, établir au moins 17 écluses, sur un terrain dont le sous-sol est creusé par l'exploitation houillère, depuis des siècles, et dont la nature géologique manque en certains endroits de consistance.

 

Il ne fallait pas penser à cette solution, une des écluses se serait peut-être enfoncée à l'instar du pont de Bracquegnies, anéantissant ainsi tout le trafic du canal.

 

Une autre manière de résoudre cette grosse difficulté fut présentée par M.Genard, le savant inspecteur principal des Ponts et Chaussées.

 

Elle consistait dans la construction de quatre ascenseurs hydrauliques:

  • Le n° 1 à Houdeng-Goegnies, de 15 m. 397 de chute.
  • Le n° 2 à Houdeng-Aimeries, de 16 m. 934 de chute.
  • Le n° 3 à Strépy, de 16 m. 933 de chute.
  • Le n° 4 à Thieu de 16 m. 933 de chute.

Soit 66 m. 197 de chute.

 

Elle fut adoptée par le Gouvernement.

 

L'ascenseur n° 1 de Houdeng-Goegnies, fut exécuté de 1885 à 1888, en même temps que la mise à grande section d'une partie du canal de Charleroi à Bruxelles et de l'embranchement de Seneffe.

 

Il fut inauguré par S.M. le roi Léopold II, le 4 juin 1888. Le Roi fut reçu à la gare d'Houdeng par l'Administration communale de Houdeng-Goegnies, présidée à ce moment par le regreté M. Paul Houtart, bourgmestre.

 

Nous extrayons du cahier n° 3 des excursions de M. l'Inspecteur principal Stilmant, la description de l'ascenseur de Houdeng-Goegnies.

 

DESCRIPTION.

 

C'est une énorme balance dont les plateaux sont des bassins (sas) supportés chacun par un énorme piston. Le piston glisse dans une presse et le sas est guidé par une construction métallique, supportant à sa partie supérieure une passerelle communiquant avec le bas au moyen d'un escalier.


386HG_ASCENSEUR_NO1~2Ascenseur n° 1 - Piston soulevant le sas.

Les sas, de 43 mètres de long sur 5m.80 de large, avec portes mobiles aux extrémités, sont remplis d'eau au même niveau que le canal, c'est-à-dire 2m.70.

 

Le sas descendant contient 0,30 mètres d'eau de plus que le sas montant. Ce surplus (45x5,8x0,3) ou 74,820 kilos, sert à vaincre les frottements et à établir l'équilibre. Les pistons, de 29m.50 de hauteur sur 2m.de diamètre, ont des parois de 0,075 m. d'épaisseur. Ils pèsent chacun 20.000 kilos et plongent dans des cylindres de 2m.06 de diamètre, garnis de 0,05 m. (épr.) de frette d'acier: l'épaisseur totale égale 0,150 mètre.

 

Les corps de presse sont reliés entre eux par une canalisation sur laquelle est placée une vanne servant à établir ou à intercepter la communication. Un jeu de soupapes permet au mécanicien d'actionner l'un ou l'autre sas. L'étanchéité est parfaite, des caoutchoucs comprimés par l'appareil lui-même sont placés dans toutes les parties jointives.

 

Nous allons exposer succinctement le fonctionnement.


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Ascenseur n° 1 - Bateau sortant du sas, en aval.


L'eau prise dans le bief supérieur par une canalisation métallique de gros diamètre, avec une force de 1,5 atmosphère, acquise par la différence de niveau, tombe au bief inférieur sur des turbines; celles-ci actionnent deux pompes aspirantes-foulantes qui aspirent une partie de cette eau et la refoulent dans un accumulateur supportant une charge de 80 tonnes.

 

C'est l'eau, ainsi comprimée à 40 atmosphères, qui se répartit aux chambres de presse établies à l'aval, sous le canal, et à l'amont entre les deux branches de sorties des sas, et qui provoquent la levée des portes.

 

Elle peut aussi, à un moment donné, ou en cas d'accident, faire monter l'un des bacs.

 

La manoeuvre se divise en deux grandes parties:

1- La balance (montée et descente);

2- La levée et la fermeture des portes.

 

La hauteur de flottaison est la même dans le canal que dans les bassins (sas).

 

1 - LA BALANCE.

 

Le dispositif est tel que le fond du bassin arrivant en haut de sa course, est toujours 30 centimètres plus bas que celui du canal.

 

Dès lors, ce bassin prend automatiquement une surcharge de 75 tonnes consistant en une tranche d'eau de Om.30 d'épaisseur sur toute l'étendue du sas. La manoeuvre des portes terminée, ainsi que la sortie et l'entrée des bateaux, le machiniste placé dans une cabine établie, au sommet de l'appareil, ouvre la vanne centrale de communication entre les presses et le piston du bac supérieur, le plus lourd, par suite de la surcharge, refoule sous lui l'eau qui fait monter l'autre.; il est à remarquer que le bassin arrivant en bas de sa course a 0m.30 d'eau en plus que la hauteur de flottaison; or, son fond arrive au niveau du fond du canal inférieur et sa surcharge s'écoule automatiquement dans le bief inférieur lors de la manoeuvre des portes.

 

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Ascenseur n°1: la salle des machines.

 

2.- LA LEVEE ET LA MONTEE DES PORTES - L'ENTREE ET LA SORTIE DES BATEAUX.

 

Il importait de neutraliser les pressions de l'eau sur la porte fermant le canal d'abord et sur celle fermant le bac ensuite.

 

Ainsi que nous le disions plus haut, l'étanchéité est parfaite entre les deux portes, par suite d'un joint en caoutchouc, comprimé par l'appareil lui-même.

 

On remplit le vide entre les deux portes avec de l'eau prise dans le bas, en ouvrant une ventelle, et l'on neutralise les pressions précitées.

 

Le machiniste appelle l'eau comprimée à 40 atmosphères de l'accumulateur, dans la chambre des presses et celles-ci provoquent la levée des portes, lente d'abord pour éviter les coups de bélier, plus rapide ensuite.

 

Aussitôt commence la sortie et l'entrée des bateaux. La manoeuvre demande 15 minutes au maximum.

 

Il est à remarquer que le mouvement de balance terminé, le machiniste de la cabine doit enclencher immédiatement ses fers pour permettre la manoeuvre des portes.

 

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Ascenseur n° 1 - Sortie du bateau., en amont. 

 

La prise de surcharge automatique est une conception qui fait le plus grand honneur au corps des Ponts et Chaussée belges.

 

En effet, dans les appareils de ce genre établis à l'étranger, la surcharge se faisait mécaniquement par le pompage de l'eau dans une rivière voisine ou dans le canal, ce qui demandait un temps considérable et donnait aux manoeuvres une durée trop longue, nuisible aux intérêts du batelier.

 

On s'extasie devant le génie de l'homme qui a élaboré le projet de cette gigantesque machine, espèce de géant de fer, marchant lentement mais avec exactitude, sans l'aide de la vapeur ou de l'électricité, rien que par l'application des principes élémentaires de physique. (Touring-Club - 1-1-1913 -V. Delattre).

 

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Ascenseur n°1: sortie d'un bateau en amont.

 

La visite de l'ascenseur de Houdeng-Goegnies constitue un but d'excursion très intéressant et très instructif.

 

Pour s'y rendre, il est à conseiller de descendre à la gare d'Houdeng et de suivre l'embranchement du canal de Seneffe finissant au bassin de Bois-du-Luc, en face de la dite station.

 

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Ascenseur n°1 de Houdeng-Goegnies. 

 

On laisse à droite les Verreries du Centre, importante gobeleterie récemment installée, et l'on admire la fameuse grue roulante du rivage charbonnier qui charge si rapidement les bateaux.

 

A gauche, on voit les belles installations des Pavillons.

 

La visite de l'ascenseur n° 1 terminée, deux superbes promenades se présentent:

1- Celle du canal du Centre et de la commune, vers le sud.;

2- Celle de la Petite-Suisse, vers le nord-est.

 

Première promenade.

 

La promenade du canal du Centre ne manque pas de variété.

 

On pourrait croire qu'elle reflète la monotonie ordinaire d'une longue marche le long du canal.

 

Bien au contraire, après avoir traversé la chaussée de Soignies à Mariemont et le viaduc du chemin de fer de Houdeng à Erquelinnes, on aperçoit le remarquable pont sur lequel passe le chemin de fer de Bois-du-Luc; il constitue un beau spécimen de travail d'art en métallurgie.

 

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Le pont de cent mètres du chemin de fer des charbonnages de Bois-du-Luc.

 

Plus loin, le pont très ordinaire du Croquet laissant à droite l’agglomération de Goegnies, d'où émerge, svelte et fière, la flèche de l'église Saint-Géry.

 

Tenant au canal, une jolie école de hameau est plantée en haut de la berge, et 50 mètres plus loin, se trouvent l'abattoir communal et l'usine frigorifique de la Corporation des Bouchers du Centre (Fabrique de glace artificielle); l'on rentre par la place Albert 1er, la rue Léon Houtart et la Chaussée, à front de laquelle se trouve la monumentale école des filles.

 

Deuxième promenade:

 

Le but à atteindre est la Petite-Suisse, endroit pittoresque situé sur Familleureux, à la limite de Houdeng-Goegnies, de La Louvière et de Bois-d'Haine.

 

C'est le rendez-vous des habitants de ces grosses localités industrielles.

 

En quittant l'ascenseur, sur la rive droite, on grimpe la passerelle pour admirer le panorama de l'industrie du Centre: les immenses Aciéries Gustave Boël, les Boulonneries de La Louvière, les Laminoirs de La Croyère, les importantes Usines Gilson, les Ateliers du Thiriau, la Chocolaterie Kwatta, la Franco-Belge, l'Usine d'Agglomération de minerais; à proximité, les vastes chantiers de la Mécaniver et de la S.A.F.E.A.; vers le sud, les vastes installation de la Brugeoise et Nicaise et Delcuve, les Verreries du Centre, les Ateliers Charlez-Gobert et Cie; plus loin, les terrils de charbonnages; ces montagnes noires jettent dans l'espace leur note sombre donnant au paysage un aspect caractéristique inédit, qui a son charme, et, bien au lointain, les crêtes de la vallée de la Sarabre et la frontière française.

 

Tout-y-Faut.

 

On longe alors la rive gauche du canal pour arriver au pont Tout-y-Faut, proche de la ferme du même nom. Celle-ci dépendait autrefois de l'Abbaye d'Aulne, qui l'a fait rebâtir telle qu'elle existe actuellement, de 1765 à 1782.

 

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La ferme Tout-y-Faut.

 

Tout-y-Faut signifie tout y trompe (de fellere, tromper).

 

Effectivement, autrefois, les terres de cette ferme étaient réputées mauvaises. Un drainage, effectué il y a environ 60 ans et une culture intelligemment conduite par feu MM. Guyaux père et fils, les ont améliorées au point d'en faire les meilleures de la région.

 

Ce grand bâtiment abrita, en juin 1815, l'avant-garde belge, commandée par le colonel Delporte, qui avait pour mission de surveiller la marche française, commandée par Napoléon 1er, quelques jours avant Waterloo.

 

Le Bois de La Louvière.

 

La promenade se poursuit à travers de jolies et fertiles campagnes, limitées au nord par le Bois de La Louvière, sur Houdeng, et, à l'est, par l'agglomération de La Louvière.

 

L'on arrive au troisième pont, dit de Sartiau.

 

Ce coin sauvage est un petit Sart, un sol récemment défriché pour être soumis à la culture.

 

Le canal s'enfonce dans une vallée fortement encaissée et des plus jolies; elle présente, au fond, le chemin de halage et, à mi-côte, un passage réservé aux piétons, qui constitue un sous-bois délicieux.

 

Le quatrième pont est en vue.

 

On laisse à gauche cette partie du bois, célèbre par les fouilles qu'y pratiqua feu M. Raoul Warocqué, de 1891 à 1895.

 

Elles ont amené la découverte des vestiges de deux villas romaines; de nombreux souvenirs de cette époque lointaine y ont été rencontrés et conduits au merveilleux musée du château de Mariemont.

 

Il reste cependant une annexe curieuse; un four romain pour la cuisson des poteries; il est conservé dans un enclos fermé à clef pour éviter les déprédations de personnes qui n'en apprécient pas la valeur archéologique. Malheureusement, cet abri tombe en ruines actuellement.

 

Deux cents mètres plus bas, on voit les vestiges d'un tumulus, preuve de l'existence, en cet endroit, d'une population vivant à une date bien antérieure à l'arrivée de Jules César.

 

Le Petite Suisse.

 

Avant de nous installer dans le café de la Petite Suisse, célèbre par sa bonne table, son jambon délicieux, ses excellentes consommations, sa jolie prairie et ses jeux variés, disons quelques mots d'autres vestiges tout proches, ceux de la ferme Sartiau, fief de la seigneurie de la Puissance, célèbre aux XVe et XVIe siècles. Le bois Lyon la séparait de l'agglomération de Goegnies.

 

D'après les reliefs de 1695 et 1696, elle comprenait 12 bonniers de pâturages avec deux maisons.

 

D'autres promenades peuvent terminer avantageusement, compléter une journée d'excursion à l'ascenseur de Houdeng-Goegnies.

 

Signalons :

  • A- La visite du parc de Mariemont, de son château avec son riche musée, de l'Ecole provinciale d'Horticulture et de Petit Elevage, avec ses serres remarquables.
  • B- Celle du splendide domaine de M. Guinotte, à Bellecourt, merveilleux en juin, juillet et août.
  • C- Celle du parc rustique des princes de Croy, au Roeulx, dont la pièce d'eau, oeuvre du célèbre Lenôtre, est vraiment remarquable.
  • D- Celle de la ville de Binche, avec ses vieux remparts et ses monuments anciens.
  • E- Celle des quatre ascenseurs et des installations de l'Etincelle, fondées sous les auspices des riches Charbonnages de Maurage; l'on va s'incliner devant le prestigieux monument érigé à la mémoire de Sa Majesté la Reine Astrid. F- Enfin, celle des communes de La Louvière, des Haine et des Houdeng, avec une visite aux oeuvres magnifiques du Charbonnage de Bois-du-Luc.

 

19:30 Écrit par La Petite Louve dans Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ascenseurs, canal du centre |  Facebook |

Commentaires

çà me parait plus compliqué que nos écluses Provençales non? Intéressant en tout cas.
bisous, passe une bonne soirée.

Écrit par : mimi | 16/10/2007

Les commentaires sont fermés.