15/12/2007

Au Parc à pouïes.

La Louvière - Dimanche 24 novembre 1918.

D'où vient ce vocable! Qui baptisa cette "institution" de guerre? Un beau matin, on apprit que l'on venait d'ouvrir à La Louvière, rue de la Concorde, numéro 39, un asile où les femmes... malades étaient recueillies, visitées et expédiées à Mons pour s'y faire soigner si leur état l'exigeait.

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Et l'autorité édilitaire avait précisément choisi le numéro 39 de la rue de la Concorde, qui fut le siège d'une maison de joie dont parlent les vieux Louviérois. Nous voulons d'ailleurs croire qu'ils en parlent par ouï dire...

Bref, le "parc à pouïes" devint célèbre. Il fut naturellement exploité par les revuistes, gens sans pitié. Et le bon acteur wallon Djobri "croqua" de maîtresse façon l'agent des moeurs qui, de nombreux soirs, vint chanter sur la scène de la rue Charles Nicaise les malheurs de ses clientes.

Au début, c'est entre une haie de curieux que les intéressées entraient ou sortaient du local en question. Et, on le devine, les quolibets allaient bon train. Et les plaisanteries, plaisanteries faciles du reste, fusaient, provoquant les rires. Cette exhibition publique ne diminua pas cependant le nombre de poules, qui alla en augmentant.

Encore une "tête" devenue populaire à La Louvière que celle du commissaire du "parc à pouïes". On le voyait, sec comme un coup de trique, la démarche hésitante, la canne en main, dans tous les coins de la région, escorté par un agent de police, à la recherche de ses volailles. On le comparait volontiers au coq du poulailler.

Qu'on ne pense pas, d'ailleurs, que l'autorité occupante, comme on l'appelait, avait en vue la santé de ces femmes. Oh! non, elle pensait seulement à la vertu de ses soldats. Ce qui n'empêcha d'ailleurs pas, à certains moments, l'Institut Saint-Joseph d'être bondé de victimes teutonnes de la "cifilisation".

18:00 Écrit par La Petite Louve dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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