29/12/2007

Ca va bien!

La Louvière - Vendredi 13 août 1920.

Un de nos amis nous narre un incident qui en dit long sur la mentalité flamingante.

Il y a quelques jours, se trouvant à Blankenberge, il s'adresse à un sous-chef de station pour obtenir un renseignement; celui-ci lui est donné en français.

Quelques instants après, une dame de La Louvière a également besoin du service du même employé; celui-ci s'empresse de répondre dans la langue chère à nos "aktivistes" et, comme notre concitoyenne déclare ne pas comprendre le flamand, notre cheminot de riposter, cette fois en français: "Vous n'avez qu'à l'apprendre."

A noter que la loi sur l'emploi du flamand en matière administrative n'a été votée que par la Chambre et que le Sénat, sur la proposition même de H. Delacroix, en a renvoyé la discussion à fin septembre.

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26/12/2007

Des grévistes qui reçoivent la fessée.

La Louvière - Jeudi 22 avril 1920.

Dans une commune des environs, des porteurs d'express avaient imaginé de se mettre en grève parce qu'ils estimaient insuffisants les salaires qui leur étaient payés.

Ils firent valoir leurs griefs au chef de gare, homme énergique qui s'empara de l'un des protestataires, lui enleva sa culotte et lui administra une fessée à la vue des camarades de la victime.

Il demanda pardon - et tout rentra dans l'ordre...

Les choses en sont là. Ce drame de l'intolérance patronale a profondément ému les personnalités syndicales de l'endroit...

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22/12/2007

Les jeux dangereux.

La Louvière - Samedi 10 janvier 1920.

Nous voulons parler du sport auquel se livra l'autre soir le spectateur d'un cinéma qui crut devoir décharger son revolver, à la faveur de l'obscurité, dans les jambes du public qui, heureusement, s’en tira indemne.

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Et les gens calmes et paisibles - il y en a encore - se demandent s'il ne conviendrait pas de réglementer davantage le commerce des armes à feu. Le premier venu peut maintenant s'acheter un revolver; il reste l'acheteur anonyme; il peut, sans inconvénient pour lui, se procurer l'objet, qui, le soir même, lui permettra d'assouvir une haine, de satisfaire une vengeance ou même de... s'amuser!

Le pharmacien, homme conscient, ne peut débiter des poisons que contre ordonnance d'Esculape - ou sur demande écrite du consommateur... Mais le commerce du revolver, ce poison violent et... pénétrant est libre, tout ce qu'il y a de plus libre.

Quand nos législateurs auront fini d'étatiser le pays, ne pourraient-ils songer à élaborer un petit bout de loi qui permette de sauvegarder la vie des citoyens?

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19/12/2007

Les femmes indignes.

La Louvière - Mercredi 15 janvier 1919.

Un correspondant des "Nouvelles" s'indignait hier du fait que deux femmes de La Louvière, la mère et la fille, qui avaient scandalisé la population de leurs compromissions avec les Boches, se pavanaient aujourd'hui dans une limousine anglaise en compagnie d'officiers britanniques. Evidemment, pareil spectacle révolte l'opinion publique et il vaudrait mieux qu'il ne se produise pas. Espérons que la petite leçon de dimanche soir sera salutaire.

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Mais le cas n'est pas isolé. Les femme a qui ont eu hier des rapports avec les Boches, ouvrent aujourd'hui leurs bras aux Anglais. Et si demain les hordes de l'occupation amenaient chez nous des nègres, ces blanches feraient bon ménage avec les noirs. C'est dans l'ordre normal des choses...

Certaines de ces femmes se contentent du soldat. Celles qui furent dimanche soir l'objet de la manifestation sifflante de la rue Charles Nicaise préfèrent l'officier. Elles estiment que lorsqu'on prend du galon, on ne saurait trop en prendre...

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15/12/2007

Au Parc à pouïes.

La Louvière - Dimanche 24 novembre 1918.

D'où vient ce vocable! Qui baptisa cette "institution" de guerre? Un beau matin, on apprit que l'on venait d'ouvrir à La Louvière, rue de la Concorde, numéro 39, un asile où les femmes... malades étaient recueillies, visitées et expédiées à Mons pour s'y faire soigner si leur état l'exigeait.

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Et l'autorité édilitaire avait précisément choisi le numéro 39 de la rue de la Concorde, qui fut le siège d'une maison de joie dont parlent les vieux Louviérois. Nous voulons d'ailleurs croire qu'ils en parlent par ouï dire...

Bref, le "parc à pouïes" devint célèbre. Il fut naturellement exploité par les revuistes, gens sans pitié. Et le bon acteur wallon Djobri "croqua" de maîtresse façon l'agent des moeurs qui, de nombreux soirs, vint chanter sur la scène de la rue Charles Nicaise les malheurs de ses clientes.

Au début, c'est entre une haie de curieux que les intéressées entraient ou sortaient du local en question. Et, on le devine, les quolibets allaient bon train. Et les plaisanteries, plaisanteries faciles du reste, fusaient, provoquant les rires. Cette exhibition publique ne diminua pas cependant le nombre de poules, qui alla en augmentant.

Encore une "tête" devenue populaire à La Louvière que celle du commissaire du "parc à pouïes". On le voyait, sec comme un coup de trique, la démarche hésitante, la canne en main, dans tous les coins de la région, escorté par un agent de police, à la recherche de ses volailles. On le comparait volontiers au coq du poulailler.

Qu'on ne pense pas, d'ailleurs, que l'autorité occupante, comme on l'appelait, avait en vue la santé de ces femmes. Oh! non, elle pensait seulement à la vertu de ses soldats. Ce qui n'empêcha d'ailleurs pas, à certains moments, l'Institut Saint-Joseph d'être bondé de victimes teutonnes de la "cifilisation".

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12/12/2007

Incurie administrative.

La Louvière - Samedi 17 janvier 1914.

Triste et lamentable le cortège que l'on pouvait voir hier midi traversant les rues de la commune. Une douzaine d'hommes transportaient, en civière, un ouvrier blessé au cours de son travail, dans les Ateliers des chemins de fer de l'Etat, à Haine-St-Pierre.

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Mais quelle civière! Un petit lit de fer très bas, sans couverture, ni oreillers. On y avait couché le malheureux souffrant, on l'avait recouvert tant bien que mal - plutôt mal que bien - de pardessus, vestons et autres effets du même genre. Et dire que le blessé venait ainsi, transporté à bras d'homme, de plus d'un kilomètre de son domicile!

L'Administration ne pourrait-elle avoir un matériel plus commode et surtout plus décent pour le convoyage des victimes du travail?

Il s'agit ici du nommé Legau Victor, demeurant rue de la Paix. Au cours de sa besogne, un poids très lourd tombant, lui brisa net la jambe droite. Après pansement, il a été reconduit chez lui dans des conditions scandaleuses que nous relatons plus haut.

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08/12/2007

Beaucoup de bruit pour rien.

La Louvière - Jeudi 4 septembre 1913.

Mercredi vers 6 heures du matin, des ouvriers du chemin de fer passant sur la rive gauche du canal, non loin du château d'eau du chemin de fer, près du Pont Roulez, aperçurent une large flaque de sang au milieu de la berge. A quelques pas de là, ils trouvèrent un bout de boyau et, dans les herbes qui croissent sur le bord du canal, ils virent les traces d'un objet que l'on avait jeté à l'eau.

On prévint la police, qui arriva aussitôt, et, après avoir procédé aux premières constatations, fit appeler le directeur de l'Abattoir, qui ne tarda pas à s'apercevoir qu'il s'agissait tout simplement des restes d'un animal que l'on avait égorgé pendant la nuit.

Cet incident a mis en émoi le quartier si populeux du Hoquet. Plus de deux cents personnes ont défilé en commentant "le crime" de diverses façons. Beaucoup de bruit pour rien...

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