05/04/2008

Petite scène regrettable.

La Louvière - Jeudi 30 septembre 1937.

Un monsieur rentre dans les bureaux de l'une de nos plus respectables administrations. Le monsieur est possesseur d'un tout petit chien qu'il affectionne et qu'il tient sur les bras. La bête est inoffensive. Son maître se présente au guichet du bureau, en suivant la file. Il a dû attendre un certain temps.Un employé remarque l'animal. Son sang bondit. Il intime l'ordre à notre respectable concitoyen d'avoir à se débarrasser de son chien s'il veut être servi. Le client est embarrassé et surtout interloqué. Il fait remarquer poliment qu'il ne peut se séparer de son toutou, car le laisser seul sur la rue pourrait lui faire courir un grand danser. Ceux qui ont des chiens qu'ils aiment et dont ils sont aimés comprennent aisément la réponse du monsieur interpellé ; mais que faire.

Bref, voici le tour du propriétaire du chien d'approcher le guichet, où il doit effectuer une opération qui doit prendre quelques minutes. Ici se place une scène vraiment regrettable, car elle dénote un manque total de coeur et des sentiments vraiment inhumains: l'employé refuse de servir le vénérable monsieur, un septuagénaire, sous prétexte qu'il tient toujours l'animal dans ses bras.

En fin de compte, le Louviérois implora une dame qui voulut bien prendre soin de son chien, lequel a une certaine valeur. Et l'employé, ayant ainsi fait disparaître tout objet de distraction, consentit alors à accomplir sa délicate mission, en agent conscient et organisé, ton syndicat lui interdisant de servir deux personnes à la fois, un homme et un... chien...

A noter qu'à ce moment, cinq ou six toutous folâtrant dans la salle des pas perdus, méditaient sur la petite scène que venait d'atteindre cruellement la gent canine dans l'un des leurs. Oh! les braves bêtes!

18:15 Écrit par La Petite Louve dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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