02/06/2008

Les fêtes aérostatiques.

La Louvière - Vendredi  9 août  1907. 

De notre correspondant particulier à Paris. J'ai pu rencontrer Monsieur Dubois, directeur de l'Institut Aéronautique de Paris, qui doit organiser la manifestation de La Louvière. Il m'a reçu dans son cabinet d'études, où s'étendent sur les murs, des plans réduits de différents aéronefs. 


- Quel programme comptez-vous nous faire admirer, ai-je demandé à l'aimable ingénieur !

 

- Certains se sont un peu mépris, dit-il, sur mes intentions à La Louvière. Je ne puis évidemment pas réaliser dans votre charmante ville une ascension avec le navire aérien dont voici l'épure. Et M. Dubois étend la main vers une reproduction d'aérostat en forme d'obus dont le cubage atteindrait 10000 mètres cubes.

 

- Cet appareil, reprend  M. Dubois, nécessiterait un déplacement de matériel considérable et des précautions d'emballage et de transport qui rendraient l'expérience très difficile à une distance aussi considérable de mes ateliers et hangars. Je ne m'arrête pas aux aménagements qui seraient indispensables aux lieux mêmes de l'ascension ni à l'accessoire, pourtant si important en matière d'aérostation, tel que gaz à densité fixe, canalisations, protection préliminaire contre le vent défavorable, etc.

 

"Quant à l’auto-locomoteur aérien et à grande vitesse, classé au ministère de la guerre français sous le numéro 487, vous comprendrez combien il devient très délicat pour moi d'en soumettre la manipulation et l’observation en une fête publique où l'intérêt pourrait ne pas être de simple curiosité.


L'appareil d'expérience que je compte présenter à La Louvière est de forme bi-conique et possède une grande hélice avec poutre armée. Il est muni d'un gouvernail de mon modèle D et d'un moteur intensif donnant plusieurs vitesses.

J'espère vous montrer par ce moyen que la direction aérienne est un problème solutionné: pourtant, faut-i1 que le temps soit mon auxiliaire, en calmant les vents "les subites furies"...

 

"Aucun aéronef - et les dernières expériences françaises l'ont prouvé - ne peut aller contre le vent déchaîné; même, la brise peut être légère à la surface du sol et le courant aérien s'affirmer très puissant à cent ou cent cinquante mètres dans les airs.

"Ne dites pas surtout, ajouta  M. Dubois, que je réussirai sûrement; ce serait préjuger. Mais veuillez affirmer que vos compatriotes seront témoins d'une manifestation scientifique dont l’intérêt résidera dans l’aléa et qui sera, d'autant plus passionnante qu'i1 ne s'agit pas d'une comédie dont tous les détails sont fixés à l’avance et suivis avec ponctualité." 

Aimable, le sympathique directeur de l'Institut aéronautique nous reconduisit en invitant les lecteurs des "Nouvelles" à venir bientôt vérifier son langage.                                                                            

Georges ROMARY.
 


- Rappelons que l’on peut se procurer, aux bureaux des Nouvelles, aux prix de cinq centimes, des cartes reproduisant le cliché du ballon.

- Un garage de bicyclettes sera établi pour la journée de dimanche prochain, chez  M. Mathieu Delfant, rue du Gymnase.

18:30 Écrit par La Petite Louve dans Festivités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dirigeable, ballon |  Facebook |

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