08/07/2008

Un anniversaire historique.

La Louvière - Vendredi 11 avril 1919.

 

Il y a aujourd'hui cinquante ans - le 11 avril 1869 - que fut promulguée la loi érigeant La Louvière, un des hameaux de l'antique village de Saint-Vaast, en commune. Cette loi avait été votée par la Chambre des représentants le 27 février 1869 et adoptée par le Sénat le 13 mars suivant. Rendons hommage avant tout, à M. Amand Mairaux, homme aux conceptions larges et généreuses, dont l'intelligence et le dévouement aux intérêts de la commune ont contribué si puissamment et si efficacement au développement et à la prospérité de la nouvelle commune. Ce fut lui le vrai créateur de La Louvière. C'est lui qui conçut le plan des travaux d'agrandissement à exécuter dans le hameau désert qui devait, plus tard, s'intituler "La Capitale du Centre". On sait que Mairaux est mort subitement, en siégeant au Conseil de milice à Soignies, le 26 février 1869, la veille précisément du jour où la législature consacrait son oeuvre. Quelles furent les origines de la séparation de La Louvière d'avec Saint-Vaast? On pense généralement que la première, avide de liberté et d'indépendance, a demandé elle-même le morcellement de la commune de Saint-Vaast. C'est une erreur, le divorce fut prononcé à la demande des habitants du vieux Saint-Vaast mêmes. 

En 1830, le hameau dit de La Louvière ne comprenait qu'une vingtaine d'habitants, quatre maisons et une ferme, la ferme Mathée (là où se trouve actuellement l'hôtel Pourtois). Ces quelques habitations étaient échelonnées le long de la route de Soignies à Mariemont, où se trouvent également les installations du charbonnage de La Louvière, fusionné plus tard avec celui de Sars-Longchamps. En 1839, les embranchements de La Louvière et de La Croyère, du canal de Charleroi à Bruxelles furent livrés à la circulation.

 

Onze ans plus tard, en 1850, la construction du chemin de fer de Mons à Manage, avec gare à La Louvière, fournit des moyens de communications rapides avec l'étranger. Ces facilités de transport amenèrent la création d'établissements industriels et, en 1865, nous comptions onze établissements industriels, qui occupaient environ quatre mille ouvriers. Une statistique établie à l'époque nous révèle que les établissements Evrard à La Croyère avaient un effectif de 450 ouvriers, les Hauts-Fourneaux Cambier 285, les Laminoirs Boucquéau 180, Nicaise et Delcuve 290, Boch Frères 300, Daubresse Frères 100, Houtart et Cie 80, les verreries Saint-Laurent 150, Charles Nicaise 40, les charbonnages de Sars-Longchamps 1000 et ceux de La Louvière 1000.

 

Le développement de l'industrie s'accrut dans des proportions telles que l'édilité communale, à la tête de laquelle se trouvait  M. Mairaux, fut amenée à examiner les moyens propres à loger tout ce' monde de travailleurs qui affluaient dans nos murs. De là naquit l'idée de l'agrandissement du hameau et le dépôt du projet qui fut approuvé par arrêté royal du 22 août 1866.

 

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Le chemin de fer de Mons à Manage - La gare de La Louvière (lithographie de Canelle) Ce projet provoqua une vive effervescence parmi les habitants de Saint-Vaast et de Baume. La désunion était dans le ménage. Baume et Saint-Vaast, sous l'influence d'instigateurs mus par un sot amour de clocher, ou par une rivalité mesquine, élevèrent une tempête d'opposition. Ils se réunirent pour demander une séparation de corps et de biens avec La Louvière, non pour incompatibilité d'humeur, mais parce que cette soeur cadette avait la prétention d'être prévoyante, et qu'elle voulait donner aux nombreux membres de sa famille, les moyens de se créer une demeure, et d'y prospérer. La loi vint consacrer cette séparation de fait. En réalité, Saint-Vaast, section exclusivement agricole, voyait d'un mauvais oeil les dépenses que les projets d'agrandissement conçus au profit exclusif de La Louvière, occasionneraient. Les habitants de la commune mère estimaient qu'ils ne devaient pas équitablement y participer. A cette époque - 1869 - Saint-Vaast comptait 1055 habitants, La Louvière 7075. La première avait 210 feux, la seconde 1436. La somme des contributions payées à l'Etat s'élevait à 43000 francs. Le vieux Saint-Vaast y contribuait pour 5500 francs et La Louvière pour 37500 francs. Un détail intéressant à noter: la commune mère comptait 35 électeurs communaux; la jeune cité en avait 189. La séance d'installation du premier Conseil communal eut lieu le 20 novembre 1869, à la suite des élections du 12 octobre précédent. Voici la composition de ce conseil: Nicaise Charles, De Burges Eugène, Duby Désiré, Van Praet Jean-François, Guyaux Sylvain, Lecat Léon, Nocquet Victor, Fagnart. Alfred, Botte Nestor, Derbaix Théophile et Triffet Alexandre. Nous sommes heureux de posséder encore un de ces concitoyens en la personne de  M. Triffet, que nous saluons et que nous félicitons pour son éternelle verdeur. Ce Conseil et ceux qui suivirent eurent à coeur de continuer l'oeuvre ébauchée par le regretté  M. Mairaux. Malgré de vives oppositions, ils parvinrent à doter La Louvière de belles et larges rues, de vastes places publiques et de bâtiments communaux en rapport avec les nécessités du moment. Rappelons que les plans d'agrandissement de la commune et de la plupart des monuments ont été dressés par les architectes Cluysenaer et Beyaert, de Bruxelles, et Hubert, de Mons. Que de chemin parcouru en ces cinquante années d'existence! Que d'améliorations apportées dans tous les domaines! Pavage des rues et des trottoirs, construction d'un vaste réseau d'égouts, établissement de la distribution d'eau, etc. Ce n'est pas sans raison que La Louvière a reçu et continue à justifier le titre de "Capitale du Centre".

18:45 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anniversaire, commune |  Facebook |

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