19/08/2008

La Louvière for ever.

La Louvière - Vendredi 23 avril 1926.

 

 

"Le gouvernement belge a exprimé à l'ambassade d'Italie à Bruxelles ses regrets au sujet de la manifestation à laquelle un groupe de jeunes gens s'est livrée, à La Louvière, à l'adresse du chef du gouvernement d'une nation amie."

 

(Agence Belga) Décidément, notre patelin va être connu du monde entier et son nom va avoir un retentissement, peut-être considérable, sur la politique internationale et signaler La Louvière jusqu'aux confins de la Patagonie et du Pôle Nord. Notre cité existe depuis un peu plus de 50 ans; elle a pris, dès ses débuts, un développement considérable et sa population, avant la guerre, avait déjà atteint un taux plus élevé que celle d'autres localités bien plus anciennes. Sous la direction d'une administration libérale, sage et pondérée, La Louvière s'agrandissait normalement et avait surmonté, sans trop de mal, les terribles évènements de 1914-1918, n'ayant d'autre célébrité et d'autres "monuments" que son Carnaval de la Laetare, sa hideuse passerelle et sa gare non moins néfaste. Mais les hasards de la politique vinrent bientôt bouleverser cet heureux état de choses: une majorité socialiste fit la conquête de l'Hôtel de Ville et ce fut bientôt le règne des extrémistes, qui se crurent les maîtres de la rue. Et nous eûmes la glorification du Boche Sassenbach, les insultes au drapeau national, les agressions contre les invalides de guerre, sans compter d'autres petits incidents électoraux. On se souvient des conséquences qu'eurent les premiers évènements sur la politique intérieure: la participation du ministre Anseele à la manifestation du fusil brisé entraîna une énergique intervention de  M. Devèze, ministre de la Défense nationale, intervention qui amena la démission des ministres socialistes et la dislocation du ministère tripartite. Tout cela n'intéressait que les Belges; mais les incidents, qui se sont produits dimanche à La Louvière, ont une importance bien plus grande. Les socialistes, afin de remonter le moral de leurs troupes, avaient jugé bon, pour masquer la désertion des effectifs syndicaux, d'organiser une manifestation contre le fascisme. Nul n'ignore que le fascisme n'existe que dans l'esprit de certains hurluberlus rouges et qu'il n'y a aucun groupement de ce genre, particulièrement dans le Centre, où l'on ne trouvera aucune chemise noire, au sens symbolique. La manifestation fut quelconque et ne différait guère des cortèges de ce genre que par un nombre beaucoup plus restreint de participants; on y entendit aussi les harangues habituelles, vides et creuses, ayant surtout pour but un bourrage de crânes soigné. On y promena un mannequin, représentant le Premier italien et auquel, pour rappeler certain attentat récent, on appliqua un pansement sur le nez. Après les excitations des orateurs, quelques écervelés mirent le feu à l'effigie de Mussolini et le correspondant du "Peuple", très réjoui de l'affaire, n'eut rien de plus pressé que de vanter la chose dans le numéro de lundi de son journal ! Malheureusement, ce méfait ne plut pas à l'ambassade d'Italie et, probablement, une plainte fut déposée; elle motiva une enquête, tant administrative que judiciaire: celle-ci aura très certainement des suites fâcheuses pour les quelques égarés qui ont commis cet acte hautement répréhensible. Mais les vrais coupables resteront impunis: ceux qui, depuis des semaines, sèment la haine vis-à-vis de  M. Mussolini, se laveront les mains et continueront à propager leurs théories de violence et de discorde, au risque de brouiller notre pays avec une nation amie et de forcer le ministre socialiste des Affaires étrangères à une démarche aussi humiliante que celle qu'il a dû faire vis-à-vis du représentant italien. I1 y a aussi une autre responsabilité à mettre en évidence: celle de notre premier magistrat communal qui, prisonnier des éléments extrémistes et par pur électoralisme, n'a pas eu l'énergie voulue pour donner à sa police les instructions nécessaires. Comme lors de la visite de l'indésirable. Sassenbach et la flétrissure du drapeau national, comme lors de la conférence Despret, notre maïeur n'a pu s'affranchir de l'esprit de parti et prendre les mesures d'ordre indispensables. En agissant ainsi, il a manqué gravement aux devoirs de sa mission et il a contribué à enlever à La Louvière son bon renom d'hospitalité; en agissant ainsi, il a montré qu'il n'avait nul souci des obligations de sa haute charge et il a compromis les intérêts les plus sacrés de tous ses concitoyens: ceux-ci s'en souviendront!

19:00 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manifestation |  Facebook |

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