25/08/2008

Dans les terres mouvantes.

La Louvière - Vendredi 28 janvier 1927.

 

C'est de la nouvelle cité de Bouvy qu'il s'agit évidemment, nos lecteurs l'auront du reste deviné. La situation des habitants, là-bas est intenable. La boue y règne toujours en maîtresse. Pour passer en cet endroit dangereux, les gens de cette région désertique et inaccessible, se sont torturés les méninges et ils ont trouvé un système qui, pour n'être pas pratique, serait amusant, s'il ne s'agissait d'une chose triste. Pour aborder la rue de Bouvy et se rendre dans le centre de la ville, les habitants de la Cité Berdouille se chaussent de sabots qu'ils échangent contre des souliers apportés par eux. Leurs sabots sont laissés ensuite chez les riverains du quartier de l'église. Aussi, on peut voir le dimanche soir, des demoiselles, portant de jolies toilettes, débarquer de la Cité gluante en sabots et venir se déchausser chez des amis complaisants. Dame! Les souliers aux hauts talons ne sont guère de mise dans ces parages et plus d'un pied mignon a été englouti dans la fange qui recouvre les rues de la nouvelle Cité. On dit même que des personnes ont dû, certain matin, venir chercher les souliers, que la berdouille avait collé au sol, obligeant les propriétaires à rentrer nu pieds au logis... Et dire qu'il y a une taxe rémunératoire de voirie. Que serait-ce, bon Dieu, s'il n'y avait pas de taxe du tout!

18:30 Écrit par La Petite Louve dans Equipements publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voirie |  Facebook |

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