26/04/2009

La chronique du téléphone.

Dimanche-Lundi 15-16 janvier 1928.

Nous pensions ne plus devoir revenir sur cette histoire, mais quelques idées nouvelles sont écloses ce matin, dans notre cerveau, en compulsant le guide téléphonique pour la province du Hainaut; car, vous le savez, il existe trois guides, soit que nous soyons dans la partie flamande, wallonne ou mixte du pays. Et voici les constatations effarantes que nous y avons faites. 

Tout d'abord, lorsque l'Administration des téléphones nous dit qu'il y a mille abonnés à La Louvière, elle se trompe, elle nous bourre le crâne. En effet, il y a à La Louvière, chiffres officiels, 1035 postes téléphoniques, mais il n'y a pas même mille abonnés; il n'y en a que, chiffres précis, 996. Il y a quarante-cinq numéros supplémentaires, appartenant à des abonnés divers. Nous supposons que, dans l'esprit de l'Administration des téléphones, avoir deux ou trois numéros de téléphone à son établissement ne signifie pas que l'on est deux ou trois fois abonnés, mais simplement que l'on possède plusieurs lignes. Et, dans les 996 téléphones restant, il faut encore compter les téléphones privés, ceux dont le numéro n'est pas indiqué au guide; il faut encore défalquer les téléphones des Ponts et Chaussées, les téléphones de l'Administration des Chemins de fer, qui en prend à lui seul, six, les Vicinaux, deux postes, etc. Il y a encore les gendarmeries. 

Tout ceci pour justifier que si nous passons dans la catégorie supérieure, c'est par la petite porte et en forçant considérablement. 

La nouvelle taxe de cent francs est arbitraire et ne se justifie pas. Car il est certain qu'il y aura de nombreuses suppressions de postes et, par conséquent, suppression de demandes de communications. L'Etat, ici, sera lésé. 

Mais la nouvelle décision a surtout pour but de tirer de la poche des habitants du Centre, une somme de cent mille trois cent cinquante francs! Cela est tout bonnement scandaleux.

Le service de nuit? Il ne se justifie pas. Et nous allons le démontrer. On peut actuellement se servir du téléphone la nuit, pourvu que l'on soit relié, soit à Mons, soit à Charleroi, soit à Bruxelles. Savez-vous combien de personnes usent de cette facilité? Un charbonnage, la station de Haine-Saint-Pierre, la gendarmerie de Houdeng, la gendarmerie de La Louvière et une usine. Comment voulez-vous que nos cafés se relient au téléphone la nuit? Ceux qui, à notre avis, devraient avoir le téléphone la nuit, ce sont les médecins, les pharmaciens, l'hôpital, le bureau de police, etc. Or, c'est précisément ces personnes qui ne le demandent pas. Alors? Et puis, si ces gens avaient besoin du téléphone, en service de nuit, cela ne leur coûterait que vingt francs par an, pensons-nous.

Au surplus, il nous est avis que celui qui, à onze heures du soir, a encore besoin du téléphone, en ce moment, est chose très rare. Car on peut passer en ville, et bien avant encore, la ville est vide, lamentablement vide, toute lumière éteinte. Plus de trains, plus de trams, plus de cafés. Il y a les cinémas et les spectacles. Mais on ne va pas au spectacle pour user du téléphone. 

Tout ceci pour démontrer que la nouvelle augmentation ne se justifie pas, et nous aurons sans doute de nouveaux arguments pour convaincre ces messieurs du Téléphone.

19:45 Écrit par La Petite Louve dans Services publics | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : telephone |  Facebook |

Commentaires

Bonsoir Je viens de découvrir votre charmant blog, votre chronique et trop génial bravo, j'espère que vous avez passez un bon week-end :)

bon début de semaine, Bise

Écrit par : Marah | 26/04/2009

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