16/12/2009

Un peu d'histoire.

La Louvière - Vendredi 26 septembre 1913.

A PROPOS DE LA SOCIETE ANONYME DES CHEMINS DE FER VICINAUX DU CENTRE, A LA LOUVIERE. 

Cette Société Anonyme a été fondée le 13 août 1891, sous la forme de Société intercommunale, entre les communes que desservait le réseau primitif des Vicinaux du Centre. 

Le capital comportait 85 actions; cinq communes n'ont pas eu confiance dans l'avenir de la Société. Celle-ci a donc été formée avec les autres communes: La Louvière, Houdeng-Goegnies, Houdeng-Aimeries, Morlanwelz et Manage, qui ont souscrit 45 actions de 500 francs. Les actions qu'auraient pu souscrire les cinq autres communes ont été partagées entre six bourgmestres, échevins, etc., qui étaient favorables à la Société Intercommunale (MM. Warocqué, Gilson, Derideau, Brogniez, Moyaux et Hiard). 

Le Conseil d'Administration était composé alors de MM. Augustin Gilson, président, industriel et bourgmestre de La Louvière; Edmond Peny, ingénieur et échevin de Morlanwelz; Paul Houtart, bourgmestre de Houdeng-Goegnies, tous trois encore en fonctions, Jules Derideau, député permanent à La Louvière, et Paul Tiberghien, bourgmestre de Manage. Ces deux derniers sont malheureusement décédés. 

Au 30 juin 1893, du capital de 42.500,00 francs versés, le bilan établit que 31.270 fr. 45 étaient perdus. L'assemblée générale a donc dû, conformément à la loi, délibérer sur la mise en liquidation. 

Elle a eu confiance dans l'avenir, et elle a décidé de continuer. 

C'est dans ces conditions que le directeur actuel, ingénieur aux chemins de fer de l'Etat, a accepté de prendre la direction, avec un modeste traitement fixe, mais avec un pourcentage sur les bénéfices qui le dédommagerait si l'on arrivait à meilleure fortune.

Quelques années après, les pertes étaient amorties et, au mois d'avril 1899, on a pu, pour la première fois, donner un dividende d'environ 4,5 p.c. aux actionnaires. 

La mise à l'électricité a complété les résultats avantageux dans les années ultérieures et les dividendes se sont accrus assez rapidement. 

Entre-temps, de nouveaux raccordements, Carnières, Chapelle d'abord, sont venus s'ajouter à la ligne primitive. Puis, la ligne de Famiheureux, celle du Roeulx, et, enfin, le Centre II (Trazegnies, Souvret, Fontaine-1'Evique, Anderlues, Lobbes, Thuin, etc.) 

La Société Nationale en a profité pour demander qu'à l'égal des communes qui desservaient ces nouveaux raccordements, les cinq communes qui, en 1891, n'avaient pas eu confiance dans l'avenir, puissent aussi souscrire quelques actions ordinaires, de façon à ce qu'aucune commune traversée par le réseau ne soit en dehors des assemblées de la Société intercommunale. 

L'équité la plus élémentaire établissait que ces  nouvelles communes ne puissent pas être mises en tout sur le  même pied que les actionnaires fondateurs, qui, pendant plusieurs années, avaient été sans aucune rémunération. 

Les 85 actions primitives ont donc été, en 1906, subdivisées en deux, une action ordinaire de 500 francs et une action de jouissance sans désignation de valeur, et 130 actions ordinaires nouvelles ont été créées. 

Ces actions ordinaires de 500 francs ont été réparties entre les cinq communes qui n'avaient pas été souscripteurs au début, et les douze communes desservies par les nouvelles lignes.

Ces actions, qui, dès la première année, devaient rapporter 19 p.c. ont été laissées au pair. Et de la faculté d'en souscrire, ont seuls été exclus, à leur demande, les six particuliers ou magistrats communaux (ou leurs héritiers) qui, en 1891, avaient apporté l'argent qu'avaient refusé d'apporter les cinq communes susdites du réseau initial. 

Actuellement, il est telles communes du Centre, dont le budget annuel est heureusement influencé par les bons résultats de la Société intercommunale. L'une d'elles a touché, cette année, en intérêts et dividendes, la somme de 7.297 fr. 40; trois autres ont, ensemble, touché 8.807 fr. 10, soit 2.686 fr. 15, plus 2.686 fr.15, plus 3.434 fr. 80.

Dans la grève actuelle on accuse la Société exploitante de ne pas agir pour le bien des communes, mais plutôt par égoïsme de bourgeois. Or, cette année, lors de la grève politique d'avril, elle a consenti à fermer les yeux sur une grève d'un jour et même à payer les salaires si elle ne durait pas deux jours. C'est ce qui est arrivé, et la Société nationale des chemins de fer vicinaux l'a mise à l'amende, parce que cette tolérance, disait-elle, dépassait les limites de ce que peut s'autoriser une société exploitante d'une de ses lignes. Elle a écrit que les trams dont elle donnait l'exploitation étant un service public, l'agent qui se mettait en grève sans préavis légal devait être considéré, par le fait même, comme ne faisant plus partie de la Société. 

La Société du Centre, après explications, et en raison de son passé, qui avait souvent été louange, a obtenu que les amendes infligées en avril ne fussent pas maintenues.

Quelque deux mois après, le directeur a proposé au Conseil d'administration tout un long travail, de façon à diminuer le nombre d'heures de présence journalière du personnel des trains.

Après mûr examen, et bien que cette diminution journalière des heures de service dut occasionner une dépense supplémentaire de 10.000 francs annuellement, le Conseil a approuvé. Cette somme de 10.000 francs représente le huitième de la somme répartie l'an dernier. Et il est à noter que, dans la somme répartie, figure une somme de 7.610 francs pour les institutions de prévoyance du personnel.

Enfin, pour rencontrer les accusations qu'on écrit à l'égard de ceux qui se dévouent pour administrer la Société anonyme des chemins de fer vicinaux du Centre depuis 22 ans avec efficacité, il y a lieu d'ajouter qu'ils n'ont aucun tantième, mais seulement une rémunération fixe, qui, pendant longtemps, ne fut que de 200 francs par an, et qui, depuis le nouveau réseau, est de 240 francs par an. 

Actuellement, le Conseil est composé des trois survivants de 1891, avec, en plus, les bourgmestres actuels de La Louvière, Chapelle-lez-herlaimont et Trazegnies. 

Le Collège des commissaires comprend: MM. J. Tison, bourgmestre de Haine-Saint-Pierre, V. Vilain, bourgmestre de Thuin; A. Ducuroir, conseiller communal de Houdeng-Goegnies; A. Saintes, conseiller communal de Haine-Saint-Paul; J. Lemière, conseiller communal de Carnières. 

La situation historique ainsi établie, permettra aux personnes impartiales de juger de la valeur des accusations que l'on répand à profusion en ce  moment  de  grève,  contre l'administration et la direction de notre réseau vicinal.

19:16 Écrit par La Petite Louve dans Transports | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vicinaux |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.