24/12/2009

A l'usine de M.Boël

La Louvière - Lundi-Mardi 4-5 octobre 1897.

On sait que M. Boël, notre sénateur, a établi, depuis 1889, dans ses usines de La Louvière, un système de coopération qui fait participer ses ouvriers et employés, dans la répartition des bénéfices réalisés pendant l'année sociale écoulée. 

C'est par un avis daté du 1er septembre 1888, affiché dans ses établissements, que cet honorable industriel a porté à la connaissance de son personnel la généreuse mesure qu'il avait prise à son égard. 

Voici la teneur de cet avis: 

"M. Boël fait connaître à tout son personnel, ingénieur, employés, contre-maîtres et ouvriers attachés à ses établissements, qu'à titre gracieux et comme essai, il a pris la décision suivante: 

A l'expiration de l'exercice finissant le 31 juillet 1889, M. Boël prélèvera, sur les bénéfices bruts, 55% du traitement total du personnel pendant l'année. Ce prélèvement est effectué du chef des capitaux engagés dans l'usine. 

Le surplus, à savoir les bénéfices nets, sera réparti de la manière suivante:

a) La moitié à M. Boël,
b) L'autre moitié entre tout le personnel, au prorata entre eux traitements et salaires - et pour ceux d'entre eux seulement qui auront été attachés à l'usine pendant l'année entière, sans interruption et sans avoir encouru aucune pénalité pendant ce laps de temps."

15008LL_FORGES_FONDERIES_Laminoirs Boucqueau (litho Canelle) [Web520]
Les Forges, Fonderies et Laminoirs Boucquéau (lithographie de Canelle)

Cette mesure fut depuis appliquée chaque année. 

  • En 1888-89, les  bénéfices  répartis  se  sont  élevés  à  26.862 fr.85.
  • En 1890, ils ont été de 78.601 fr.29.
  • En 1891, de 19.988 fr.42.
  • En 1892, pour pouvoir faire une répartition de 12.825 fr.54, M. Boël n'a pas amorti la perte subie par lepaiement d'établissements industriels dont il était le créancier.
  • En 1893, il n'a pu distribuer que 4.23 fr.46.
  • En 1894, année où s'est accentuée la crise industrielle, Boël n'a pas réalisé 4% de son capital; en 1895, pas 1 1/2, en 1896, pas davantage.
  • En 1896-1897 - année où les affaires industrielles ont repris plus d'activité, les bénéfices à répartir exclusivement entre le personnel des usines - ouvriers et employés, se sont élevés à 101.661 fr. 22.

La répartition de cette jolie somme vient d'avoir lieu. 323 ouvriers en ont bénéficié. Distribuée à titre gracieux, par M. Boël, elle représentait plus de 25% des salaires que chacun d'eux avait reçu pendant toute l'année. Une même famille comptant plusieurs ouvriers occupés à l'usine, a touché environ 1800 francs. Tous les ouvriers se trouvant dans les conditions requises, ont obtenu dans la répartition faite hier, dans la proportion de leurs salaires de 300 fr. à 1000 francs. 

N'est-ce pas là un résultat magnifique qui fait honneur à M. Gustave Boël.

22:15 Écrit par La Petite Louve dans Industrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : boel |  Facebook |

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