26/12/2009

Laminoirs de La Croyère

La Louvière - Lundi-Mardi 20-21  décembre  1897.

Il est certain que fort peu d'entreprises présentent, sous  le rapport des bénéfices encaissés annuellement, un caractère  de régularité aussi grande que l'ancienne firme Victor Piérart  et Cie, aujourd'hui la Société Anonyme des Laminoirs de La Croyère. 

Depuis la constitution de l'affaire jusqu'au jour de sa transformation en société anonyme, soit en 23 ans, elle réalisa 4.083.561,90 francs de bénéfices, chiffre représentant plus de 25 fois le capital primitivement engagé par les associés de l'ancienne firme et plus de 8 fois le capital qu'ils constituèrent à l'aide de retenues sur les bénéfices. Ceci revient à dire qu'au moyen de ces retenues le capital primitif a été triplé, ce qui indique nettement la prudente thésaurisation que les dirigeants ont toujours pratiquée. 

Malgré la crise qui sévit ces dernières années, et qui atteignit plus ou moins fortement toutes les entreprises sidérurgiques, et surtout celles qui n'avaient pas eu la sage précaution de prélever annuellement une somme importante sur les bénéfices, afin de s'en constituer une poire pour la soif, la Société des Laminoirs de La Croyère réalisa, de 1890 à 1896, 1.347.602 fr.16 de bénéfices, soit une moyenne annuelle de 192.500 francs. 

Les bénéfices de 1896-1897, malgré les difficultés inhérentes à tout changement de régime, atteignirent ce quantum également. 

Ils permirent la distribution aux actionnaires d'un dividende de 27,50 francs, par action ou 11p.c. du capital social. 

Il est dès à présent hors de doute, six mois s ' étant déjà écoulés depuis le début de l'exercice de 1897-1898, que les résultats de celui-ci n'auront rien à envier à ceux du précédent. 

Cette déduction se fait tout naturellement de la mise en marche d'un nouveau train de laminoirs, accroissant la production de 15.000 à 22.000 tonnes par an. 

En supposant donc pour l'exercice en cours un bénéfice moyen à la tonne égal à celui de 1896-1897, on arriverait au chiffre de 250.000 francs minimum, ce qui représente 20p.c. du capital. 

Il sera aisé à nos lecteurs de tirer de cet exposé de9 conclusions qui les édifieront sur le degré de stabilité et la marche progressive de l'entreprise. 

Nous ne leur ferons remarquer, pour terminer, qu'une seule chose: c'est qu'en 1896-1897 le bénéfice net atteignit 15 p.c. du capital, et qu'il fut distribué aux actionnaires un dividende de 11 p.c.

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24/12/2009

A l'usine de M.Boël

La Louvière - Lundi-Mardi 4-5 octobre 1897.

On sait que M. Boël, notre sénateur, a établi, depuis 1889, dans ses usines de La Louvière, un système de coopération qui fait participer ses ouvriers et employés, dans la répartition des bénéfices réalisés pendant l'année sociale écoulée. 

C'est par un avis daté du 1er septembre 1888, affiché dans ses établissements, que cet honorable industriel a porté à la connaissance de son personnel la généreuse mesure qu'il avait prise à son égard. 

Voici la teneur de cet avis: 

"M. Boël fait connaître à tout son personnel, ingénieur, employés, contre-maîtres et ouvriers attachés à ses établissements, qu'à titre gracieux et comme essai, il a pris la décision suivante: 

A l'expiration de l'exercice finissant le 31 juillet 1889, M. Boël prélèvera, sur les bénéfices bruts, 55% du traitement total du personnel pendant l'année. Ce prélèvement est effectué du chef des capitaux engagés dans l'usine. 

Le surplus, à savoir les bénéfices nets, sera réparti de la manière suivante:

a) La moitié à M. Boël,
b) L'autre moitié entre tout le personnel, au prorata entre eux traitements et salaires - et pour ceux d'entre eux seulement qui auront été attachés à l'usine pendant l'année entière, sans interruption et sans avoir encouru aucune pénalité pendant ce laps de temps."

15008LL_FORGES_FONDERIES_Laminoirs Boucqueau (litho Canelle) [Web520]
Les Forges, Fonderies et Laminoirs Boucquéau (lithographie de Canelle)

Cette mesure fut depuis appliquée chaque année. 

  • En 1888-89, les  bénéfices  répartis  se  sont  élevés  à  26.862 fr.85.
  • En 1890, ils ont été de 78.601 fr.29.
  • En 1891, de 19.988 fr.42.
  • En 1892, pour pouvoir faire une répartition de 12.825 fr.54, M. Boël n'a pas amorti la perte subie par lepaiement d'établissements industriels dont il était le créancier.
  • En 1893, il n'a pu distribuer que 4.23 fr.46.
  • En 1894, année où s'est accentuée la crise industrielle, Boël n'a pas réalisé 4% de son capital; en 1895, pas 1 1/2, en 1896, pas davantage.
  • En 1896-1897 - année où les affaires industrielles ont repris plus d'activité, les bénéfices à répartir exclusivement entre le personnel des usines - ouvriers et employés, se sont élevés à 101.661 fr. 22.

La répartition de cette jolie somme vient d'avoir lieu. 323 ouvriers en ont bénéficié. Distribuée à titre gracieux, par M. Boël, elle représentait plus de 25% des salaires que chacun d'eux avait reçu pendant toute l'année. Une même famille comptant plusieurs ouvriers occupés à l'usine, a touché environ 1800 francs. Tous les ouvriers se trouvant dans les conditions requises, ont obtenu dans la répartition faite hier, dans la proportion de leurs salaires de 300 fr. à 1000 francs. 

N'est-ce pas là un résultat magnifique qui fait honneur à M. Gustave Boël.

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18/07/2008

Mort de M.Boch

La Louvière - Mercredi 28 janvier 1920.

 

Hier, en quelques lignes de nécrologie, nous avons signalé le décès, à l'âge de 103 ans, du grand industriel, dont le nom restera attaché à l'une des principales industries louviéroises. Né en 1817 à Mettlach (Grand-Duché de Luxembourg) M. Boch vint, en 1841, créer au hameau de La Louvière, dépendance de Saint-Vaast, les premières installations de l'importante faïencerie de Kéramis. 

Celle-ci prit, sous les directions, successives de M M.Boch (1841-1881), Charles Tock (1881-1904) et Marcel Tock, le développement que l'on connaît.

 On a pu apprécier aussi toutes les oeuvres que M. Boch sut grouper autour de la faïencerie: société de secours mutuels, caisse de pensions des employés, etc. sans compter les sociétés d'agrément: fanfares, chorale, etc. La Louvière n'oubliera pas que  M. Boch fut un des premiers artisans de sa prospérité et la Capitale du Centre en conservera un souvenir de gratitude.

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16/07/2008

M.Boch centenaire.

La Louvière - Lundi-Mardi 8-9 décembre 1919.

 

La Louvière compte un centenaire en la personne de M. Victor Boch. M. Boch attacha son nom à la Faïencerie de Kéramis, installation importante et qui occupe normalement un millier d'ouvriers et d'ouvrières. Il la créa il y a environ 60 ans; la fabrique modeste du début est devenue l'importante usine dont la réputation est mondiale. M. Boch est d'origine luxembourgeoise. Il atteignit sa centième année sous l'occupation et, lui qui avait dû supporter en son château la présence d'officiers boches, il eut, à l'occasion de son centenaire, la douleur de subir une aubade de la musique allemande, qu'il ne put mettre à la porte, pas plus qu'il ne put fermer son parc aux bandits qui, en novembre 1916, y opérèrent la réquisition de nos ouvriers. Jusqu'en ces derniers temps, M. Boch avait continué à se promener dans son parc, s'intéressant aux travaux qu'il y faisait accomplir. A l'heure actuelle, la santé de notre centenaire est plutôt chancelante. M. Boch est le père de Mlle Anna Boch, l'artiste connue. Ajoutons que ce n'est jamais en vain que l'on fait appel à la générosité de M. Boch en faveur des oeuvres louviéroises. 

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21/06/2007

Nouvelle industrie.

Houdeng-Goegnies - Jeudi 1er octobre 1925.

 

Il nous est agréable d'apprendre que la très vigilante société "La Tôle manufacturée du Centre" vient d'être déclarée adjudicataire de la fourniture d'un lot imposant de caissons pour munitions d'artillerie pour le compte du Ministère de la Défense nationale.

 

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En-tête de lettre de la société "La Tôle Manufacturée".

 

Cette marque de confiance officielle fait le plus grand honneur aux services techniques et administratifs de cette récente organisation régionale, qui lui permet, grâce à des directives heureuses, de lutter avec succès. Nous exprimons nos meilleurs voeux pour que la prospérité naissante de cette intéressante manufacture de mobilier métallique moderne, soit assurée de la plus heureuse destinée pour le bien-être de nos populations industrielles spécialisées à l'application usuelle de la tôle d'acier et de ses dérivés.

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17/06/2007

Avis d'enquête.

Houdeng-Goegnies - Vendredi 1er mai 1914.

 

L'Administration communale de Houdeng-Goegnies informe les habitants que, le 16 mai 1916, de 10 heures à 11 heures du matin, il sera tenu en la Maison Communale de ce lieu, une enquête de commodo et incommodo, sur la demande des Usines Boël, à La Louvière, tendant à obtenir l'autorisation de construire une boulonnerie sur les - parcelles numéros 142D5, K2, M3, M2, C5, Vh et Wh (ancienne chaudronnerie de la rue Léopold II).

 

Les observations ou oppositions devront être remises par écrit au commissariat de police, avant l'heure fixée pour la clôture de l'enquête.

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30/05/2007

Chrysostome Lecrinier.

Houdeng-Goegnies - Lundi - Mardi 15-16 janvier 1900.

 

Une des figures les plus connues du Centre, "Tome", comme l'appellent familièrement ses amis, enchante tous ceux qui l'approchent. Tout rond, les yeux clairs, le coeur sur la main, "Tome" vous conquiert dès l'abord, par sa charmante jovialité.

 

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En-tête de lettre de la brasserie de Chrysostome Lecrinier.

 

Fils de ses oeuvres, ne se laisse pas absorber tout à fait par les affaires. Il a des mots drôles, d'une saveur toute wallonne, jamais mordants, mais où se retrouve la générosité souriante de son caractère.

 

Né en 1845, il fit de bonnes études moyennes et entra, en 1860, comme employé dans l'industrie. A l'âge de 21 ans, il s'installait comme marchand de charbon, réussissait à force d'activité et fondait, enfin, une brasserie et malterie, qui devait occuper le premier rang dans les établissements similaires du Centre. 

 

Aussi, M.Lecrinier est-il devenu autorité dans le monde de la brasserie. Il ne s'est pas moins distingué sur le terrain de l'industrie. Commissaire des charbonnages de La Louvière et Sars-Longchamps en 1884, il était promu administrateur en 1890. Depuis, il a été successivement nommé: Administrateur de la Poudrerie de Casteau et des Ateliers du Midi à Charleroi, à Marcinelle; président du collège des commissaires des Ateliers et Fonderies et Karwitz (Russie), ainsi que des Aciéries Néerlandaises de Terneuzen.

 

Ajoutons qu'il est propriétaire pour un tiers de la grande brasserie de Morialmé, dont il a la direction.

 

En politique, l'excellent "Tome" - pardon, homme! - est un libéral de vieille roche, sincère, dévoué. Il fut échevin et conseiller communal à Houdeng-Goegnies de 1888 à 1893.

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