17/08/2008

Mise au point.

La Louvière - Jeudi 11 février 1926.

 

Je lis dans les "Nouvelles" du 10 février, sous le titre: "Une fantaisie coûteuse", quelques passages qu'il est utile, à mon avis, de mettre au point, tant au point de vue historique qu'au point de vue de la "vérité". 

1.- Les ruines ne furent nullement construites il y a 60 ans, mais il y a environ 27 ans. La vieille église en question se limite aux portails de l'ancienne église de Houdeng-Goegnies, démolie en 1902.

 

2.- Ce que votre correspondant a pris pour la reconstruction d'un vieux cimetière, était une mauvaise reconstruction très imparfaite de la "Porta Nigra", ou "Porte Noire" de Trèves, construite par les Romains. Idée peu heureuse du constructeur (deux pierres tombales y étaient adossées.)

 

3.- Le maître maçon signalé par votre article est un très bon ouvrier, qui n'a fait, "souvent à contrecoeur", qu'exécuter la besogne commandée et sous les yeux de l'architecte que vous signalez.

 

4.- L'acheteur actuel, contrairement à ce que dit votre article, s'est immédiatement, avant toute démolition, mis en rapport avec le Cercle archéologique de Mons. Sur sa demande.  M. le chanoine Puissant, le savant archéologue, est venu trois fois sur les lieux examiner et choisir tout ce qui pouvait avoir une valeur artistique ou archéologique. L'acheteur actuel, malgré le coût élevé de la main-d'oeuvre, s'est fait un plaisir d'offrir à  M. Puissant, à titre absolument gracieux, tout ce qu'il a voulu emporter. De plus, il fit cadeau, à l'Ecole Industrielle de La Louvière, d'une magnifique fontaine taillée en ogive de grande beauté et de très grande valeur archéologique et artistique.

 

5.- Je puis vous garantir qu'il n'a été cassé aucune pierre tombale, pour faire des moellons, contrairement à ce que dit l'article en question.I1 ne peut, vous en conviendrez, être question du vandalisme signalé si légèrement dans votre information.H.M.T. En réponse à la mise au point ci-dessus, nous remercions tout d'abord son auteur d'avoir bien voulu nous éclairer; en effet, nous disions que l'on ne savait pas d'où venaient ces débris d'église et de cimetière, et nous supposions qu'église et cimetière étaient de même origine locale, attendu qu'anciennement, le cimetière entourait l'église. Mais comment reconnaître, sans le savoir, que ces débris mêlés, formant un ensemble, proviennent les uns d'une porte romaine de Trèves (Porta Nigra), les autres de l'église de Houdeng-Goegnies. Notre interlocuteur reconnaît que l'idée en fut peu heureuse. Car il est bien difficile de reconnaître, soit des portails de l'église de Houdeng ou d'une porte romaine, qui, notamment, devait être de plus grande dimension que cette reconstitution. 199LL_PARC_BOCH [Web520]
Le château Boch - Le parc. Si le maître maçon a fait tout ce travail, souvent à contrecoeur, c'est qu'il voyait lui-même les défectuosités du plan de l'architecte. Peu importe, au surplus, que cette oeuvre date de 60 ans ou de 1902, ne l'ayant jamais vue auparavant. Donc, l'acquéreur a eu la bonne idée d'attirer l'attention d'un archéologue, ce dont nous le félicitons, comme d'avoir fait don d'une antique fontaine à l'Ecole industrielle. Pour ce qui est des moellons, c'est que nous avons vu deux pierres tombales entières et une brisée à côté d'un tas de pierres cassées; nous avons cru que c'était là le sort qui leur était réservé, ce que nous considérions comme du vandalisme; ce sera probablement le sort de tout le reste des colonnes, etc.; mais il y a surtout une fenêtre en pierre, style flamboyant, qui pourrait trouver un emploi décoratif dans une construction quelconque; nous nous demandons si elle ne provient pas d'une autre église que celle de Houdeng, car celle-ci était certainement dépourvue de telle fenêtre-vitrail, attendu qu'elle était du même style rustique et lourd que celle d'Aimeries, encore debout, sauf l'ancienne tour clocher qui en était séparée et qui était de l'ancien château voisin.

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15/08/2008

Une fantaisie curieuse.

La Louvière - Mercredi 10 février 1926.

Une fantaisie curieuse, qu'on peut voir par la brèche faite dans le mur de clôture du parc Boch, en face du Dépôt des Vicinaux, et qui montre à quel caprice un riche propriétaire peut recourir pour embellir son parc, en lui donnant un aspect rustique et archaïque.

On peut donc voir, avant que la démolition ne les fasse disparaître, un simulacre de "ruines" établies il y a environ 60 ans, avec les débris d'une antique église et d'un ancien cimetière, venant on ne sait d'où et qui donne l'impression que, jadis, dans ce parc, existait cette antiquité. En effet, autour de ces ruines, mal reconstituées, et qui indiquent le manque de talent de l'architecte allemand, qui en a dressé le plan, et du maître maçon, qui a fait le travail, on peut voir des débris de colonnes, des chapiteaux, des fenêtres, des rinceaux des anciens styles roman, gothique, ogival et flamboyant, ainsi que plusieurs belles pierres tombales, sculptées, portant, des effigies de prêtres et de gentilshommes, ainsi que des écussons de noblesse d'anciens seigneurs. 

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Le château Boch, côté sud. Avec ces pieux et curieux débris, on a construit, on a voulu reconstituer, le contour' en ruines d'une église: entrée et absides, mais, malheureusement, les pièces et les morceaux entiers de toutes ces colonnes et voûtes ont été si mal rassemblés et placés, que cela n'a aucun caractère d'ensemble, ni de beauté artistique. Autour de cette vieille église, on a comme voulu reconstituer un cimetière, en élevant quelques tombeaux et chapelles, avec les vieux matériaux et les pierres tombales; on a ainsi simulé les arcades d'un cloître; mais tout cela manque totalement de goût artistique. Cependant, ces vieux débris ont une réelle valeur artistique et archéologique et ce serait réellement dommage de les laisser détruire et briser, pour en faire des moellons, comme on l'a déjà fait de quelques pierres tombales. C'est du vandalisme! Cela pourrait et devrait être conservé dans un musée d'archéologie, et nous voudrions que le Cercle archéologique de Mons en ait connaissance et délègue quelqu'un de compétent pour venir apprécier et voir si on ne pourrait conserver quelques-uns de ces respectables matériaux.

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09/08/2008

Les embellissements de la ville.

La Louvière - Samedi 24 octobre 1925.

 

D'heureuses modifications sont apportées en ce moment à l'entrée de la Faïencerie de Kéramis. On édifie un beau mur, en briques spéciales, d'un beau rouge, avec une grand'porte d'entrée qui ne déparera pas l'ensemble. C'est très bien et nous offrons nos félicitations à la direction avisée de l'établissement. Mais ce serait mieux encore si ce travail était amplifié et ai l'on remplaçait le mur-briqueterie qui forme le coin de la rue Sylvain Guyaux et de la rue Kéramis par un mur neuf et édifié, lui aussi, à l'aide de ces belles briques rouges dont il est question ci-dessus. Après tout, nous sommes peut-être en train d'enfoncer une porte ouverte...

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18/07/2008

Mort de M.Boch

La Louvière - Mercredi 28 janvier 1920.

 

Hier, en quelques lignes de nécrologie, nous avons signalé le décès, à l'âge de 103 ans, du grand industriel, dont le nom restera attaché à l'une des principales industries louviéroises. Né en 1817 à Mettlach (Grand-Duché de Luxembourg) M. Boch vint, en 1841, créer au hameau de La Louvière, dépendance de Saint-Vaast, les premières installations de l'importante faïencerie de Kéramis. 

Celle-ci prit, sous les directions, successives de M M.Boch (1841-1881), Charles Tock (1881-1904) et Marcel Tock, le développement que l'on connaît.

 On a pu apprécier aussi toutes les oeuvres que M. Boch sut grouper autour de la faïencerie: société de secours mutuels, caisse de pensions des employés, etc. sans compter les sociétés d'agrément: fanfares, chorale, etc. La Louvière n'oubliera pas que  M. Boch fut un des premiers artisans de sa prospérité et la Capitale du Centre en conservera un souvenir de gratitude.

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16/07/2008

M.Boch centenaire.

La Louvière - Lundi-Mardi 8-9 décembre 1919.

 

La Louvière compte un centenaire en la personne de M. Victor Boch. M. Boch attacha son nom à la Faïencerie de Kéramis, installation importante et qui occupe normalement un millier d'ouvriers et d'ouvrières. Il la créa il y a environ 60 ans; la fabrique modeste du début est devenue l'importante usine dont la réputation est mondiale. M. Boch est d'origine luxembourgeoise. Il atteignit sa centième année sous l'occupation et, lui qui avait dû supporter en son château la présence d'officiers boches, il eut, à l'occasion de son centenaire, la douleur de subir une aubade de la musique allemande, qu'il ne put mettre à la porte, pas plus qu'il ne put fermer son parc aux bandits qui, en novembre 1916, y opérèrent la réquisition de nos ouvriers. Jusqu'en ces derniers temps, M. Boch avait continué à se promener dans son parc, s'intéressant aux travaux qu'il y faisait accomplir. A l'heure actuelle, la santé de notre centenaire est plutôt chancelante. M. Boch est le père de Mlle Anna Boch, l'artiste connue. Ajoutons que ce n'est jamais en vain que l'on fait appel à la générosité de M. Boch en faveur des oeuvres louviéroises. 

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