17/08/2008

Mise au point.

La Louvière - Jeudi 11 février 1926.

 

Je lis dans les "Nouvelles" du 10 février, sous le titre: "Une fantaisie coûteuse", quelques passages qu'il est utile, à mon avis, de mettre au point, tant au point de vue historique qu'au point de vue de la "vérité". 

1.- Les ruines ne furent nullement construites il y a 60 ans, mais il y a environ 27 ans. La vieille église en question se limite aux portails de l'ancienne église de Houdeng-Goegnies, démolie en 1902.

 

2.- Ce que votre correspondant a pris pour la reconstruction d'un vieux cimetière, était une mauvaise reconstruction très imparfaite de la "Porta Nigra", ou "Porte Noire" de Trèves, construite par les Romains. Idée peu heureuse du constructeur (deux pierres tombales y étaient adossées.)

 

3.- Le maître maçon signalé par votre article est un très bon ouvrier, qui n'a fait, "souvent à contrecoeur", qu'exécuter la besogne commandée et sous les yeux de l'architecte que vous signalez.

 

4.- L'acheteur actuel, contrairement à ce que dit votre article, s'est immédiatement, avant toute démolition, mis en rapport avec le Cercle archéologique de Mons. Sur sa demande.  M. le chanoine Puissant, le savant archéologue, est venu trois fois sur les lieux examiner et choisir tout ce qui pouvait avoir une valeur artistique ou archéologique. L'acheteur actuel, malgré le coût élevé de la main-d'oeuvre, s'est fait un plaisir d'offrir à  M. Puissant, à titre absolument gracieux, tout ce qu'il a voulu emporter. De plus, il fit cadeau, à l'Ecole Industrielle de La Louvière, d'une magnifique fontaine taillée en ogive de grande beauté et de très grande valeur archéologique et artistique.

 

5.- Je puis vous garantir qu'il n'a été cassé aucune pierre tombale, pour faire des moellons, contrairement à ce que dit l'article en question.I1 ne peut, vous en conviendrez, être question du vandalisme signalé si légèrement dans votre information.H.M.T. En réponse à la mise au point ci-dessus, nous remercions tout d'abord son auteur d'avoir bien voulu nous éclairer; en effet, nous disions que l'on ne savait pas d'où venaient ces débris d'église et de cimetière, et nous supposions qu'église et cimetière étaient de même origine locale, attendu qu'anciennement, le cimetière entourait l'église. Mais comment reconnaître, sans le savoir, que ces débris mêlés, formant un ensemble, proviennent les uns d'une porte romaine de Trèves (Porta Nigra), les autres de l'église de Houdeng-Goegnies. Notre interlocuteur reconnaît que l'idée en fut peu heureuse. Car il est bien difficile de reconnaître, soit des portails de l'église de Houdeng ou d'une porte romaine, qui, notamment, devait être de plus grande dimension que cette reconstitution. 199LL_PARC_BOCH [Web520]
Le château Boch - Le parc. Si le maître maçon a fait tout ce travail, souvent à contrecoeur, c'est qu'il voyait lui-même les défectuosités du plan de l'architecte. Peu importe, au surplus, que cette oeuvre date de 60 ans ou de 1902, ne l'ayant jamais vue auparavant. Donc, l'acquéreur a eu la bonne idée d'attirer l'attention d'un archéologue, ce dont nous le félicitons, comme d'avoir fait don d'une antique fontaine à l'Ecole industrielle. Pour ce qui est des moellons, c'est que nous avons vu deux pierres tombales entières et une brisée à côté d'un tas de pierres cassées; nous avons cru que c'était là le sort qui leur était réservé, ce que nous considérions comme du vandalisme; ce sera probablement le sort de tout le reste des colonnes, etc.; mais il y a surtout une fenêtre en pierre, style flamboyant, qui pourrait trouver un emploi décoratif dans une construction quelconque; nous nous demandons si elle ne provient pas d'une autre église que celle de Houdeng, car celle-ci était certainement dépourvue de telle fenêtre-vitrail, attendu qu'elle était du même style rustique et lourd que celle d'Aimeries, encore debout, sauf l'ancienne tour clocher qui en était séparée et qui était de l'ancien château voisin.

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15/08/2008

Une fantaisie curieuse.

La Louvière - Mercredi 10 février 1926.

Une fantaisie curieuse, qu'on peut voir par la brèche faite dans le mur de clôture du parc Boch, en face du Dépôt des Vicinaux, et qui montre à quel caprice un riche propriétaire peut recourir pour embellir son parc, en lui donnant un aspect rustique et archaïque.

On peut donc voir, avant que la démolition ne les fasse disparaître, un simulacre de "ruines" établies il y a environ 60 ans, avec les débris d'une antique église et d'un ancien cimetière, venant on ne sait d'où et qui donne l'impression que, jadis, dans ce parc, existait cette antiquité. En effet, autour de ces ruines, mal reconstituées, et qui indiquent le manque de talent de l'architecte allemand, qui en a dressé le plan, et du maître maçon, qui a fait le travail, on peut voir des débris de colonnes, des chapiteaux, des fenêtres, des rinceaux des anciens styles roman, gothique, ogival et flamboyant, ainsi que plusieurs belles pierres tombales, sculptées, portant, des effigies de prêtres et de gentilshommes, ainsi que des écussons de noblesse d'anciens seigneurs. 

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Le château Boch, côté sud. Avec ces pieux et curieux débris, on a construit, on a voulu reconstituer, le contour' en ruines d'une église: entrée et absides, mais, malheureusement, les pièces et les morceaux entiers de toutes ces colonnes et voûtes ont été si mal rassemblés et placés, que cela n'a aucun caractère d'ensemble, ni de beauté artistique. Autour de cette vieille église, on a comme voulu reconstituer un cimetière, en élevant quelques tombeaux et chapelles, avec les vieux matériaux et les pierres tombales; on a ainsi simulé les arcades d'un cloître; mais tout cela manque totalement de goût artistique. Cependant, ces vieux débris ont une réelle valeur artistique et archéologique et ce serait réellement dommage de les laisser détruire et briser, pour en faire des moellons, comme on l'a déjà fait de quelques pierres tombales. C'est du vandalisme! Cela pourrait et devrait être conservé dans un musée d'archéologie, et nous voudrions que le Cercle archéologique de Mons en ait connaissance et délègue quelqu'un de compétent pour venir apprécier et voir si on ne pourrait conserver quelques-uns de ces respectables matériaux.

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17/09/2007

La Ducasse du Bois.

Houdeng-Goegnies - Samedi 11 avril 1936.

 

L'antique fête du Bois, s'amène le dimanche et le lundi de Pâques, donc les 12 et 13 avril 1936.

 

L'origine de cette fête du printemps, réside dans la création du sanctuaire de Notre-Dame du Bois-du-Sart.

 

La première chapelle, fondée par Gilles du Sart, en 1234, fut bâtie sur le territoire de Houdeng, comme annexe du château du Sart, dont les vestiges existent toujours à droite de la chaussée, en allant vers Roeulx, dans la vallée du Thiriau du Sart.

 

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La chapelle Notre-Dame du Bois du Sart, construite à l'emplacement de la chapelle initiale.

 

Laissons parler l'historien bien connu, feu Jules Monoyer:

 

On lit dans un cartulaire de Saint-Denis-en-Broqueroie, que Gilles fonda en 1234, en son manoir du Sart, une chapellerie pour le repos de son âme et celle de ses prédécesseurs, avec le consentement du curé d'Houdeng. L'évêque de Cambrai, Gaydon, en ratifia la fondation en 1244.

 

Le chapelain devait lire la messe, tous les jours de l'année, sauf aux grandes fêtes de Noël, Pâques et de Pentecôte. Il jouissait, à ce titre, d'un bénéfice consistant en une maison à Houdeng, un bonnier de bois, la moitié du terrage de Mignault, quarante sols en argent par an sur cens de Houdeng, bonnier de terre acquis de Simon d'Houdeng, chevalier; enfin, une partie de terre à la Tombelle, proche du village, un muid de blé, un muid d'avoine. Le dit chapelain avait à charge le chantre et le luminaire.

 

L'acte de fondation portait que si, à la suite des temps, le Sart devenait désert, les biens de la chapellerie seraient distribués aux pauvres par les soins des abbés de Saint-Denis d'Aine (Gozée) et de Saint-Feuillen (Roeulx).

 

Le château du Sart disparut, détruit sans aucun doute lors des guerres qui suivirent le règne de Charles-Quint: seule la ferme perdura jusque vers 1840.

 

La ferme du Sart fut occupée longtemps par la famille Bacq.

 

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Le pigeonnier, ancienne seigneurie du Sart.

 

Au décès de Pierre-Joseph Bacq, son neveu, Pierre-Joseph Scoumanne, né à Strépy le 10 janvier 1747,- époux de Marie-Claire Renchon, lui succéda.

 

Sa fille Marie-Claire Scoumanne, épousa Pierre-Désiré Bricourt, qui devint titulaire de la ferme: il eut comme successeur son fils Guillaume-Frédéric Bricourt, né le 1er mai 1815.

 

La grange et le corps de bâtiment furent démolis peu après le décès de Marie-Claire Scoumanne, survenu le 9 avril 1836.

 

Guillaume-Frédéric Bricourt fit construire une ferme modèle le long de la Chaussée, près du passage à niveau; cette ferme devint, en 1893, la Brasserie des Ouvriers et le siège des oeuvres catholiques; elle est actuellement englobée dans la "Verrerie du Centre", industrie active dont les bâtiments longent le Canal du Centre, qui mène à l'ascenseur.

 

La chapelle du Sart, fondée en 1234, disparut vers l'an 1600. Elle était bâtie derrière le château proprement dit.

 

Il reste le donjon d'entrée, aujourd'hui décapité, malheureusement, et des annexes transformées en maisons d'habitation.

 

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Le Pigeonnier, après sa "décapitation".

 

Les caves sont encore intéressantes à visiter: bâties en plein cintre, elles sont hautes; on pouvait y organiser une défense efficace en cas d'attaque.

 

A partir de 1600, le bénéfice de la chapelle fut rattaché à la cure de Goegnies. L'oratoire actuel, situé sur Aimeries, à proximité du Thiriau et de la limite de Goegnies, date de cette année.

 

Le style de l'ancienne chapelle était du gothique flamboyant. Elle fut restaurée et agrandie il y a un quart de siècle. Mais le bâtiment actuel ne présente pas, dans son aspect essentiel le style inédit, très remarquable, du sanctuaire ancien. Pendant longtemps, celui-ci portait une inscription rappelant un miracle; un enfant que l'on croyait mort, fut présenté à la Vierge et revint à la vie. Cet événement donna à cette époque lointaine (1680), à la chapelle, une renommée que l'on comprend.

 

Le 25 mars, fête de l'Annonciation, fut, pendant longtemps, la journée de pèlerinage qui attira la grande foule. Aujourd'hui encore, les pèlerins s'y rendent en grand nombre. A la fin du 18e siècle, on lui substitua le lundi de Pâques. Les forains s'installèrent le long du chemin du Trieu-à-Vallée, le seul qui conduisait au Bois du Sart à cette époque. Telle est l'origine de la ducasse du Bois.

 

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La chapelle du Bois et la guingette voisine.

 

Le chemin du Trieu-à-Vallée avait autrefois la même importance qu'aujourd'hui.

 

Sur un plan figuratif dressé en mars 1767 par J. Delattre, arpenteur juré, il est cité comme route reliant le château du Roeulx à celui de Mariemont.

 

On y relève la croix plantée, à l'endroit où Pierre Beaulieu fut tué, les maisons de la Ronce, des Trieux, les fermes de La Louvière, de la Basse-Louvière et de Tout-y-Faut, le chemin des Couturelles allant en ligne droite vers le placard du Hocquet, la Closière, Maugrétout, la forêt existant entre Houdeng et La Louvière, le Charbonnage de La Louvière, le Thiriau, le chemin des Diables allant du Hocquet à Strépy.

 

Il est à noter qu'à cette époque, la chaussée de Soignies à Mariemont n'existait pas encore.

 

Le plan renseigne aussi, entre les chemins de la Tombelle et de Besonrieux Tout-Vent, la maison de Pierre-Joseph Hermant, garde des biens de Menaulu: il est à remarquer que ce coin est encore aujourd'hui le fief de la famille Hermant.

 

La fête du Bois a toujours eu et a encore la faveur populaire et elle attire chaque année, outre la foule des pèlerins, la jeunesse de toute la région du Centre, qui vient joyeusement célébrer le retour du printemps: les Ecaussinnes, Mignault, Marche, Le Roeulx y envoyant toujours de gros contingents de promeneurs.

 

Pendant bien longtemps, la Fanfare Royale de Bois-du-Luc, et plus tard les Fanfares des Deux Houdeng, vinrent donner concert le lundi de Pâques, à la limite du Bois des Soeurs, au lieu dit "Casterman", à proximité du hameau du Lait-Beurré, derrière le cimetière actuel.

 

Cette coutume, dont le côté artistique n'échappe à personne, prit fin en 1893.

 

Pendant un certain temps, en 1880, on tenta d'organiser un concert dans le Bois du Sart, près de la Chapelle, mais sans succès; la foule ne stationne pas à cette époque de l'année, elle circule dans le bois pour arriver au champ de foire, aux guinguettes, aux salles de danse.

 

La jonquille jaune croit en abondance dans cette région boisée. Le nom populaire de cette fleur est le godet. 

 

 

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La chapelle de Notre-Dame du Bois du Sart est entourée de bois où, au printemps, il fait bon cueillir les jonquilles.

 

Quand Pâques arrivent dans les premiers jours d'avril, les personnes qui viennent à la fête font la cueillette de cette fleur. Et de là est née cette expression: "Planter le godet", qui s'applique aux promenades sous bois du lundi de Pâques. Si des groupes de jeunes gens et de jeunes filles longent les sentiers tortueux de la forêt, on dit malicieusement qu'ils s'en vont "planter le godet".

 

Dès le 15 avril, le bois se parfume des senteurs pénétrantes de l'endymyon, fausse jacinthe, dit "godet bleu" ou "godet de chien". Avec l'anémone des bois et les primevères jaunes, toute cette floraison donne un cachet de vie, de gaieté, de fraîcheur, de renouveau réconfortant. On hume à pleins poumons cet air pur, vivifiant, agréablement parfumé.

 

Une chose intéressante à rappeler, c'est l'activité industrielle qui régna dans ce coin dans les siècles passés.

 

A proximité de la ligne du chemin de fer de Houdeng au Roeulx, non loin de la route de Mignault, existait autrefois un puits pour l'exploitation de la houille, dénommé "puits de la Bavière". Il ne fut guère profond, car on ne parvenait pas à assécher le bouveau, le niveau du Thiriau ne lui étant inférieur que d'une vingtaine de mètres au maximum. Néanmoins, les dirigeants de cette exploitation figurent parmi les signataires de 1750 réclamant l'établissement d'une route pavée de Soignies à Mariemont, pour faciliter la vente et le charroi de la houille.

 

Depuis bien longtemps, ce puits est abandonné; mais on voit encore les vestiges des terrils à l'entrée du bois.

 

Par analogie, il n'est pas sans intérêt de rappeler que le seigneur des Raves, en janvier 1274, a vendu à l'abbaye de Bonne-Espérance le droit d'extraire le charbon sous le Bois des Raves, voisin du Bois du Sart.

 

Détail particulier; les habitants de Houdeng-Goegnies, ont toujours conservé le droit d'usage dans cette partie de la forêt, tout comme au bois de la Muchotte et au bois de Courrières; quelques familles usent toujours avec raison de ce privilège.

 

Les deux hameaux qui encadrent la partie boisée portent des noms spéciaux: à l'Est, le Lait-Beurré; à l'Ouest, le Blanc-Pain. Ces appellations trouvent leur origine dans les redevances extraordinaires qu'ils devaient fournir aux abbés de Saint-Denis, en lait beurré et en pain blanc ou aux tables des pauvres.

 

C'est entre le hameau du Pain Blanc et le Pont du Sart que l'on a procédé, en 1928, à des sondages pour la recherche du pétrole. On n'a jamais été fixé sur les résultats obtenus. Ce qui est certain, c'est que l'on n'a jamais vu de pétrole couler par l'un des trous de sonde.


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Groupe scolaire devant la chapelle du Bois.


La ducasse du bois, en langage du terroir "el ducasse du Bos" fut chantée par feu le docteur Caffet, d'Haine-Saint-Paul, l'écrivain wallon à jamais célèbre et dont la verve de bon aloi est inoubliable.

 

Voici les couplets qu'il lui avait dédiés: 

 

LA CHANSON: "EL DUCASSE DU BOS

de feu le docteur Caffet.

 

Extrait des couplets de la revue :"Au trévi d'tout"

 

LES HOMMES :

 

Nos d'alIons à l'ducasse

Pou danser.dessus l'place

Mais d'vant ça nos dirons

Cachi n'trinche dès gambon

I s'aront des galants

Qui sont des bons effants

C'qui faut pou les coumères

C'est des hommes volontaires

 

JEF:

 

Et moi z'aussi je vais

Avec Félicité.

 

TOUS:

 

Et à l'ducasse du Bos

No dirons co

Nos dirons co

(Bis)

 

LES FEMMES:

 

D’jusqu'à ci nos d'meurinnés

Tout d'juss comme nos astinnés

Heureus'mint qu'nos avons

Deux trois gentils garçons.

Avu ieuss nos dans'rons

Avu ieuss nos boirons

Et puis, i nos r'min'ront

C'est tout c'que nos d'mandons

 

FELICITE:

 

Et moi z' aussi je vais

Avec Jef adoré.

 

TOUS:

 

A l'ducasse du Bos

Nos dirons co!

Nos dirons co!

Quand l'véra co!

 

 

La promenade dans les bois d'Houdeng est toujours extrêmement belle et variée.

 

Le bois du Sart est célèbre par sa chapelle; celui des Raves, par son origine; celui des Soeurs, propriété des Hospices Saint-Jacques du Roeulx, par la jolie école bâtie à son orée.

 

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La chapelle du Bois du Sart.

 

Et le promeneur peut, à la bonne saison, se reposer agréablement, soit au ravissant lieu dit le Bocage, propriété de M. Vital Niçoise; soit à Luna-Plage, dont le bassin de natation constitue une innovation heureuse; soit au Jardin Joyeux situé à l'entrée de la rue du Bois des Raves.

 

Le hameau est doté d'un point d'arrêt sur la ligne de Soignies à Houdeng, à Haine-Saint-Pierre, dénommé Trieu-à-Vallée, à proximité duquel se trouve le stade du Football Club Houdinois.

 

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12/09/2007

Le cortège du Centenaire.

Houdeng-Goegnies - Mardi 27 mai 1930.

 

Il est définitivement fixé au lundi 9 juin 1930, lundi de la Pentecôte.

 

En voici le programme:

1.- en tête, un groupe de cavaliers représentant le seigneur de Goegnies, rentrant dans son domaine, de retour de la première croisade.

 

Où notre château féodal était-il édifié? Non loin de la place de l'église, en descendant vers la rue de la Salle, se trouvaient autrefois, les rives du Rieu Baron, le manoir de la Salle, château des seigneurs féodaux de Goegnies, bâti dans les parages de la première habitation du chef franc, installé au lendemain de la domination romaine.

 

Les vestiges de celle-ci ont disparu; ils consistaient en quelques pieds de murs bâtis en pierre de grès, situés dans le fond de l'ancienne prairie de la Salle, à l'emplacement de l'école actuelle du quartier.

 

La mémoire populaire désignait ces rudiments de ruines, comme les restes du château des Sarrazins.

 

Les derniers bâtiments de l'ancienne seigneurie furent démolis, lors de la construction du canal du Centre.

 

2.- Gilles du Sart fut un preux du moyen-âge. Il assistait à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214.

 

De nombreuses chartes parlent de ce noble chevalier.

 

Sa générosité envers l'église fut proverbiale. Il était à l'égard de ses manants d'une grande bonté et d'une charité inépuisables. Il fonda, en 1234, en son manoir, la chapelle du Sart, anéantie avec le château à la fin du XVIème siècle et rebâtie à son emplacement actuel, dans le bois, en 1600. Gilles du Sart et sa dame Marie figureront dans le cortège avec leur suite.

 

3.- Les habitants de Goegnies prêtaient leur concours autrefois aux fêtes organisées à Binche, par Marie de Hongrie. Le Comité a reproduit le groupe portant le costume espagnol qui participa à l'une de ces merveilleuses exhibitions. Il constituera l'un des clous du cortège du 9 juin, par la beauté et le luxe des costumes.

 

4.-Le groupe le plus important et le plus frais sera celui qui commémorera la Joyeuse entrée du docteur André Laurent le 6 septembre 1666.

 

Né à Houdeng-Goegnies en 1600, doué d'une intelligence remarquable, il fut sacré prêtre, puis reçu docteur en sciences théologiques à Louvain, en 1644. Nommé professeur à l'Université de cette ville, il se distingua par ses travaux dans les sciences théologiques et, en 1647, il était désigné en qualité de président du petit collège des Théologiens et attaché à cet important établissement en qualité de professeur.

 

En 1666, il fut promu président du grand collège. André Laurent revenait chaque année, passer ses vacances en son village natal: pour commémorer la nomination honorifique de leur concitoyen, un grand cortège fut organisé le 6 septembre 1666. Une école communale fut décrétée et fondée, cette même année, pour les habitants de Goegnies, par le célèbre docteur.

 

Il est à remarquer que l'on ne se trouve pas devant une mesure d'ordre général, aucune autre localité de la région n'a posé le même acte à cette époque déjà très reculée. Cette décision est particulière à Goegnies. L'enseignement est donné par le clerc laïc, sous la surveillance du curé paroissial.

 

Le docteur André Laurent trépasse le 17 mai 1679. Il était aussi philanthrope. En effet, le revenu des  biens qu'il délaissa, fut consacré à la constitution des bourses d'études rétablies par arrêté royal du 31 août 1820. Dans son testament, le docteur écrivait notamment:

 "Je veux, premièrement, que les parents soient préférés selon leur degré. Pour ce qui est de la distribution des bourses, on les donnera à ceux qui se comportent le mieux et qui s'adonnent avec le plus d'ardeur à l'étude".

Les écoles communales et libres, réunissant ensemble un millier d'enfants et de jeunes gens, gentiment costumés, constitueront exclusivement l'ensemble de la partie du cortège destinée à honorer la mémoire du grand savant.

 

5.- ce sera la reproduction du groupe de pages qui collabora aux fêtes données à Mariemont, en 1759, en l'honneur de la princesse Anne-Charlotte de Lorraine.

 

6.- la fête du Trieu, en 1830, constituera une réminiscence du costume de l'époque.

 

7.- évocation de l'inauguration de l'Ascenseur par Sa Majesté Léopold II, Roi des Belges, le 4 juin 1888.

 

On y réunira tous les drapeaux et les sociétés locales qui, participeront à cette cérémonie.

 

8.- viendra ensuite la Société des Trompettes d'Etterbeek, au] nombre de 80 membres, qui donnera des auditions pendant tout le parcours du cortège.

 

9..- le char allégorique de l'Indépendance nationale.

 

L'horaire de la journée sera le suivant:

-  le matin, réception des sociétés étrangères et visite de l'Ascenseur qui fonctionnera l'après-midi; à 3 heures, départ du cortège qui suivra les rues de la Chaussée.

- le coup d'oeil rue de la Chaussée sera merveilleux de par la disposition de cette jolie et large artère; à 5 heures, sur la place du Trieu, exécution de "Vers l'Avenir" et de la "Brabançonne", par les élèves des écoles.

- le soir, à 7h.30, concerts brillants par la Société des Trompettes d'Etterbeek et la célèbre chorale mixte de La Hestre.

07/02/2007

La question de l'Hôtel de Ville.

Houdeng-Aimeries - Dimanche 24 avril 1921.

 

Dans une de leurs circulaires, les camouflés font allusion à l'acquisition du château des demoiselles Debauque, acquisition qu'on représente comme onéreuse pour la commune.

 

Coupons les ailes à ce canard, en n'envisageant réellement que le développement de Houdeng-Aimeries, c'est une magnifique opération. Tout d'abord, au point de vue intrinsèque, il n'y a rien à critiquer.

 

L'Administration communale a acquis pour la somme de 100000 francs, une propriété qui a une valeur de 200 à 250000 francs;. le terrain, d'une superficie de 65 ares, représente 40000 francs.

 

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Le château Debauque, avant sa transformation en Maison communale.

 

Mais il y a un autre point qui a quelqu'importance ; c'est celui-ci: à la rue Boël et à l'avenue des Champs, il y a des emprises à faire qui, tôt ou tard, devront s'exécuter; elles représentent une somme assez élevée. Si nous ajoutons à cela le produit de la vente éventuelle de l'ancienne Maison communale et les subsides qu'on peut équitablement espérer, nous voyons qu'il faut déduire du coût total au moins une somme de 50 à 60000 francs. Nos lecteurs avoueront que, pour 40 à 50000 francs on ne pouvait faire une meilleure acquisition: il n'existe peut-être pas en Belgique, un Hôtel de Ville placé dans une situation aussi belle; ajoutons, ce qui n'est pas négligeable, que les services communaux y sont installés dans des conditions parfaites, qu'il était impossible de réaliser dans les infectes locaux - le mot n'est pas trop fort - de la place Communale.

 

Il est à remarquer que le nouvel immeuble est en excellent état de conservation et d'entretien et que tous les visiteurs se montrent très admirâtifs des magnifiques conditions, dans lequel il se trouve.

 

Mais il y un point de vue bien plus important et qu'il faut envisager sans parti pris, car de lui dépend la vie ou la mort de Houdeng-Aimeries.

 

Avant la construction du canal du Centre, la population de Houdeng-Aimeries était égale, si pas supérieure, à celle de Houdeng-Goegnies. Elle lui est, aujourd'hui, inférieure de plus de 1500 habitants. Pourquoi?

 

Parce qu'on n'a pas su, en temps opportun développer des quartiers à bâtir, de façon à compenser la disparition des maisons, dont l'expropriation avait dû être faite pour le canal.

 

On avait prévu, il y a 30 ans, sur le champ du Calvaire, de nouvelles artères; mais le projet en resta là, à part l'amorce de la rue Arthur Putsage; actuellement, malgré les difficultés de l'heure, le projet est repris et l'érection du nouvel Hôtel de Ville va permettre de lui donner un développement impossible précédemment: à quelque chose, malheur est bon!

 

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