06/10/2008

Des visiteurs ponctuels.

La Louvière - Mercredi 17 juin 1931.

 

Ce sont les singes qui, chaque année, dès le samedi de la kermesse, viennent provoquer les mêmes rassemblements de badauds autour de l'orgue de Barbarie - ô combien! - sur lequel ils font valoir leurs talents de simulateurs mélomanes. Avec une sérénité amusante, ils se coiffent de leur képi à plumes, tels des musiciens très bien cotés, et ils tournent une manière de moulin à café, raclent un simili violon, ou battent des cymbales, tandis que la mécanique moud inlassablement "J'ai rêvé que j'habitais dans ton coeur", "Guillaume Tell" ou "Le Régiment de Sambre-et-Meuse". Et tous les cent mètres, la scène recommence, les chers petits singes n'ayant que le temps du parcours pour gratter leurs puces.

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02/10/2008

La gaieté wallonne au temps jadis.

Mardi 16 septembre 1930.

 

"DUCASSE D 'HAMIA. ERMOUILLAGES DE FAUCHELLES ".

 

Emportées par le vent balayeur des bonnes vieilles choses du passé, nos gracieuses fêtes champêtres disparaissent toutes, l'une après l'autre. La génération actuelle les trouve trop vulgaires, elle les dédaigne même! Ne faut-il pas à nos guindés, à tous nos collets montés des distractions dernier cri? Ces fêtes rustiques, ces ducasses d'"hamia" exhalaient cependant des parfums autres que ceux que l'on respire dans les dancings et cinémas! Colorées d'azur et de soleil, elles traduisaient aussi les beautés de la vie à la campagne. Il est un fait, c'est qu'on s'amusait infiniment mieux, il y a cinquante ans, que de nos jours, parce que, dans l'organisation des fêtes la tradition populaire apportait plus de simplicité. C'était de la gaieté jaillissant du coeur, source de toutes les vérités; le caractère de la race s'affirmait, la jovialité wallonne, prise sur le vif, éclatait en rires sonores sur les faces largement épanouies. Esquissons alors rapidement comment cela se passait: d'abord, on n'avait guère recours à de grands frais de publicité. Le garde-champêtre ou le crieur public se contentaient, après les offices du dimanche, d'annoncer aux habitants les divertissements qui se donnaient dans la commune. En fait de spectacles forains, aucun, si ce n'est la boutique d'un marchand de caramels et de sucreries diverses. Pas de phalange musicale ni de société de gymnastique qui coûtent les yeux de la tête en frais de réception. On se contentait de faire la toilette du hameau; les haies tondues, fossés curés, gazons enlevés, chemins ratissés, balayés pour être ensuite recouverts de sciure de bois, de sable ou de, jonchées de fleurs. Des fausses portes, de larges guirlandes fleuries étaient suspendues en travers des chemins. Tout subissait un rajeunissement et un embellissement général: maisons passées à la chaux, portes et châssis repeints. Des parents venus de loin sont arrivés; la soupe est plus grasse dans tous les ménages. Ici, on a tué le cochon, là de la volaille, des lapins. Partout, on "godaille" ferme, c'est "le repos au sein de l'abondance" pour rappeler la sentence du physiologiste français Baudement. Après s'être empifré de victuailles et de boissons, on allait voir, l'après-midi, les jeux divers: courses aux sacs, aux grenouilles, mât de cocagne, jeu de bottines, de cuvelle, etc. La marmaille s'en donnait à coeur joie. On riait aux larmes, les quolibets et les lazzis fusant à l'adresse des malchanceux. Dans les cours des cabarets, les quilles dégringolaient avec fracas. A l'intérieur, dans le brouhaha des voix qui se croisent et les nuages de fumée de tabac, les hommes plus âgés, rajeunis de vingt ans, jouaient aux cartes. Sur les tables, de vigoureux coups de poing s'abattaient, soulignant la chute des atouts. Auprès du comptoir ou assis autour des tables, les paysans lampaient pintes sur pintes de fortes bières blondes et écumantes ou sirotaient force verres de vieux "péket". 0 liberté chérie d'antan! quand nous reviendras-tu? Dire, qu'aujourd'hui, nous sommes condamnés à ingurgiter des toxiques et des breuvages de sorcières! Vers le soir s'amenaient ici un joueur d'accordéon; plus loin, un violoneux, mauvais crincrin, frottant dur, il est vrai, mais n'amenant pas moins une forte détente de ressorts dans les jarrets de nos ruraux. Il fallait voir les polkas endiablées, les valses plates étourdissantes! Nos danses modernes alanguissantes, nos plus savants fox-trots ne sont que de la petite bière auprès des ébats chorégraphiques de nos ancêtres. Au repos, on allait prendre un verre au cabaret voisin et écouter un chanteur qui, juché sur une table, s'égosillait à un répertoire emprunté au beuglant de la ville. On s'en payait ainsi une tranche jusqu'à l'aube et cela avec un entrain endiablé, dans une atmosphère d'intimité, de bien-être et de joie unanime. Voilà, comment, il y a cinquante ans, les bonnes gens du temps passé, s'amusaient. Ah! la vie large, l'existence plantureuse, les plaisirs, tout cela n'est presque plus qu'un souvenir. La vie trop lourde, trop compliquée d'aujourd'hui ne se prête plus guère à ces réjouissances délicieuses qui demandaient de la bonne humeur et de la naïveté surtout. Camille d'HENRIPONT.

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06/09/2008

Un geste.

La Louvière - Mardi 21 Juin 1927.

 

Il y avait, dimanche matin, à La Louvière, deux démonstrations d'ordres d'ailleurs bien différents. D'abord, la traditionnelle procession. Puis la parade des socialistes en faveur de la limitation à six mois du temps de service. Vers onze heures et demie, la procession débouchait de la rue du Parc et remontait la rue Hamoir pour, par la rue du Temple, rentrer à l'église. Dans le fond de la rue Hamoir, l'on voyait arriver le cortège socialiste surmonté d'une forêt de drapeaux rouges. Allait-on voir, dans la large rue Hamoir, côte à côte, défiler les deux cortèges? C'eût été de mauvais goût. Et ce ne fut pas. Les conducteurs du cortège socialiste firent faire halte à leurs troupes en attendant que la manifestation religieuse ait laissé la voie libre. Nous avons trouvé cela très bien. Et dans ce journal, où l'on n'est pas suspect de tendresse pour les socialistes, nous décernons bien volontiers un bon point désintéressé à ceux qui stationnèrent hier dans le fond de la rue Hamoir...

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04/09/2008

Et les singes?

La Louvière - Mercredi 15 juin 1927.

 

On n'en a point vu, les premiers jours de la ducasse, à La Louvière... Que nos lecteurs ne s'y trompent point: nous ne songeons pas, pour le moment, à faire de l'ironie au détriment de qui que ce soit.

 

Depuis des temps immémoriaux, l'on voit défiler dans nos rues, dès le dimanche matin, une famille de singes, laquelle, perchée sur une estrade ambulante, se livrait à des exercices variés: "Portez, armes!"; "Présentez, armes!". Puis nos frères inférieurs - qu'on dit - jouaient de la musique, tournaient de la manivelle, se livraient a mille cabrioles plus divertissantes les unes que les autres. Et cela faisait l'amusement pour les petits et aussi pour les grands.

 

C'est dommage que les singes ne soient pas revenus. Peut-être sont-ils, eux aussi, les victimes de la situation économique. Les voyages ne coûtent-ils pas les yeux de la tête... Ils étaient devenus infiniment sympathiques, ces singes-là! Et ils apportaient, dans nos rues, les jours de ducasse, une note tout à fait pittoresque...

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08/06/2008

La complainte du ballon.

La Louvière - Jeudi 15 août 1907. Par un beau jour à La LouvièreOn vit s'élever un ballonTout rondMonté par Monsieur Scutenaire Puis des chauffeurs à l'air sévèrePour rattraper le beau ballonTout rondVite à fond de train s'élancèrent Malgré tout l'art qu'ils déployèrentPour se ficher d'eux, le ballonTout rondAux Awirs seul'ment toucha terre Et ce jour-là à La LouvièreOn ne revit plus le ballonTout rondNi les chauffeurs, ni Scutenaire Un mois après à La LouvièreOn vit encore un beau balIonBien longA la forme cigarière Son allure était bien plus fière
Devant, en effet, le ballon
Bien long
Faire un voyage circulaire
 A bord on embarqua le maire
Pour acter ce que le ballon
Bien long
Avec son moteur allait faire
 Prouvant sa volonté altière
Il ne revint pas, le ballon
Bien long
De Pont-à-Celles à La Louvière
 Et les craintes ne se calmèrent
Que lorsqu'on vit, sans le ballon
Bien long
Le fils de Sylvain Guyaux père
A La Louvière

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06/06/2008

Le dirigeable.

La Louvière - Lundi-Mardi 12-13 août 1907. 

Si le temps est calme, avait-on dit, l’on pourra procéder à des expériences de dirigeabilité. Or, le temps était on ne peut plus favorable et le ballon d'hier est parti avec le vent, tout comme le plus vulgaire des ballons sphériques.

 Le public a été désillusionné. Nous aussi, d'ailleurs. Nous avions cru, jusqu'au moment du départ, pouvoir assister aux évolutions de 1 'aérostat. Notre bonne foi a été surprise, de même, croyons-nous, que celle des membres du Comité organisateur. 

Le ballon s'est élevé majestueusement à 6 heures précises, emportant, outre le pilote, le sympathique bourgmestre de La Louvière,  M. Sylvain Guyaux. L'aérostat a, suivant l’expression consacrée, atterri dans d'heureuses conditions à Pont-à-Celles. Vers huit heures, deux automobiles, conduites par M. M.Deladrière et Plasman, qui avaient suivi le ballon, ramenaient tout le monde à La Louvière.

 On évalue à 40.000 personnes la foule qui se pressait hier dans les rues de La Louvière. Rarement, l'on y avait vu public aussi extraordinaire. A la gare de La Louvière, l'on a recueilli 2.140 billets de voyageurs venant de la ligne de Mons, 2140 de la ligne de Manage et 1030 de la ligne de Haine-St-Pierre, soit 5950. 

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Le dirigeable s'élève à proximité du clocher de l'église. - Pendant les opérations du gonflement, l'Harmonie du Hocquet, dirigée par  M. Philippe Colin, a donné un charmant concert.- L'Harmonie royale de Châtelet a donné place des Martyrs un très beau concert. Une foule d'amateurs de musique a vigoureusement applaudi l'exécution des différents morceaux du programme.

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04/06/2008

La ballon dirigeable.

La Louvière - Samedi 10 août 1907. 

C’est aujourd’hui que les aéronautes parisiens arrivent à La Louvière, les préparatifs pour la fête de dimanche étant assez longs. Place Maugrétout, on travaille activement à établir des barricades. 

M. Adolphe D'Hainaut, le dévoué président du Comité des fêtes, nous prie de protester contre les bruits malveillants que certaines personnes font courir, on ne sait trop dans quel but; elles vont racontant que la fête de dimanche n'est qu'une blague.

Or, il est certain que nous aurons un ballon dirigeable à La Louvière dimanche prochain et que des expériences de dirigeabilité seront faites si le temps est calme.

Nous tenons de source sûre qu'il y a actuellement 7000 coupons retenus à Bruxelles pour dimanche prochain, à destination de La Louvière.

- Dimanche, à partir de 9 heures du matin, l’enceinte sera accessible au public moyennant un droit d'entrée de un franc.
- Le Comité prie les habitants de pavoiser.
- Rappelons que l'on peut se procurer, aux bureaux des Nou­velles, au prix de cinq centimes, des cartes reproduisant le cliché du ballon.

- Un garage de bicyclettes sera établi pour la journée de dimanche prochain, chez M. Mathieu Delfant, rue du Gymnase.

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 Publicité pour la grande fête aérostatique de 1907. 

Aérostation. 

On sait que la direction des ballons, de l’aéroplanisme et les divers problèmes d'aérostation, sont plus que jamais à l’ordre du jour.

Jamais les expériences ne se sont multipliées avec autant d'intensité que pendant ces dernières années et chaque jour, pour ainsi dire, on voit surgir un problème nouveau ou se réaliser un nouveau progrès.
 

La France semble se distinguer particulièrement dans cette lutte pour la conquête de l'air et son exemple stimule vigoureusement le zèle des autres grandes nations d'Europe. 

Voici que  M. Karl Jatho, de Hanovre, se prépare à expérimenter un appareil de son invention à la construction duquel il travaille depuis douze années. C'est une machine volante basée sur le principe du "plus lourd que l'air". 

Cette machine se compose de six voiles: une horizontale qui sert de base, une autre horizontale qui fait office de gouvernail, deux verticales fixes et deux autres verticales servant également de gouvernail. Ces voiles sont montées sur la nacelle et l’apparei1 comprend en plus une hélice. 

Un moteur de 12 chevaux actionne la machine qui est maintenue en équilibre par la voile horizontale de l'ensemble du gouvernail, qui permet en même temps à la machine de monter, de descendre, de filer de l’avant ou de reculer. La direction est assurée par les deux voiles verticales du gouvernail, lesquelles servent également pour les virages de côté. 

Un seul voyageur peut prendre place dans l’appareil, devant le moteur. Cinq roues disposées sur les côtés de la machine et pouvant basculer d'avant en arrière supportent l’ensemble de l’appareil. La voile horizontale de la base a reçu des proportions suffisantes pour pouvoir éventuellement servir au parachute, dans le cas où le moteur ne fonctionnerait pas. 

L'inventeur de cette nouvelle machine à voler compte commencer ses expériences dans quelques jours et il espère fermement pouvoir s'élever à dix ou douze mètres du sol et imprimer à l’appareil une vitesse de 70 kilomètres à l’heure.

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