26/10/2008

Le développement de La Louvière.

La Louvière - Vendredi 10 juillet 1937.

 

A l'origine de La Louvière, des maisons de commerce en tous genres, tels Michel Thiery, Randour, Rousseau, Moutier, s'établissaient à la Chaussée. Sans rechercher la chronologie exacte de tous ces établissements, en fixant les dates des années, ce qui, en somme, est inutile ici, puisqu'ils sont antérieurs a la séparation de Saint-Vaast, et qu'un thème, développant et commentant les évènements, vaut mieux que des chiffres arides, nous avons suffisamment démontré que la situation politique et économique du hameau de La Louvière, avec ses tenants, Hocquet, Longtain, Baume, Bouvy et Mitant des Campa, et leurs nombreux habitants militait pour la séparation et l'autonomie administrative. Cependant, l'Administration communale de Saint-Vaast avait fait tout son possible pour satisfaire aux besoins religieux et intellectuels des populations de La Louvière, en construisant une église dès 1851-52, place des Martyrs, et deux classes d'écoles rue du Curé, l'église et les écoles du village étant trop loin, ainsi qu'un cimetière, près de Bouvy. A cette époque, lorsqu'il y avait un enterrement, on posait le cercueil sur un chariot de ferme à quatre chevaux, couvert de paille. La famille et les assistants y prenaient place pour aller à l'église du village. Mais cela ne suffit pas pour arrêter les partisans, avec Mairaux, de la séparation, de la scission totale, et ce fut la guerre acharnée entre les partisans de l'intégrité et de l'unité de Saint-Vaast et les séparatistes autonomistes du parti de Mairaux. (Il n'y a rien de nouveau sous le soleil...). Les vieux de Saint-Vaast faisaient à Mairaux un crime de sa trahison des intérêts communaux, et avec les gens de Baume, qui, tout en admettant la nécessité de la séparation, voulaient que le centre de la future commune fut vers Baume, et de ce fait reprochaient à Mairaux son plan d'agrandissement, qu'ils imputaient à son désir de vendre les terrains de sa famille, hérités de Nicolas Thiriar. La réalisation de ce plan, c'est La Louvière d'aujourd'hui; il fut conçu et tracé après décret royal de 1866. Donc, sans attendre la séparation, Mairaux, bourgmestre de Saint-Vaast, faisait construire, dès 1867, l'église et les écoles actuelles, et limitait la place Maugrétout; ensuite, une nouvelle Maison communale. Les maisons vinrent après, car, longtemps, le rue du Commerce, (Albert 1er), le rue de la Loi, le boulevard, la place Communale, les rues de la Concorde, de Kéramis et de Belle-Vue restèrent vides, bordées de terres et de prairies; et les rues Neuve (Joseph Wauters) et Ferrer actuelles restèrent longtemps avant d'être creusées à travers les terres. La vieille église fut démolie en 1875 par J-B. Grapin qui, avec les briques, construisit les maisons de la rue du Marché. Quant à la vieille "Since Mattée", elle ne disparut qu'en 1878 et est remplacée par l'Hôtel du Commerce et les maisons voisines. Comme Rome, La Louvière ne fut pas bâtie en un jour; mais puisque, comme Rome, La Louvière a une louve dans son blason héraldique, on peut admettre aussi qu'elle eut son Romulus et son Rémus en Thiriar et Mairaux. Ce fut principalement autour de la vieille église que les rues et les maisons se développèrent; la place des Martyrs, la rue du Curé, du Travail, la place Sainte-Barber se bordèrent de maisons ouvrières construites par les Charbonnages de La Louvière. Rue Kéramis et rue de la Poste actuelle,  M. Boch avait construit le quartier des Allemands. Il fonda aussi l ' Ecole des Soeurs, rue de Bouvy. Pendant ce temps-là, la question de la séparation et des limites se discutait au Conseil provincial; la séparation fut décidée et approuvée en 1867, mais ce ne fut qu'en août 1869 que fut admise par le Sénat et approuvée par le Roi, l'érection de La Louvière en commune autonome; mais Amand Mairaux était mort à la tâche en février. 

La vie d'Amand Mairaux fut une vie de lutte, non seulement pour cette question de séparation, mais aussi sur le terrain des idées politiques; ardent libéral, il professait les idées des libéraux de 1789 et de 1830, de Voltaire, de Rousseau, dont les oeuvres composaient sa bibliothèque; et comme, à cette époque les partis, à La Louvière, étaient déjà classés, les luttes étaient parfois ardentes entre les hommes aussi, nonobstant le fait que les électeurs étaient peu nombreux. Il y avait donc aussi des catholiques militants, parmi lesquels on peut citer le notaire Coppée, le docteur Pourbaix, Fagnart, qui étaient, sur le terrain des partis, adversaires de Mairaux, ainsi que M. le Curé.

C'est ainsi que ce dernier avant fait un jour un sermon contre la danse et les bals, Mairaux - avait-il lu le pamphlet de Paul-Louis Courrier sur le "Droit de danser"? - publia un manifeste y répondant et autorisant les bals publics;  M. le Curé y répondit encore et, inspiré plus par l'esprit sectaire et fanatique, que par celui de la charité chrétienne, il appela sur Mairaux et sa famille la malédiction divine. C'était le désespoir et la douleur de Mme Mairaux, qui vit mourir d'abord ses jeunes enfants, son mari, puis son fils Emile, à 25 ans. Fatalité! (Ce manifeste a été placé récemment à l'exposition du Tourisme, à La Louvière). Pour terminer, disons encore que les partis avaient déjà aussi leur Société de musique: les catholiques, les Fanfares de Sars-Longchamps, dont le local était au Cron Pie, place des Martyrs; les libéraux, l'Harmonie - l'actuelle Harmonie Libérale - chez Mainil, en face; et les Fanfares de Kéramis, à la Faïencerie. Depuis lors, La Louvière n'a fait que grandir et prospérer dans tous les domaines, selon son destin. Si Napoléon n'avait pas fait le canal, et si le chemin de fer, au lieu de Mons, avait pris sa direction vers Binche, Saint-Vaast n'aurait pas été sacrifié.  PAUL CONREUR.

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19/08/2008

La Louvière for ever.

La Louvière - Vendredi 23 avril 1926.

 

 

"Le gouvernement belge a exprimé à l'ambassade d'Italie à Bruxelles ses regrets au sujet de la manifestation à laquelle un groupe de jeunes gens s'est livrée, à La Louvière, à l'adresse du chef du gouvernement d'une nation amie."

 

(Agence Belga) Décidément, notre patelin va être connu du monde entier et son nom va avoir un retentissement, peut-être considérable, sur la politique internationale et signaler La Louvière jusqu'aux confins de la Patagonie et du Pôle Nord. Notre cité existe depuis un peu plus de 50 ans; elle a pris, dès ses débuts, un développement considérable et sa population, avant la guerre, avait déjà atteint un taux plus élevé que celle d'autres localités bien plus anciennes. Sous la direction d'une administration libérale, sage et pondérée, La Louvière s'agrandissait normalement et avait surmonté, sans trop de mal, les terribles évènements de 1914-1918, n'ayant d'autre célébrité et d'autres "monuments" que son Carnaval de la Laetare, sa hideuse passerelle et sa gare non moins néfaste. Mais les hasards de la politique vinrent bientôt bouleverser cet heureux état de choses: une majorité socialiste fit la conquête de l'Hôtel de Ville et ce fut bientôt le règne des extrémistes, qui se crurent les maîtres de la rue. Et nous eûmes la glorification du Boche Sassenbach, les insultes au drapeau national, les agressions contre les invalides de guerre, sans compter d'autres petits incidents électoraux. On se souvient des conséquences qu'eurent les premiers évènements sur la politique intérieure: la participation du ministre Anseele à la manifestation du fusil brisé entraîna une énergique intervention de  M. Devèze, ministre de la Défense nationale, intervention qui amena la démission des ministres socialistes et la dislocation du ministère tripartite. Tout cela n'intéressait que les Belges; mais les incidents, qui se sont produits dimanche à La Louvière, ont une importance bien plus grande. Les socialistes, afin de remonter le moral de leurs troupes, avaient jugé bon, pour masquer la désertion des effectifs syndicaux, d'organiser une manifestation contre le fascisme. Nul n'ignore que le fascisme n'existe que dans l'esprit de certains hurluberlus rouges et qu'il n'y a aucun groupement de ce genre, particulièrement dans le Centre, où l'on ne trouvera aucune chemise noire, au sens symbolique. La manifestation fut quelconque et ne différait guère des cortèges de ce genre que par un nombre beaucoup plus restreint de participants; on y entendit aussi les harangues habituelles, vides et creuses, ayant surtout pour but un bourrage de crânes soigné. On y promena un mannequin, représentant le Premier italien et auquel, pour rappeler certain attentat récent, on appliqua un pansement sur le nez. Après les excitations des orateurs, quelques écervelés mirent le feu à l'effigie de Mussolini et le correspondant du "Peuple", très réjoui de l'affaire, n'eut rien de plus pressé que de vanter la chose dans le numéro de lundi de son journal ! Malheureusement, ce méfait ne plut pas à l'ambassade d'Italie et, probablement, une plainte fut déposée; elle motiva une enquête, tant administrative que judiciaire: celle-ci aura très certainement des suites fâcheuses pour les quelques égarés qui ont commis cet acte hautement répréhensible. Mais les vrais coupables resteront impunis: ceux qui, depuis des semaines, sèment la haine vis-à-vis de  M. Mussolini, se laveront les mains et continueront à propager leurs théories de violence et de discorde, au risque de brouiller notre pays avec une nation amie et de forcer le ministre socialiste des Affaires étrangères à une démarche aussi humiliante que celle qu'il a dû faire vis-à-vis du représentant italien. I1 y a aussi une autre responsabilité à mettre en évidence: celle de notre premier magistrat communal qui, prisonnier des éléments extrémistes et par pur électoralisme, n'a pas eu l'énergie voulue pour donner à sa police les instructions nécessaires. Comme lors de la visite de l'indésirable. Sassenbach et la flétrissure du drapeau national, comme lors de la conférence Despret, notre maïeur n'a pu s'affranchir de l'esprit de parti et prendre les mesures d'ordre indispensables. En agissant ainsi, il a manqué gravement aux devoirs de sa mission et il a contribué à enlever à La Louvière son bon renom d'hospitalité; en agissant ainsi, il a montré qu'il n'avait nul souci des obligations de sa haute charge et il a compromis les intérêts les plus sacrés de tous ses concitoyens: ceux-ci s'en souviendront!

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10/07/2008

La Louvière autrefois.

La Louvière - Lundi 14 avril 1919. Puisqu'on vient de fêter, dans les colonnes des "Nouvelles", le demi-siècle d'existence de La Louvière, c'est le moment semble-t-il, de conter des histoires du passé. 

En 1865, les divorces étaient assez rares à la campagne; il n'y en avait jamais eu à Saint-Vaast, notre berceau. Le premier se produisit en août 1865 et provoqua maints commérages.

 La cérémonie comportait certaines formalités que rapporte un journal de l'époque... "Les deux parties intéressées -ont fait bonne contenance et paraissaient, l'une et l'autre, désireuses d'en finir le plus tôt possible. Après lecture faite des pièces assez nombreuses que nécessite cet acte civil, le magistrat avait prononcé la dissolution du mariage, on a quitté la salle sans forfanterie et sans émotion..". Et comme, à cette époque, la Maison communale était installée à l'étage d'un cabaret, tout le monde se retrouva au comptoir: les ex-époux, leurs avocats, les témoins.

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08/07/2008

Un anniversaire historique.

La Louvière - Vendredi 11 avril 1919.

 

Il y a aujourd'hui cinquante ans - le 11 avril 1869 - que fut promulguée la loi érigeant La Louvière, un des hameaux de l'antique village de Saint-Vaast, en commune. Cette loi avait été votée par la Chambre des représentants le 27 février 1869 et adoptée par le Sénat le 13 mars suivant. Rendons hommage avant tout, à M. Amand Mairaux, homme aux conceptions larges et généreuses, dont l'intelligence et le dévouement aux intérêts de la commune ont contribué si puissamment et si efficacement au développement et à la prospérité de la nouvelle commune. Ce fut lui le vrai créateur de La Louvière. C'est lui qui conçut le plan des travaux d'agrandissement à exécuter dans le hameau désert qui devait, plus tard, s'intituler "La Capitale du Centre". On sait que Mairaux est mort subitement, en siégeant au Conseil de milice à Soignies, le 26 février 1869, la veille précisément du jour où la législature consacrait son oeuvre. Quelles furent les origines de la séparation de La Louvière d'avec Saint-Vaast? On pense généralement que la première, avide de liberté et d'indépendance, a demandé elle-même le morcellement de la commune de Saint-Vaast. C'est une erreur, le divorce fut prononcé à la demande des habitants du vieux Saint-Vaast mêmes. 

En 1830, le hameau dit de La Louvière ne comprenait qu'une vingtaine d'habitants, quatre maisons et une ferme, la ferme Mathée (là où se trouve actuellement l'hôtel Pourtois). Ces quelques habitations étaient échelonnées le long de la route de Soignies à Mariemont, où se trouvent également les installations du charbonnage de La Louvière, fusionné plus tard avec celui de Sars-Longchamps. En 1839, les embranchements de La Louvière et de La Croyère, du canal de Charleroi à Bruxelles furent livrés à la circulation.

 

Onze ans plus tard, en 1850, la construction du chemin de fer de Mons à Manage, avec gare à La Louvière, fournit des moyens de communications rapides avec l'étranger. Ces facilités de transport amenèrent la création d'établissements industriels et, en 1865, nous comptions onze établissements industriels, qui occupaient environ quatre mille ouvriers. Une statistique établie à l'époque nous révèle que les établissements Evrard à La Croyère avaient un effectif de 450 ouvriers, les Hauts-Fourneaux Cambier 285, les Laminoirs Boucquéau 180, Nicaise et Delcuve 290, Boch Frères 300, Daubresse Frères 100, Houtart et Cie 80, les verreries Saint-Laurent 150, Charles Nicaise 40, les charbonnages de Sars-Longchamps 1000 et ceux de La Louvière 1000.

 

Le développement de l'industrie s'accrut dans des proportions telles que l'édilité communale, à la tête de laquelle se trouvait  M. Mairaux, fut amenée à examiner les moyens propres à loger tout ce' monde de travailleurs qui affluaient dans nos murs. De là naquit l'idée de l'agrandissement du hameau et le dépôt du projet qui fut approuvé par arrêté royal du 22 août 1866.

 

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Le chemin de fer de Mons à Manage - La gare de La Louvière (lithographie de Canelle) Ce projet provoqua une vive effervescence parmi les habitants de Saint-Vaast et de Baume. La désunion était dans le ménage. Baume et Saint-Vaast, sous l'influence d'instigateurs mus par un sot amour de clocher, ou par une rivalité mesquine, élevèrent une tempête d'opposition. Ils se réunirent pour demander une séparation de corps et de biens avec La Louvière, non pour incompatibilité d'humeur, mais parce que cette soeur cadette avait la prétention d'être prévoyante, et qu'elle voulait donner aux nombreux membres de sa famille, les moyens de se créer une demeure, et d'y prospérer. La loi vint consacrer cette séparation de fait. En réalité, Saint-Vaast, section exclusivement agricole, voyait d'un mauvais oeil les dépenses que les projets d'agrandissement conçus au profit exclusif de La Louvière, occasionneraient. Les habitants de la commune mère estimaient qu'ils ne devaient pas équitablement y participer. A cette époque - 1869 - Saint-Vaast comptait 1055 habitants, La Louvière 7075. La première avait 210 feux, la seconde 1436. La somme des contributions payées à l'Etat s'élevait à 43000 francs. Le vieux Saint-Vaast y contribuait pour 5500 francs et La Louvière pour 37500 francs. Un détail intéressant à noter: la commune mère comptait 35 électeurs communaux; la jeune cité en avait 189. La séance d'installation du premier Conseil communal eut lieu le 20 novembre 1869, à la suite des élections du 12 octobre précédent. Voici la composition de ce conseil: Nicaise Charles, De Burges Eugène, Duby Désiré, Van Praet Jean-François, Guyaux Sylvain, Lecat Léon, Nocquet Victor, Fagnart. Alfred, Botte Nestor, Derbaix Théophile et Triffet Alexandre. Nous sommes heureux de posséder encore un de ces concitoyens en la personne de  M. Triffet, que nous saluons et que nous félicitons pour son éternelle verdeur. Ce Conseil et ceux qui suivirent eurent à coeur de continuer l'oeuvre ébauchée par le regretté  M. Mairaux. Malgré de vives oppositions, ils parvinrent à doter La Louvière de belles et larges rues, de vastes places publiques et de bâtiments communaux en rapport avec les nécessités du moment. Rappelons que les plans d'agrandissement de la commune et de la plupart des monuments ont été dressés par les architectes Cluysenaer et Beyaert, de Bruxelles, et Hubert, de Mons. Que de chemin parcouru en ces cinquante années d'existence! Que d'améliorations apportées dans tous les domaines! Pavage des rues et des trottoirs, construction d'un vaste réseau d'égouts, établissement de la distribution d'eau, etc. Ce n'est pas sans raison que La Louvière a reçu et continue à justifier le titre de "Capitale du Centre".

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01/10/2007

Histoire de Houdeng-Goegnies: toponymie

Houdeng-Goegnies - Samedi 8 août 1936.

 

Un peu de toponymie est indispensable pour compléter la notice touristique d'une localité.

 

Qu'est-ce donc que la toponymie; (de topos: lieu et nymie: nom). C'est la science qui a pour but d'établir avec précision les noms des lieux.

 

La topologie les décrit: (de logos: discours).

 

La topographie en dresse les plans avec le relief et tous les détails qui les constituent.

 

Hâtons-nous de dire qu'il n'existe pas à Houdeng-Goegnies de lieux atteints par la topophobie, c'est-à-dire des carrefours, des coins écartés qui auraient été hantés par les esprits mauvais autrefois: cela fait honneur à la population, c'est une preuve de ce qu'elle n'est pas superstitieuse.

 

Comment commencer la toponymie?

 

Par l'altitude la plus élevée, 138, ou la plus basse, 60?

 

Les noms varient suivant l'altitude, la présence d'un cours d'eau, la nature du sol, les productions, le mode de limite: haie, bornes, fossés; l'industrie, depuis un siècle a donné des appellations à pas mal de hameaux: dans nos cités industrielles à développement rapide, des rues, des quartiers nouveaux ont surgi, et ont été baptisés du nom de leurs initiateurs.

 

Le principe de l'altitude, a souvent dominé des noms de lieu, tant de hameaux ont comme terminaison le mot: mont. A Houdeng-Goegnies, il en existe un seul: Scailmont.

 

Lorsque le Rieu Baron coulait à ciel ouvert, la côte montant vers la ferme de M.Bertaux était fort raide et coupée de bancs schisteux: c'était une gripagne, de grimper, gripette.

 

Les sentiers (aujourd'hui chemins) montant de la Barette vers les deux villages s'appelaient les gripagnes.

 

Le même phénomène se présentait au Cripiau, à l'endroit où la colline déferlait dans un profond ravin où jaillissait la source du Thiriau du Luc.

 

Et cinq cents mètres plus loin, sur la hauteur, au sommet de la dorsale des bassins de la Sennette et du Thiriau du Sart, au point culminant de la crête, était installée la ferme dite de la Hardée, parce que son accès était ardu, difficile pour les piétons comme pour les véhicules.

Cette ferme fut occupée pendant plus d'un siècle par la famille Bacq, originaire de Laon, dont plusieurs descendants participèrent activement à l'administration de la communauté; elle fut achetée, démolie et reconstruite en moderne, par feu M.Boch, de La Louvière.


03013_THIRIAU_DU_LUC_ET_LA_~2Le Thiriau du Luc.

Les deux rivières les plus importantes sont le Thiriau du Luc et le Thiriau du Sart, eaux qui coulent entre les "thyr", de tertrum, qui a donné le mot wallon "tierne", par l'introduction de la voyelle "i" après la première consonne, comme herbe a donné hierbe; tête, tiète; bête, biète; ver, vier

 

Entre ces deux cours d'eau, un autre, d'ordre secondaire, a pris place: le Rieu Baron ou Ry Baron, ruisseau qui coule dans des terrains fangeux ; il est actuellement couvert sur tout son parcours: mesure d'hygiène excellente. Sa vallée se prêtait autrefois admirablement à la culture du houblon.

 

Et maintenant, marchons vers le point bas, la côte du niveau 60, appelée la Barette, qui repose sur cinq villages: les deux Houdeng, La Louvière, Saint-Vaast et Trivières.

 

Vue du hameau de Saint-Nicolas, le fond de la vallée a la forme d'une barette, cette ancienne coiffure de nos aïeux.

 

Le hameau de Saint-Nicolas tire son nom d'une antique chapelle, entourée d'arbres de haute futaie, aujourd'hui démolie; citons comme petits sanctuaires disséminés dans la commune, la chapelle Sainte-Barbe, à proximité du Croquet; Sainte-Biaise, non loin de la place Albert 1er, Sainte-Anne et Saint-Donat, encastrées dans la première maison de ce nom; Saint-Pierre au Trieu-à-Vallée, et, du Xlle au XVIe siècles, la chapelle Notre-Dame du Sart, détruite par les troupes de Louis XIV et rebâtie au milieu du bois, sur Houdeng-Aimeries.

 

Quittons Saint-Nicolas et descendons vers la Salle.

 

A l'emplacement du canal du Centre, s'érigeait autrefois le manoir des Sires de Goegnies, bâti à côté de celui qui avait abrité primitivement le chef franc installé après les Romains; la maison du maître, chez les Francs, s'appelait le Sale, Saal ou Zaal, du néerlandais; les derniers vestiges du Zaal de Goegnies, dans la vallée du Rieu Baron, étaient dénommées restes du château des Sarrazins.

 

La ferme du château était située près de l'église. Elle fut démolie en 1889.

 

Tout à côté, se trouve la fontaine où les habitants s'alimentaient en eau potable: elle se déversait dans le Rieu Baron et elle fut contaminée par la proximité du cimetière.

 

La famille Haye eut le privilège d'occuper longtemps la ferme de la Salle.

 

Le Rieu Baron coulait à partir de cet endroit dans un ravin très encaissé; à gauche de la colline, assez raide et cambrée, se dénommait le Cambry ou Croquet; à droite, au sommet de la crête, le coron de Là-Haut.

 

Entre le coron de Là-Haut et l'église, se trouvaient les prés de la cure, apanage de l'ancien presbytère; un des sentiers qui les traversaient était dénommé sentier des Soupirs.

 

Revenons au Saint-Nicolas: un second chemin nous conduit au Scailmont, établi sur une colline schisteuse, qui se débitait en grosses ardoises, appelées, en roman, scailles.

 

On y trouve l'ancienne ferme de ce nom, occupée aujourd'hui par M. Emile Bertaux; elle fut bâtie en 1750, mais les prairies avaient été transformées en verger dès 1664, par les abbés de Saint-Denis.

 

Elle fut longtemps le fief d'une branche de la famille Delattre; les trois derniers occupants sont morts sans postérité; le nom de l'aînée, Séraphine, est souvent cité dans l'obituaire de l'église paroissiale; le cadet était surnommé le Philosophe; leur grande générosité leur valut la reconnaissance du peuple, qui a dénommé le hameau: "Coron Delattre".

 

Lors de la disette de 1815, les mineurs se rendant au travail pouvaient obtenir gratuitement à la ferme de Scailmont, du pain et du saindoux.

 

Mais nous voilà à la Couturelle. On appelait autrefois Couture les terrains consacrés à la grande culture.

 

Les champs situés entre l'ancienne mairie du Trieu, d'une part et des secs prés, d'autre part, ont donc été les premiers cultivés, mais ils ne constituaient qu'une couture relativement peu étendue, d'où le diminutif Couturelle.

 

Cette interprétation est d'autant plus vraisemblable qu'à côté se trouvait le Trieu, c'est-à-dire les prés communaux avec Wez (petit étang) où chacun avait le droit de conduire paître son bétail; plus loin c'était le Trieu valloné, Trieu-à-Vallée, avec son wez, et le Trieu Pauquet; ce dernier mot devait être le nom du personnage qui l'essarta le premier. Un droit de regain existait au profit des habitants sur les secs prés situés à la lisière du bois Lyon. On y voyait une saulnaie qui a provoqué l'appellation du chemin du Gros Saule, l'un de ces arbres ayant été le témoin d'un suicide particulièrement dramatique.

 

Deux hameaux, le Pain Blanc et le Lait-Beurré, sont ainsi dénommés du chef d'une rente en nature, due dans les temps anciens, soit à la table des pauvres, soit au seigneur, soit au desservant de la paroisse.

 

La Commission d'Assistance publique, avant, Bureau de Bienfaisance, se dénommait au XVIIle siècle, Table des Pauvres.

 

Quittons les prés banneaux pour nous entretenir des Sarts.

 

Houdeng-Goegnies possède le Sart et le Sartiau. Sart provient de essarter et de sartage; essarter, c'est défricher, débarrasser des herbes, broussailles et arbustes un terrain resté en friches. Le sartage est un défrichement partiel suivi d'une culture.

 

Le Sart (dénommé autrefois le Sart sous le Roeulx, pour le distinguer de Sars-Longchamps) occupe une place célèbre dans l'histoire locale. On y voit encore une partie du logis des gens de peine qui entourait la cour d'honneur de l'ancien château des Sires du Sart; les caves sont intéressantes. 

 

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L'ancienne seigneurie du Sart.

 

Le donjon a été récemment décapité, son propriétaire s'étant refusé à le restaurer, c'est grand dommage.

 

Cette vénérable construction faisait revivre tant de souvenirs glorieux et charitables!

 

Des fouilles pratiquées entre ces vestiges et la ferme occupée par M. Léon Tilmanne, donnerait certainement des résultats intéressants.

 

Houdeng-Goegnies a aussi un autre lieu, dit Sartiau, partie comprise entre le chemin du Gros Saule et le Bois de Besonrieux, provenant du défrichement du bois Lyon, ancienne propriété de Lyon, seigneur de Goegnies.

 

Entre le bois de Besonrieux, appelé aussi bois de La louvière, la Haie du Roeulx et le bois Lyon, il existait une avenue, partant de la Muchotte, appelée Frète à Leus.

 

Les loups s'y retenaient en grand nombre autrefois. C'étaient les ennemis du berger et du chasseur.

 

On les détruisit au moyen de louvières, petites caves maçonnées, dans lesquelles on attirait le fauve au moyen d'un appât fixé à une trappe qui se refermait sur l'animal; en outre, au Moyen-Age, lorsque les armes à feu n'étaient pas encore inventées, on leur faisait la chasse au moyen de la bersée.

 

Voilà la description que le renommé et fécond Jules Monoyer donne de la bersée:

Le berseur (le chasseur), armé de l'arc et de l'épieu, se tenait en une loge étroite où il conservait le libre usage de ses bras.

 

La loge haute des trois quarts de hauteur d'hommes, était fermée de palissades solidement fichées dans le sol, de manière à résister aux assauts du loup.

C'est de ce mot bersée que provient l'expression de tir à l'arc au berceau.

 

Des primes étaient allouées aux habitants qui parvenaient à tuer un loup ou des louveteaux.

 

Et nous voilà dans la région des bois.

 

L'Houpette, ancien bois défriché et mis en culture par les seigneurs du Sart.

 

Le bois de la Chaffennerie, disparu, remarquable par son copieux affleurement de schistes houillers.

 

Le bois Notre-Dame, à l'orée duquel on extrayait la houille au XlVe siècle; le ponceau construit à proximité, sur le Thiriau, est encore dénommé pont des Charbonniers.

 

Le bois des Raves, vendu en 1274 par les Seigneurs des Rêves, près de Nivelles, aux abbés de Bonne-Espérance, en partie rais en culture et dans lequel les habitants ont le droit d'usage.

 

Le bois des Soeurs, propriété des hospices Saint-Jacques, au Roeulx.

 

Le bois de la Hutte et le bois Lyon, mis en culture, le bois de Besonrieux (ou de La Louvière), avec son tumulus et ses vestiges de villa romaine.

 

La haie du Roeulx.

 

Celle-ci doit retenir particulièrement notre attention.

 

Qu'entendait-on par haie, autrefois?

 

Autrefois, au Moyen Age, et avant, c'était un bois peu profond, formant limite.

 

Depuis, les limites ont été fixées par des bornes, des fossés ou des haies vives.

 

La haie du Roeulx partait de Fayt jusqu'aux confins de Gottignies; à Goegnies, elle présentait, en lisière, le chemin des bois et était clôturée par une haie en charmes.

 

Lors du défrichement et de la mise en culture, le terrain fut vendu. Mais le chemin était tombé dans le domaine public; l'acheteur possédait donc l'assiette du bois, plus celle de la haie de clôture, dont il entretenait les souches.

 

Des conflits surgirent et finalement, la bande de terrain d'un mètre de largeur, emplacement de la haie, fut cédée à la commune, à condition de l'incorporer dans la voirie.

 

Un autre lieu demande une explication: la Maladrée. Si les Croisades ont eu pour nos populations des résultats importants sous le rapport économique et politique, il n'en fut pas de même en ce qui concerne l'hygiène.

 

Les croisés nous rapportèrent la lèpre qui trouva un champ d'action propice dans la misère et la malpropreté moyenâgeuse.

 

Cette maladie contagieuse fit de grands ravages en Europe; elle fut énergiquement combattue. On imposait au lépreux ou ladre une tenue spéciale en tissu gris; il devait annoncer sa présence par le bruit de cliquottes (espèces de castagnettes). Souvent, on les séquestrait dans des corons déterminés appelés: maladreries.

 

Il en existait à Roeulx, Estinnes, Naast et Goegnies.

 

Nous avons omis intentionnellement de citer tantôt la rue de la Ronce.

 

La Ronce était l'appellation donnée à un café, lieu de repos, situé à l'intersection des rues du Trieu-à-Vallée et des Brasseurs.

 

Le lieu dit la Ronse, la Ronge en wallon, figure sur un plan annexé à la grosse du procès soutenu, de 1763 à 1767, par les abbés d'Aulne et les exploitants du charbonnage de La Louvière, d'une part, et la marquise de Lede et les exploitants des puits de Maugrétout, d'autre part.

 

On passait par la Ronce pour se rendre de Roeulx à Mariemont et l'on suivait le chemin dit des Couturelles ou chemin n° 7 qui conduisait quasi en ligne droite au placard du Hocquet.

 

Et, enfin, il y a la rue Dardry.

 

Bien des recherches ont été faites pour en découvrir l'origine.

 

Dans la pantographie des biens de la cure de Goegnies, dressée au XVIIIe siècle, sous la domination autrichienne, on voit, à plusieurs reprises, au chapitre des recettes, le poste: location du D'ardry pour un prix dérisoire; on a dit aussi la ruelle de l'Ardry.

 

Le Rieu Baron n'avait plus de lit à cet endroit; ses eaux s'étendaient sur les prés et faisaient de ceux-ci un terrain fangeux donnant une herbe de qualité médiocre.

 

L'on voit dans ce nom les mots aarde et rij: rij, diminutif de rieu, ruisseau, et aarde, terrain; le dardry était un terrain régulièrement inondé par le Rieu Baron.

 

Les mots d'origine franque se rencontrent assez souvent dans les lieux dits: zaal, dans la salle; hoog, dans Hocquet; il est donc vraisemblable de voir "aarda" (terrain) dans le d'ardry.

 

L'industrie a donné naissance aux rues de la Chaudronnerie, de la Corderie, des Brasseurs, du Moulin; il y a le sentier du Moulin, partant de la chaussée, à côté de la propriété de M. Lemercier, ainsi dénommé parce que c'était à cet endroit qu'avait été bâti le premier moulin à farine, mû par la vapeur, de la région du Centre.

 

La ruelle du Marchand de Noir, souvenir d'une fabrique de noir animal.

 

Des noms célèbres ont été attribués:

 

A la rue Léopold II, en souvenir de l'inauguration de l'Ascenseur n° 1, le 4 juin 1888, par ce grand Souverain.

 

La place Albert 1er, pour glorifier notre Roi-Chevalier.

 

La rue Léon Houtart, qui rappelle l'ancien député et échevin, dont la serviabilité était proverbiale.

 

Lors de l'épidémie de choléra, en 1866, il prit courageusement et énergiquement la direction du comité de secours, et se créa un titre sérieux à la reconnaissance publique.

 

Son fils, Paul Houtart, fut le bon et dévoué bourgmestre, dont le nom fut ajouté à celui de la Chaussée.

 

Le nom de feu le sénateur Gustave Boël fut donné à une rue, en hommage d'une donation aux pauvres.

 

La rue Joseph Wauters commémore l'actif et intelligent ministre de l'Industrie et du Travail, dont les initiatives d'ordre social furent considérables.

 

Des fermes anciennes ont amené les rues de Scailmont, Salasse, du Sart, la cour Rinchon, dont le fermier avait le titre de vicomte.

 

Les établissements publics ont donné naissance aux quartiers de la Station, de l'Ascenseur, de l'Abattoir, aux rues de la Poste, des Ecoles, de l'Eglise, du Nouveau Canal, du Cimetière, du Tir.

 

Le Culot signifie coin écarté.

 

Il y a la rue des Clercs, où se trouvait autrefois l'habitation du clerc laïc, et la maison de l'école où il donnait l'enseignement, Fondation Dubois.

 

Nombre de ruelles ont reçu le nom de leurs premiers occupants, ou du domaine auquel elles donnaient accès, telles: ruelles Houtart, Wauquez, qui va du Culot au Scailmont, ruelle Debauque, où feu M. Nicolas Debauque, devenu par la suite instituteur communal avait créé une école avec demi-pension, ruelle Hautier, ruelle Ergot, ruelle Burgeon, ruelle de la Cure, ruelle Fagnart, devenue ruelle du Peuple, impasse Marbaix, impasses Stekke, Marcoux, Dupont, sentier Sainte-Barbe, sentier de l'Houpette, sentier des Charbonnages, sentier Notre-Dame, sentier Bostem, sentier du Couvreur, sentier des Bois d'Houdeng.

 

Citons dans le bois de Besonrieux le sentier du Moulin, qui conduisait au Moulin de Bois-d'Haine, et à la limite, le long de la Sennette, le sentier des Prés à Joncs, dont la renommée grivoise était souvent évoquée.

 

Des rues portent le nom de personnes qui les ont ouvertes : rue Brichant, rue Deburges, rue Wache.

 

D'autres rappellent des faits historiques, rues de la Maladrée, de l'Alliance, Ferrer, rue des Deux-Communes, dont l'assiette appartenait autrefois aux Deux-Houdeng.

 

Telle est succinctement présentée, la toponymie locale.


19:30 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toponymie, seigneurie |  Facebook |

24/09/2007

Histoire de Houdeng-Goegnies: synthèse.

Houdeng-Goegnies - Samedi 8 août 1936.

 

Le cadre synthétique de cette notice comprend: l'aspect de la commune, la chaussée, la rue Léon Houtart et la place Communale, la rue des Trieux avec sa fête séculaire, le canal du Centre, l'Ascenseur, le Bois du Sart et la fameuse Ducasse du Bos.

 

Le nom primitif de la localité était Goegnies; dans le langage populaire, on dit toujours Goegnère et jamais Houdeng-Goegnies.

 

C'est un très ancien bourg. Il était habité avant Jules César à preuve le tumulus existant dans le bois de Besonrieux. Et sous la domination romaine une villa avec tous ses accessoires y était installée; on en a mis les vestiges à jour en 1890 et 1891, grâce à la généreuse intervention de feu M. Warocqué.

 

L'origine de Goegnies est très aisée à établir; Goe, ou Goeins est le nom du chef franc qui se sera installé dans la villa romaine locale; la terminaison gnies implique l'idée de possession.

 

Par contre, Houdeng-Aimeries, s'appelle communément Houdez. Une dissertation s'impose.

 

Avant 1441, les pouvoirs du seigneur d'Houdeng ne s'étendaient pas sur la totalité du territoire de cette commune; celui-ci présentait une enclave, propriété des seigneurs du Roeulx, placée sous la juridiction du bailly de Goegnies.

 

Cette enclave s'appelait Houdeng-Goegnies, et était absolument étrangère au territoire de Goegnies, qui était appelé Goegnies-lez-Houdeng, depuis 1300, pour le distinguer de Goegnies-lez-Bavay.

 

Or, le 26 juillet 1441, la terre d'Houdeng, avec ses fiefs de Saint-Vaast, Mignault et Haine-Saint-Paul, fut vendue avec l'enclave précitée à Messire Nicolas Rollin, possesseur de la terre d'Aimeries, en France; il fut convenu que la seigneurie d'Houdeng, avec l'enclave d'Houdeng-Goegnies réunies, se dénommerait dorénavant Houdeng-Aimeries.

 

Le sceau communal utilisé sous la domination hollandaise porte la mention Gaugnies-lez-Houdeng.

 

Ce n'est qu'après 1830 que la dénomination d'Houdeng-Gosgnies fut définitivement consacrée.

 

Au moyen-âge, le fief de Goegnies, la mairie du Trieu et la Seigneurie du Sart faisaient partie de la terre du Roeulx. Ils comprenaient les trois quarts de l'étendue de la commune actuelle; ils étaient placés sous la haute autorité des seigneurs du Roeulx.

 

Ils rentrèrent dans le domaine du comté du Hainaut de 1337 à 1432 et Jacqueline de Bavière, d'accord avec le duc Philippe le Bon, en fit donation à la célèbre famille de Croy, qui le conserva jusqu'en 1796.

 

La commune d'Houdeng-Goegnies, d'une contenance de 888 hectares et d'une population de 9.000 habitants, appartient, pour la presque totalité de son territoire, au bassin hydrographique du Thiriau, divisé entre le Thiriau-du-Luc (mitoyen avec La Louvière) et son affluent, le Rieu Baron (aujourd'hui voûté) et le Thiriau du Sart; à son extrémité, vers Besonrieux se trouve une des sources de la Sennette.

 

Son niveau varie de la cote 60 à la Barette, à la cote 138, non loin de Besonrieux.

 

L'agglomération s'est fixée au sud du chemin de fer du Roeulx.

 

L'artère la plus importante est sans contredit la chaussée Paul Houtart, large de 20 mètres au moins, aux trottoirs pavés, reflétant un aspect de propreté, de symétrie qui frappe agréablement l'étranger dès son arrivée.

 

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La chaussée Paul Houtart.

 

Sur presque toute sa longueur, s'alignent des maisons de commerce où règne une activité débordante. Signalons cependant le château de Mme Defévrimont, oeuvre du célèbre architecte Poelaert, la brasserie Dequenne et Ronneau, plus que séculaire, les bâtiments de la succursale de la Banque Générale du Centre du Comptoir du Centre, les installations importantes du Progrès de Jolimont, l'importante société de consommation dont les locaux abritent en même temps les oeuvres sociales et politiques du parti socialiste; le Cercle Horticole avec son joli parc, la monumentale école des filles.

 

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Le château Defévrimont.

 

Au carrefour, près du café-restaurant Gambrinus, nous nous dirigeons à gauche dans la rue Léon Houtart. Avant d'arriver à la Grand'place, à gauche se trouve une maison bien ancienne et des plus intéressante. En façade, elle constitue l'unique vestige de l'architecture de la région du Centre au XVIIe siècle. La façade en a été crépie il y a quelques quarante ans. C'est dommage, un travail de restauration aurait mieux valu, car il aurait conservé à ce vénérable bâtiment son aspect primitif qui était certainement des plus jolis.

 

Quoi qu'il en soit, il importe d'en assurer la conservation et son classement dans les immeubles anciens protégés par la Commission royale des monuments s'impose.

 

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Le Cercle Horticole.

 

La place Albert 1er a un cachet de grande ville par son heureux aménagement dû à l'architecte Paul Dubail, de Morlanwelz, par sa jolie plantation, les constructions qui l'entourent et le beau monument érigé à la mémoire des soldats et déportés morts pour la Patrie.

 

Parmi celles-ci, citons le groupe Ouest, qui comprend presbytère, l'église  paroissiale,  bâtiments communaux, Maison Libérale et l'habitation faisant coin en face de Maison des Oeuvres.

  

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La place Albert 1er en 1925 avec l'église et la Maison libérale. 

 

L'église paroissiale a été conçue par l'architecte Eugène Bodson, de Saint-Ghislain et réalisée sous sa surveillance.

 

Derrière, on voit les écoles libres, pour filles, celles des garçons se trouvant rue Saint-Donat.

 

La Maison Libérale, construite en 1908, est plantée sur l'emplacement de l'ancienne église, dont la tour datait de 1522.

 

L'Eglise actuelle constitue un bel édifice, néo-gothique de dimensions moyennes (50 m. sur 20) et pouvant contenir huit cents à neuf cents personnes.

 

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La place Albert 1er avec son monument. 

 

Il est de style ogival primaire à trois nefs, avec clair étage et faux transept; la tour est située en façade et forme portail. Le choeur est surbaissé, à pans coupés. Son chevet est orné de trois verrières.

 

Si de loin, l'on n'aperçoit guère de l'église que son élégante flèche octogonale, de près, on est immédiatement charmé par l'harmonie des proportions de ce monument et l'élégante parure que lui font ses soubassements, les bandeaux et ses corniches de pierre taillée, qui tranchent si agréablement sur le rouge des briques.

 

La tour flanquée de tourelles symétriques et surmontée de sa belle flèche, avec son portail, sa grande verrière et ses abat-sons, est d'un effet ornemental puissant.

Le portail abrite deux tables de pierre d'excellent style, portant gravés les noms des soldats et déportés morts pour la patrie.

 

A l'intérieur de l'édifice, on est frappé par la majesté souveraine de ce long vaisseau que baigne à toute heure du jour une lumière abondante et discrète qui semble venir de partout.

 

De splendides colonnes cylindriques à chapiteaux octogonaux en pierre bleue taillée et bouchardée, soutiennent un clair étage à colonnettes engagées et à fenêtres gélessées, et lui font une nef centrale vraiment remarquable.

 

Une décoration très sobre qui se borne à accuser les lignes architecturales, laisse croire que la pierre d'Euville a fait tous les frais des murailles, des pilastres et aussi des voûtes à nervures.

 

Si l'ensemble est remarquable, chaque détail du mobilier est digne d'attention.

 

L'église n'a conservé comme pièces anciennes que les fonts baptismaux, très intéressants pour les archéologues.

 

Tout le reste du mobilier est de facture récente, mais forme un ensemble très homogène et d'une rare pureté de style.

 

Au Sud de la place Albert 1er, s'ouvre la rue de l'Abattoir, d'une propreté remarquable; elle est le siège de l'Abattoir communal, établissement prospère, qui rend à l'alimentation publique d'inappréciables services.

  

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La place Albert 1er vers la rue de l'Abattoir.

 

La rue Léon Houtart se continue vers Houdeng-Aimeries, laissant à droite le château de M. Léon Ghilain-Descamps et de M. Le notaire Demaret-Ghilain, oeuvre de feu l'architecte Hubert, de Binche (le même qui dessina la façade de l'Hôtel de ville de La Louvière), et à gauche, ceux de feu Hypolite Michel, Emile Tellier, et de M. le docteur Biset, ce dernier d'une très belle conception, bâti par feu Abel Detrau.

 

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Le château Ghilain-Descamps.

 

Non loin de la place de l'Eglise, en descendant vers la rue de la Salle, se trouvait autrefois, sur les rives du Rieu Baron, le manoir de la Salle, château des seigneurs féodaux de Goegnies, bâti dans les parages de la première habitation du chef franc, installé au lendemain de la domination romaine.

 

Les vestiges de celle-ci ont disparu; Ils consistaient en quelques pieds de murs bâtis, en pierre de grès, situés dans le fond de l'ancienne prairie de la Salle, à l'emplacement de l'école actuelle du quartier.

 

La mémoire populaire désignait ces rudiments de ruines comme les restes du château des Sarazins.

 

Les derniers bâtiments de l'ancienne seigneurie furent démolis, lors de la construction du canal du Centre.

 

Le mot "sala" désignait, chez les Francs, le château, ou mieux la forteresse bâtie ou donnée à un chef en récompense de ses succès militaires.

 

Le château de Valenciennes et celui de Binche s'appelaient la salle du Comte.

 

Beaucoup de maisons disposent actuellement d'un salon, c'est-à-dire la pièce principale utilisée dans les grandes circonstances seulement: l'origine de cette appellation provient de l'appellation franque prérappelée.

 

Mais hâtons-nous de remonter vers le Nord, et d'arriver à la rue des Trieux, large, bien pavée, bien aérée, bien ensoleillée.

 

Le Trieu doit son origine aux prés banaux qui s'y trouvaient aux siècles passés.

 

Les habitants y conduisaient paître leur bétail; une partie était réservée à la fenaison et la récolte du regain était exempte de toute taxe et constituait pour les manants un revenu précieux,

 

Le Trieu présentait comme bâtiments importants: la mairie installée à front de la place actuelle et démolie vers 1890, et la ferme qui existe toujours et sur laquelle l'Abbaye de Saint-Denis avait le droit de grande dîme.

 

Le fief du Trieu dépendait de la Seigneurie et de la Puissance, village de Bâchant, près d'Avesnes (France). Et c'est là qu'il faut découvrir la rivalité qui existe toujours entre les deux places: celle du Trieu et celle de Goegnies. Cette dernière relevait de la maison du Roeulx, c'était la place du Bailli; la population qui l'entourait avait des allures plus aristocratiques.

 

Au Trieu, au contraire, les habitants étaient plus libres, plus indépendants, parce que plus éloignés du seigneur.

 

Houdeng-Goegnies compte trois fêtes communales: celle de Goegnies, du deuxième dimanche d'août, celle du Trieu, du deuxième dimanche de septembre; la "ducasse du Bos", des jours de Pâques.

 

La fête de Goegnies correspond à la Saint-Géry, patron de la paroisse. C'était celle du Seigneur. Elle se célèbre sur la place Albert 1er.

 

La fête du Trieu est la plus importante. Elle se célébrait autrefois le deuxième mardi de septembre, hormis le troisième si le second devait être celui de la fête de la Vierge. Au commencement du 19e siècle, elle se célébra le deuxième dimanche de septembre et le mardi suivant. Depuis 1850, on y a ajouté le lundi.

 

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La Place du Trieu.

 

Un conflit surgit au 17e siècle entre les chefs de feu allant à la fosse et ceux qui restaient fidèles à la culture, au sujet de la répartition des regains (woyens) qui étaient leur apanage en suite d'un ancien privilège octroyé par la comtesse Richilde de Hainaut. Il fut tranché par la décision des Etats du Hainaut, ordonnant la mise en vente publique de ces regains, le deuxième mardi de septembre. Les manants de Goegnies recevaient donc, ce jour-là, un peu d'argent, les marchands et les forains s'amenaient; et c'est là l'origine de cette fête, restée l'une des plus populaires et des plus importantes de la région du Centre.

 

Le Trieu présentait autrefois une grosse ferme dite "de la mairie du Trieu". L'une de ses caves avait servi de local au tribunal de l'Inquisition sous la domination espagnole: on a retrouvé les vestiges de ce tribunal lors de la démolition.

 

Ce hameau fut donc le théâtre de faits et d'actes qui ont gravé bien des souvenirs dans la mémoire populaire.

 

Pendant nombre d'années, le mardi de la fête était resté célèbre par la variété de ses jeux: mâts de Cocagne, jeu de bouteilles, de cuvelles et autres et, le soir, tous les jeux se mêlaient et l'on achevait la fête au milieu de danses et de chants de tous genres.

 

Cette expression (jeux remêlés) "d'jeux r'mêlés" rencontre encore son application le dernier jour des fêtes municipales dans beaucoup de nos villages.

 

Quoi qu'il en soit, le mardi de la fête du Trieu est particulièrement consacré à l'exposition des produits des jardins et aussi de la danse. Un bal traditionnel, où les dames engagent les cavaliers, commence à midi, jusque minuit.

 

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 1900 - Bal champêtre au Trieu.

 

 

Après la première partie du bal, des groupes nombreux portent la ducasse dans les divers hameaux, où l'on danse au son des violes et des accordéons.

 

Autrefois, les organisateurs de la fête du Trieu allaient le mercredi après-midi porter la ducasse à Baume. Un groupe de jeunes personnes partait, musique en tête, jusqu'en face de la ferme Mathée (actuellement Galeries Nationales, Café Liégeois et toute la rangée jusque la rue du Temple) au coeur de La Louvière.

 

La jeunesse de Baume s'y amenait : on allumait deux feux de joie et, après quelques farandoles, les Baumois s'en retournaient chez eux avec la ducasse, tandis que les Houdinois rentraient heureux du devoir accompli et satisfaits d'avoir bien fêté la kermesse.

 

Cette intéressante coutume a disparu depuis bientôt cent ans. 

 

La ducasse du Bos.

 

L'antique fête du Bois s'amène le dimanche et le lundi de Pâques. "Les Nouvelles" ont donné l'origine de cette fête, dans des notes publiées la veille de la célébration de la ducasse d'avril 1936.

 

La braderie.

 

Rappelons qu'elle se célèbre aux jours de la Pentecôte, c'est la ducasse des commerçants et ils s'efforcent de la conserver toujours prospère.

 

La fête de Longueville.

 

C'est la dernière de la région, en ce sens qu'elle a lieu le troisième dimanche d'octobre.

 

C'est la ducasse aux cornues ou bouzettes, son origine date de l'époque de la construction du chemin de fer d'Ecaussinnes à Erquelinnes.

 

Deux fermiers notables s'étaient querellés, injuriés copieusement. La réconciliation ne paraissait guère possible; un des dirigeants des travaux qui logeait au café où la dispute avait pris naissance, imagina qu'un duel devait nécessairement amener la paix.

 

L'arme choisie fut le sabre.

 

Le jour, un dimanche, le 3ème d'octobre, l'heure, furent publiés par les moyens dont on disposait à cette époque. Une foule considérable accourue de tous les points du Centre, s'amena pour assister à ce spectacle sensationnel. Le duel eut lieu, mais personne ne fut blessé et les arbitres engagèrent finalement les frères ennemis à se serrer la main.

 

On perpétua cette scène héroï-comique par la célébration de la fête de la Longueville.

 

Elle fut à un certain moment très importante, très en vogue, très courue.

 

Les forains venaient s'y installer nombreux le long de la chaussée jusqu'à la Couturelle.

 

Elle existe  toujours et  les commerçants s'entendent pour qu'elle ne périclite pas.

19:15 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : chaussee, place, eglise, ducasse, chateaux, seigneurie |  Facebook |

17/09/2007

La Ducasse du Bois.

Houdeng-Goegnies - Samedi 11 avril 1936.

 

L'antique fête du Bois, s'amène le dimanche et le lundi de Pâques, donc les 12 et 13 avril 1936.

 

L'origine de cette fête du printemps, réside dans la création du sanctuaire de Notre-Dame du Bois-du-Sart.

 

La première chapelle, fondée par Gilles du Sart, en 1234, fut bâtie sur le territoire de Houdeng, comme annexe du château du Sart, dont les vestiges existent toujours à droite de la chaussée, en allant vers Roeulx, dans la vallée du Thiriau du Sart.

 

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La chapelle Notre-Dame du Bois du Sart, construite à l'emplacement de la chapelle initiale.

 

Laissons parler l'historien bien connu, feu Jules Monoyer:

 

On lit dans un cartulaire de Saint-Denis-en-Broqueroie, que Gilles fonda en 1234, en son manoir du Sart, une chapellerie pour le repos de son âme et celle de ses prédécesseurs, avec le consentement du curé d'Houdeng. L'évêque de Cambrai, Gaydon, en ratifia la fondation en 1244.

 

Le chapelain devait lire la messe, tous les jours de l'année, sauf aux grandes fêtes de Noël, Pâques et de Pentecôte. Il jouissait, à ce titre, d'un bénéfice consistant en une maison à Houdeng, un bonnier de bois, la moitié du terrage de Mignault, quarante sols en argent par an sur cens de Houdeng, bonnier de terre acquis de Simon d'Houdeng, chevalier; enfin, une partie de terre à la Tombelle, proche du village, un muid de blé, un muid d'avoine. Le dit chapelain avait à charge le chantre et le luminaire.

 

L'acte de fondation portait que si, à la suite des temps, le Sart devenait désert, les biens de la chapellerie seraient distribués aux pauvres par les soins des abbés de Saint-Denis d'Aine (Gozée) et de Saint-Feuillen (Roeulx).

 

Le château du Sart disparut, détruit sans aucun doute lors des guerres qui suivirent le règne de Charles-Quint: seule la ferme perdura jusque vers 1840.

 

La ferme du Sart fut occupée longtemps par la famille Bacq.

 

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Le pigeonnier, ancienne seigneurie du Sart.

 

Au décès de Pierre-Joseph Bacq, son neveu, Pierre-Joseph Scoumanne, né à Strépy le 10 janvier 1747,- époux de Marie-Claire Renchon, lui succéda.

 

Sa fille Marie-Claire Scoumanne, épousa Pierre-Désiré Bricourt, qui devint titulaire de la ferme: il eut comme successeur son fils Guillaume-Frédéric Bricourt, né le 1er mai 1815.

 

La grange et le corps de bâtiment furent démolis peu après le décès de Marie-Claire Scoumanne, survenu le 9 avril 1836.

 

Guillaume-Frédéric Bricourt fit construire une ferme modèle le long de la Chaussée, près du passage à niveau; cette ferme devint, en 1893, la Brasserie des Ouvriers et le siège des oeuvres catholiques; elle est actuellement englobée dans la "Verrerie du Centre", industrie active dont les bâtiments longent le Canal du Centre, qui mène à l'ascenseur.

 

La chapelle du Sart, fondée en 1234, disparut vers l'an 1600. Elle était bâtie derrière le château proprement dit.

 

Il reste le donjon d'entrée, aujourd'hui décapité, malheureusement, et des annexes transformées en maisons d'habitation.

 

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Le Pigeonnier, après sa "décapitation".

 

Les caves sont encore intéressantes à visiter: bâties en plein cintre, elles sont hautes; on pouvait y organiser une défense efficace en cas d'attaque.

 

A partir de 1600, le bénéfice de la chapelle fut rattaché à la cure de Goegnies. L'oratoire actuel, situé sur Aimeries, à proximité du Thiriau et de la limite de Goegnies, date de cette année.

 

Le style de l'ancienne chapelle était du gothique flamboyant. Elle fut restaurée et agrandie il y a un quart de siècle. Mais le bâtiment actuel ne présente pas, dans son aspect essentiel le style inédit, très remarquable, du sanctuaire ancien. Pendant longtemps, celui-ci portait une inscription rappelant un miracle; un enfant que l'on croyait mort, fut présenté à la Vierge et revint à la vie. Cet événement donna à cette époque lointaine (1680), à la chapelle, une renommée que l'on comprend.

 

Le 25 mars, fête de l'Annonciation, fut, pendant longtemps, la journée de pèlerinage qui attira la grande foule. Aujourd'hui encore, les pèlerins s'y rendent en grand nombre. A la fin du 18e siècle, on lui substitua le lundi de Pâques. Les forains s'installèrent le long du chemin du Trieu-à-Vallée, le seul qui conduisait au Bois du Sart à cette époque. Telle est l'origine de la ducasse du Bois.

 

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La chapelle du Bois et la guingette voisine.

 

Le chemin du Trieu-à-Vallée avait autrefois la même importance qu'aujourd'hui.

 

Sur un plan figuratif dressé en mars 1767 par J. Delattre, arpenteur juré, il est cité comme route reliant le château du Roeulx à celui de Mariemont.

 

On y relève la croix plantée, à l'endroit où Pierre Beaulieu fut tué, les maisons de la Ronce, des Trieux, les fermes de La Louvière, de la Basse-Louvière et de Tout-y-Faut, le chemin des Couturelles allant en ligne droite vers le placard du Hocquet, la Closière, Maugrétout, la forêt existant entre Houdeng et La Louvière, le Charbonnage de La Louvière, le Thiriau, le chemin des Diables allant du Hocquet à Strépy.

 

Il est à noter qu'à cette époque, la chaussée de Soignies à Mariemont n'existait pas encore.

 

Le plan renseigne aussi, entre les chemins de la Tombelle et de Besonrieux Tout-Vent, la maison de Pierre-Joseph Hermant, garde des biens de Menaulu: il est à remarquer que ce coin est encore aujourd'hui le fief de la famille Hermant.

 

La fête du Bois a toujours eu et a encore la faveur populaire et elle attire chaque année, outre la foule des pèlerins, la jeunesse de toute la région du Centre, qui vient joyeusement célébrer le retour du printemps: les Ecaussinnes, Mignault, Marche, Le Roeulx y envoyant toujours de gros contingents de promeneurs.

 

Pendant bien longtemps, la Fanfare Royale de Bois-du-Luc, et plus tard les Fanfares des Deux Houdeng, vinrent donner concert le lundi de Pâques, à la limite du Bois des Soeurs, au lieu dit "Casterman", à proximité du hameau du Lait-Beurré, derrière le cimetière actuel.

 

Cette coutume, dont le côté artistique n'échappe à personne, prit fin en 1893.

 

Pendant un certain temps, en 1880, on tenta d'organiser un concert dans le Bois du Sart, près de la Chapelle, mais sans succès; la foule ne stationne pas à cette époque de l'année, elle circule dans le bois pour arriver au champ de foire, aux guinguettes, aux salles de danse.

 

La jonquille jaune croit en abondance dans cette région boisée. Le nom populaire de cette fleur est le godet. 

 

 

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La chapelle de Notre-Dame du Bois du Sart est entourée de bois où, au printemps, il fait bon cueillir les jonquilles.

 

Quand Pâques arrivent dans les premiers jours d'avril, les personnes qui viennent à la fête font la cueillette de cette fleur. Et de là est née cette expression: "Planter le godet", qui s'applique aux promenades sous bois du lundi de Pâques. Si des groupes de jeunes gens et de jeunes filles longent les sentiers tortueux de la forêt, on dit malicieusement qu'ils s'en vont "planter le godet".

 

Dès le 15 avril, le bois se parfume des senteurs pénétrantes de l'endymyon, fausse jacinthe, dit "godet bleu" ou "godet de chien". Avec l'anémone des bois et les primevères jaunes, toute cette floraison donne un cachet de vie, de gaieté, de fraîcheur, de renouveau réconfortant. On hume à pleins poumons cet air pur, vivifiant, agréablement parfumé.

 

Une chose intéressante à rappeler, c'est l'activité industrielle qui régna dans ce coin dans les siècles passés.

 

A proximité de la ligne du chemin de fer de Houdeng au Roeulx, non loin de la route de Mignault, existait autrefois un puits pour l'exploitation de la houille, dénommé "puits de la Bavière". Il ne fut guère profond, car on ne parvenait pas à assécher le bouveau, le niveau du Thiriau ne lui étant inférieur que d'une vingtaine de mètres au maximum. Néanmoins, les dirigeants de cette exploitation figurent parmi les signataires de 1750 réclamant l'établissement d'une route pavée de Soignies à Mariemont, pour faciliter la vente et le charroi de la houille.

 

Depuis bien longtemps, ce puits est abandonné; mais on voit encore les vestiges des terrils à l'entrée du bois.

 

Par analogie, il n'est pas sans intérêt de rappeler que le seigneur des Raves, en janvier 1274, a vendu à l'abbaye de Bonne-Espérance le droit d'extraire le charbon sous le Bois des Raves, voisin du Bois du Sart.

 

Détail particulier; les habitants de Houdeng-Goegnies, ont toujours conservé le droit d'usage dans cette partie de la forêt, tout comme au bois de la Muchotte et au bois de Courrières; quelques familles usent toujours avec raison de ce privilège.

 

Les deux hameaux qui encadrent la partie boisée portent des noms spéciaux: à l'Est, le Lait-Beurré; à l'Ouest, le Blanc-Pain. Ces appellations trouvent leur origine dans les redevances extraordinaires qu'ils devaient fournir aux abbés de Saint-Denis, en lait beurré et en pain blanc ou aux tables des pauvres.

 

C'est entre le hameau du Pain Blanc et le Pont du Sart que l'on a procédé, en 1928, à des sondages pour la recherche du pétrole. On n'a jamais été fixé sur les résultats obtenus. Ce qui est certain, c'est que l'on n'a jamais vu de pétrole couler par l'un des trous de sonde.


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Groupe scolaire devant la chapelle du Bois.


La ducasse du bois, en langage du terroir "el ducasse du Bos" fut chantée par feu le docteur Caffet, d'Haine-Saint-Paul, l'écrivain wallon à jamais célèbre et dont la verve de bon aloi est inoubliable.

 

Voici les couplets qu'il lui avait dédiés: 

 

LA CHANSON: "EL DUCASSE DU BOS

de feu le docteur Caffet.

 

Extrait des couplets de la revue :"Au trévi d'tout"

 

LES HOMMES :

 

Nos d'alIons à l'ducasse

Pou danser.dessus l'place

Mais d'vant ça nos dirons

Cachi n'trinche dès gambon

I s'aront des galants

Qui sont des bons effants

C'qui faut pou les coumères

C'est des hommes volontaires

 

JEF:

 

Et moi z'aussi je vais

Avec Félicité.

 

TOUS:

 

Et à l'ducasse du Bos

No dirons co

Nos dirons co

(Bis)

 

LES FEMMES:

 

D’jusqu'à ci nos d'meurinnés

Tout d'juss comme nos astinnés

Heureus'mint qu'nos avons

Deux trois gentils garçons.

Avu ieuss nos dans'rons

Avu ieuss nos boirons

Et puis, i nos r'min'ront

C'est tout c'que nos d'mandons

 

FELICITE:

 

Et moi z' aussi je vais

Avec Jef adoré.

 

TOUS:

 

A l'ducasse du Bos

Nos dirons co!

Nos dirons co!

Quand l'véra co!

 

 

La promenade dans les bois d'Houdeng est toujours extrêmement belle et variée.

 

Le bois du Sart est célèbre par sa chapelle; celui des Raves, par son origine; celui des Soeurs, propriété des Hospices Saint-Jacques du Roeulx, par la jolie école bâtie à son orée.

 

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La chapelle du Bois du Sart.

 

Et le promeneur peut, à la bonne saison, se reposer agréablement, soit au ravissant lieu dit le Bocage, propriété de M. Vital Niçoise; soit à Luna-Plage, dont le bassin de natation constitue une innovation heureuse; soit au Jardin Joyeux situé à l'entrée de la rue du Bois des Raves.

 

Le hameau est doté d'un point d'arrêt sur la ligne de Soignies à Houdeng, à Haine-Saint-Pierre, dénommé Trieu-à-Vallée, à proximité duquel se trouve le stade du Football Club Houdinois.

 

19:45 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chapelle, bois du sart, chateau, ducasse |  Facebook |