08/10/2007

Tourisme: des acenseurs du canal du Centre à la Petite Suisse.

Houdeng-Goegnies - Dimanche 9 août 1936.

 

Le canal du Centre, voie navigable à grande section, constitue un trait d'union de plus, entre le bassin de l'Escaut et celui de la Meuse.

 

Il unit ses eaux, à Mons, à celles du canal de Mons à Condé et, à Houdeng-Goegnies, à l'embranchement venant de Seneffe du canal de Charleroi à Bruxelles, aussi à grande section.

 

389HG_ASCENSEUR_NO1~1
L'ascenseur n°1 de Houdeng-Goegnies.

 

On comprend, dès lors, toute son importance, pour la région industrielle du Centre. Sa construction a été laborieuse. En effet, sa longueur est de 21 kilomètres 07 et la différence de niveau, entre le point de départ et celui d'arrivée, atteint 89 m. 457.

 

De Mons à Thieu, sur une longueur de 15 kilomètres environ, cette différence est rachetée au moyen de 4 écluses de 4 m. 20 de chute et d'une cinquième de 2 m. 26, soit en tout 23 m. 26. Mais de Thieu à Houdeng-Goegnies, sur un parcours de 6 kilomètres, la différence de niveau à racheter était de 66 m. 19. Il aurait fallu, dans ce but, établir au moins 17 écluses, sur un terrain dont le sous-sol est creusé par l'exploitation houillère, depuis des siècles, et dont la nature géologique manque en certains endroits de consistance.

 

Il ne fallait pas penser à cette solution, une des écluses se serait peut-être enfoncée à l'instar du pont de Bracquegnies, anéantissant ainsi tout le trafic du canal.

 

Une autre manière de résoudre cette grosse difficulté fut présentée par M.Genard, le savant inspecteur principal des Ponts et Chaussées.

 

Elle consistait dans la construction de quatre ascenseurs hydrauliques:

  • Le n° 1 à Houdeng-Goegnies, de 15 m. 397 de chute.
  • Le n° 2 à Houdeng-Aimeries, de 16 m. 934 de chute.
  • Le n° 3 à Strépy, de 16 m. 933 de chute.
  • Le n° 4 à Thieu de 16 m. 933 de chute.

Soit 66 m. 197 de chute.

 

Elle fut adoptée par le Gouvernement.

 

L'ascenseur n° 1 de Houdeng-Goegnies, fut exécuté de 1885 à 1888, en même temps que la mise à grande section d'une partie du canal de Charleroi à Bruxelles et de l'embranchement de Seneffe.

 

Il fut inauguré par S.M. le roi Léopold II, le 4 juin 1888. Le Roi fut reçu à la gare d'Houdeng par l'Administration communale de Houdeng-Goegnies, présidée à ce moment par le regreté M. Paul Houtart, bourgmestre.

 

Nous extrayons du cahier n° 3 des excursions de M. l'Inspecteur principal Stilmant, la description de l'ascenseur de Houdeng-Goegnies.

 

DESCRIPTION.

 

C'est une énorme balance dont les plateaux sont des bassins (sas) supportés chacun par un énorme piston. Le piston glisse dans une presse et le sas est guidé par une construction métallique, supportant à sa partie supérieure une passerelle communiquant avec le bas au moyen d'un escalier.


386HG_ASCENSEUR_NO1~2Ascenseur n° 1 - Piston soulevant le sas.

Les sas, de 43 mètres de long sur 5m.80 de large, avec portes mobiles aux extrémités, sont remplis d'eau au même niveau que le canal, c'est-à-dire 2m.70.

 

Le sas descendant contient 0,30 mètres d'eau de plus que le sas montant. Ce surplus (45x5,8x0,3) ou 74,820 kilos, sert à vaincre les frottements et à établir l'équilibre. Les pistons, de 29m.50 de hauteur sur 2m.de diamètre, ont des parois de 0,075 m. d'épaisseur. Ils pèsent chacun 20.000 kilos et plongent dans des cylindres de 2m.06 de diamètre, garnis de 0,05 m. (épr.) de frette d'acier: l'épaisseur totale égale 0,150 mètre.

 

Les corps de presse sont reliés entre eux par une canalisation sur laquelle est placée une vanne servant à établir ou à intercepter la communication. Un jeu de soupapes permet au mécanicien d'actionner l'un ou l'autre sas. L'étanchéité est parfaite, des caoutchoucs comprimés par l'appareil lui-même sont placés dans toutes les parties jointives.

 

Nous allons exposer succinctement le fonctionnement.


392HA_ASCENSEUR_NO2~1

Ascenseur n° 1 - Bateau sortant du sas, en aval.


L'eau prise dans le bief supérieur par une canalisation métallique de gros diamètre, avec une force de 1,5 atmosphère, acquise par la différence de niveau, tombe au bief inférieur sur des turbines; celles-ci actionnent deux pompes aspirantes-foulantes qui aspirent une partie de cette eau et la refoulent dans un accumulateur supportant une charge de 80 tonnes.

 

C'est l'eau, ainsi comprimée à 40 atmosphères, qui se répartit aux chambres de presse établies à l'aval, sous le canal, et à l'amont entre les deux branches de sorties des sas, et qui provoquent la levée des portes.

 

Elle peut aussi, à un moment donné, ou en cas d'accident, faire monter l'un des bacs.

 

La manoeuvre se divise en deux grandes parties:

1- La balance (montée et descente);

2- La levée et la fermeture des portes.

 

La hauteur de flottaison est la même dans le canal que dans les bassins (sas).

 

1 - LA BALANCE.

 

Le dispositif est tel que le fond du bassin arrivant en haut de sa course, est toujours 30 centimètres plus bas que celui du canal.

 

Dès lors, ce bassin prend automatiquement une surcharge de 75 tonnes consistant en une tranche d'eau de Om.30 d'épaisseur sur toute l'étendue du sas. La manoeuvre des portes terminée, ainsi que la sortie et l'entrée des bateaux, le machiniste placé dans une cabine établie, au sommet de l'appareil, ouvre la vanne centrale de communication entre les presses et le piston du bac supérieur, le plus lourd, par suite de la surcharge, refoule sous lui l'eau qui fait monter l'autre.; il est à remarquer que le bassin arrivant en bas de sa course a 0m.30 d'eau en plus que la hauteur de flottaison; or, son fond arrive au niveau du fond du canal inférieur et sa surcharge s'écoule automatiquement dans le bief inférieur lors de la manoeuvre des portes.

 

375HG_ASCENSEUR_NO1_SALLE_D~1
Ascenseur n°1: la salle des machines.

 

2.- LA LEVEE ET LA MONTEE DES PORTES - L'ENTREE ET LA SORTIE DES BATEAUX.

 

Il importait de neutraliser les pressions de l'eau sur la porte fermant le canal d'abord et sur celle fermant le bac ensuite.

 

Ainsi que nous le disions plus haut, l'étanchéité est parfaite entre les deux portes, par suite d'un joint en caoutchouc, comprimé par l'appareil lui-même.

 

On remplit le vide entre les deux portes avec de l'eau prise dans le bas, en ouvrant une ventelle, et l'on neutralise les pressions précitées.

 

Le machiniste appelle l'eau comprimée à 40 atmosphères de l'accumulateur, dans la chambre des presses et celles-ci provoquent la levée des portes, lente d'abord pour éviter les coups de bélier, plus rapide ensuite.

 

Aussitôt commence la sortie et l'entrée des bateaux. La manoeuvre demande 15 minutes au maximum.

 

Il est à remarquer que le mouvement de balance terminé, le machiniste de la cabine doit enclencher immédiatement ses fers pour permettre la manoeuvre des portes.

 

387HG_ASCENSEUR_NO1~1

Ascenseur n° 1 - Sortie du bateau., en amont. 

 

La prise de surcharge automatique est une conception qui fait le plus grand honneur au corps des Ponts et Chaussée belges.

 

En effet, dans les appareils de ce genre établis à l'étranger, la surcharge se faisait mécaniquement par le pompage de l'eau dans une rivière voisine ou dans le canal, ce qui demandait un temps considérable et donnait aux manoeuvres une durée trop longue, nuisible aux intérêts du batelier.

 

On s'extasie devant le génie de l'homme qui a élaboré le projet de cette gigantesque machine, espèce de géant de fer, marchant lentement mais avec exactitude, sans l'aide de la vapeur ou de l'électricité, rien que par l'application des principes élémentaires de physique. (Touring-Club - 1-1-1913 -V. Delattre).

 

01037_ASCENSEUR_NO1~2
Ascenseur n°1: sortie d'un bateau en amont.

 

La visite de l'ascenseur de Houdeng-Goegnies constitue un but d'excursion très intéressant et très instructif.

 

Pour s'y rendre, il est à conseiller de descendre à la gare d'Houdeng et de suivre l'embranchement du canal de Seneffe finissant au bassin de Bois-du-Luc, en face de la dite station.

 

ASCENSEUR_01~1

Ascenseur n°1 de Houdeng-Goegnies. 

 

On laisse à droite les Verreries du Centre, importante gobeleterie récemment installée, et l'on admire la fameuse grue roulante du rivage charbonnier qui charge si rapidement les bateaux.

 

A gauche, on voit les belles installations des Pavillons.

 

La visite de l'ascenseur n° 1 terminée, deux superbes promenades se présentent:

1- Celle du canal du Centre et de la commune, vers le sud.;

2- Celle de la Petite-Suisse, vers le nord-est.

 

Première promenade.

 

La promenade du canal du Centre ne manque pas de variété.

 

On pourrait croire qu'elle reflète la monotonie ordinaire d'une longue marche le long du canal.

 

Bien au contraire, après avoir traversé la chaussée de Soignies à Mariemont et le viaduc du chemin de fer de Houdeng à Erquelinnes, on aperçoit le remarquable pont sur lequel passe le chemin de fer de Bois-du-Luc; il constitue un beau spécimen de travail d'art en métallurgie.

 

353HG_PONT_DE_FER~1
Le pont de cent mètres du chemin de fer des charbonnages de Bois-du-Luc.

 

Plus loin, le pont très ordinaire du Croquet laissant à droite l’agglomération de Goegnies, d'où émerge, svelte et fière, la flèche de l'église Saint-Géry.

 

Tenant au canal, une jolie école de hameau est plantée en haut de la berge, et 50 mètres plus loin, se trouvent l'abattoir communal et l'usine frigorifique de la Corporation des Bouchers du Centre (Fabrique de glace artificielle); l'on rentre par la place Albert 1er, la rue Léon Houtart et la Chaussée, à front de laquelle se trouve la monumentale école des filles.

 

Deuxième promenade:

 

Le but à atteindre est la Petite-Suisse, endroit pittoresque situé sur Familleureux, à la limite de Houdeng-Goegnies, de La Louvière et de Bois-d'Haine.

 

C'est le rendez-vous des habitants de ces grosses localités industrielles.

 

En quittant l'ascenseur, sur la rive droite, on grimpe la passerelle pour admirer le panorama de l'industrie du Centre: les immenses Aciéries Gustave Boël, les Boulonneries de La Louvière, les Laminoirs de La Croyère, les importantes Usines Gilson, les Ateliers du Thiriau, la Chocolaterie Kwatta, la Franco-Belge, l'Usine d'Agglomération de minerais; à proximité, les vastes chantiers de la Mécaniver et de la S.A.F.E.A.; vers le sud, les vastes installation de la Brugeoise et Nicaise et Delcuve, les Verreries du Centre, les Ateliers Charlez-Gobert et Cie; plus loin, les terrils de charbonnages; ces montagnes noires jettent dans l'espace leur note sombre donnant au paysage un aspect caractéristique inédit, qui a son charme, et, bien au lointain, les crêtes de la vallée de la Sarabre et la frontière française.

 

Tout-y-Faut.

 

On longe alors la rive gauche du canal pour arriver au pont Tout-y-Faut, proche de la ferme du même nom. Celle-ci dépendait autrefois de l'Abbaye d'Aulne, qui l'a fait rebâtir telle qu'elle existe actuellement, de 1765 à 1782.

 

HG_FERME_TOUT_Y_FAUT
La ferme Tout-y-Faut.

 

Tout-y-Faut signifie tout y trompe (de fellere, tromper).

 

Effectivement, autrefois, les terres de cette ferme étaient réputées mauvaises. Un drainage, effectué il y a environ 60 ans et une culture intelligemment conduite par feu MM. Guyaux père et fils, les ont améliorées au point d'en faire les meilleures de la région.

 

Ce grand bâtiment abrita, en juin 1815, l'avant-garde belge, commandée par le colonel Delporte, qui avait pour mission de surveiller la marche française, commandée par Napoléon 1er, quelques jours avant Waterloo.

 

Le Bois de La Louvière.

 

La promenade se poursuit à travers de jolies et fertiles campagnes, limitées au nord par le Bois de La Louvière, sur Houdeng, et, à l'est, par l'agglomération de La Louvière.

 

L'on arrive au troisième pont, dit de Sartiau.

 

Ce coin sauvage est un petit Sart, un sol récemment défriché pour être soumis à la culture.

 

Le canal s'enfonce dans une vallée fortement encaissée et des plus jolies; elle présente, au fond, le chemin de halage et, à mi-côte, un passage réservé aux piétons, qui constitue un sous-bois délicieux.

 

Le quatrième pont est en vue.

 

On laisse à gauche cette partie du bois, célèbre par les fouilles qu'y pratiqua feu M. Raoul Warocqué, de 1891 à 1895.

 

Elles ont amené la découverte des vestiges de deux villas romaines; de nombreux souvenirs de cette époque lointaine y ont été rencontrés et conduits au merveilleux musée du château de Mariemont.

 

Il reste cependant une annexe curieuse; un four romain pour la cuisson des poteries; il est conservé dans un enclos fermé à clef pour éviter les déprédations de personnes qui n'en apprécient pas la valeur archéologique. Malheureusement, cet abri tombe en ruines actuellement.

 

Deux cents mètres plus bas, on voit les vestiges d'un tumulus, preuve de l'existence, en cet endroit, d'une population vivant à une date bien antérieure à l'arrivée de Jules César.

 

Le Petite Suisse.

 

Avant de nous installer dans le café de la Petite Suisse, célèbre par sa bonne table, son jambon délicieux, ses excellentes consommations, sa jolie prairie et ses jeux variés, disons quelques mots d'autres vestiges tout proches, ceux de la ferme Sartiau, fief de la seigneurie de la Puissance, célèbre aux XVe et XVIe siècles. Le bois Lyon la séparait de l'agglomération de Goegnies.

 

D'après les reliefs de 1695 et 1696, elle comprenait 12 bonniers de pâturages avec deux maisons.

 

D'autres promenades peuvent terminer avantageusement, compléter une journée d'excursion à l'ascenseur de Houdeng-Goegnies.

 

Signalons :

  • A- La visite du parc de Mariemont, de son château avec son riche musée, de l'Ecole provinciale d'Horticulture et de Petit Elevage, avec ses serres remarquables.
  • B- Celle du splendide domaine de M. Guinotte, à Bellecourt, merveilleux en juin, juillet et août.
  • C- Celle du parc rustique des princes de Croy, au Roeulx, dont la pièce d'eau, oeuvre du célèbre Lenôtre, est vraiment remarquable.
  • D- Celle de la ville de Binche, avec ses vieux remparts et ses monuments anciens.
  • E- Celle des quatre ascenseurs et des installations de l'Etincelle, fondées sous les auspices des riches Charbonnages de Maurage; l'on va s'incliner devant le prestigieux monument érigé à la mémoire de Sa Majesté la Reine Astrid. F- Enfin, celle des communes de La Louvière, des Haine et des Houdeng, avec une visite aux oeuvres magnifiques du Charbonnage de Bois-du-Luc.

 

19:30 Écrit par La Petite Louve dans Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ascenseurs, canal du centre |  Facebook |

26/02/2007

L'ascensuer n°2.

Houdeng-Aimeries - Vendredi 31 octobre 1913.

 

Passant par la rue Liébin, sur le pont fixe, par une de ces belles journées ensoleillées, dont nous sommes encore gratifiés en cette fin d'octobre, on peut voir se refléter dans la profondeur des eaux la silhouette élégante de l'Ascenseur n° 2 nouvellement peint. C'est que depuis huit jours, les eaux ont été remises une dernière fois dans la partie du canal comprise entre l'église et l'ascenseur, et le moindre suintement n'a été signalé. Notre commune est donc enfin traversée par le canal, un vrai canal cette fois, puisque l'eau y atteint une hauteur de 2m.50. A quand le premier bateau atteignant l'ascenseur n° 2?

 

376HA_ASCENSEUR_NO2~1

L'ascenseur n°2 vu du bief supérieur.

18:00 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ascenseurs |  Facebook |

25/02/2007

L'achèvement du canal.

Houdeng-Aimeries - Mardi 4 juillet 1911.

 

Le canal du Centre, que l'on va enfin achever, sera sans contredit le plus remarquable de tous nos canaux.

 

Par ses grands travaux d'art, par ses ascenseurs hydrauliques notamment, les premiers construits en Belgique, en d'aussi gigantesques proportions, le canal du Centre méritera réellement d'être visité par les curieux et par les ingénieurs belges et étrangers désireux d'étudier de près les grandes oeuvres modernes.

 

Certes, au point de vue tracé, il eût été à désirer que le canal du Centre, subit quelques modifications qui auraient fait éviter les mécomptes que l'on a éprouvés, mais de pareilles erreurs se rencontrent assez fréquemment dans le creusement des voies d'eau artificielles.

 

Le canal du Centre, proprement dit, part de Mons, traverse les communes de Nimy, Obourg, Ville-sur-Haine, Thieu où se trouve le premier ascenseur, Strépy-Bracquegnies, qui possède le second, Houdeng-Aimeries qui possède le troisième, Houdeng-Goegnies où se trouve le dernier élévateur, et enfin La Louvière, où le canal vient aboutir aux embranchements de Seneffe à Houdeng, et à La Louvière du canal de Charleroi à Bruxelles.

 

Le canal comprend quatre sections:

 

·          la première section va de Mons à Ville-sur-Haine, soit environ 18 kilomètres de parcours. Elle fut entreprise le 20 mai 1882 par les entrepreneurs Decaux, Poiry et Simon, pour la somme de 4 millions 639.000 francs.

 

·          la seconde section s'étend sur près d'un kilomètre de Ville-sur-Haine à Thieu. Elle fut adjugée en mai 1888 à M. Ruelens, d'Héverlé, pour 548.900 francs, soit un rabais de 133.000 francs par rapport au devis estimatif.

 

Ces deux sections suivent la vallée de la Haine, en pente relativement faible, et se rachètent par des écluses de 23m.26 de différence de niveau. Sur cette partie, qui a une longueur de 12.921m. 03, il est établi six écluses: l'une a une chute de 2ra.26, les cinq autres ont des chutes de 4m. 20. Ces deux sections sont complètement terminées et livrées à la navigation.

 

·          la troisième section va de Thieu à Houdeng-Aimeries, soit une longueur de 4 km.81m.58. Elle fut entreprise par MM. Jean Cousin et frères et a été terminée en 1893.

 

·          la quatrième section traverse l'agglomération des Deux-Houdeng, sur un parcours de 2km.238m.35. Ces travaux ont été confiés à la firme Jean Boisée, . Hubert Boisée et Emile Hargot, d'Anvers, pour la somme de 1 million 849.000 francs.

 

Il existe encore une section terminale, entièrement construite, de 874m.25, dans laquelle se trouve l'ascenseur n°l. Ce tronçon fut adjugé, le 7 mai 1885, aux entrepreneurs Mortiaux, Hanssens et Bauwens, pour la somme de 405.000 francs. A noter que cette section ne comprenait, outre le creusement du canal, que les terrassements et maçonneries nécessaires à l'établissement de l'ascenseur numéro 1, la partie métallique de ce travail d'art ayant été confiée, pour 800.000 francs, à la société John Cockerill et C°, de Seraing.

 

Sur ces dernières sections, entièrement situées dans la petite vallée du Thiriau, il y a, comme nous venons de le dire plus haut, quatre élévateurs ou ascenseurs hydrauliques ayant, les trois premiers, chacun 16m.933 de chute, et le quatrième, 15m.397. Des deux dernières sections, la troisième est terminée à l'exception des parties métalliques des ascenseurs 2, 3 et 4, et la quatrième est livrée à la navigation.

 

08018HA_ASCENSEUR_NO2~1

L'ascenseur n°2.

 

Parlons de cette partie du canal, la seule vraiment intéressante en ce moment; les assises des ascenseurs 2, 3 et 4, contrairement à ce qui a eu lieu pour le numéro 1, sont complètement en pierres bleues.

 

Les abords de l'ascenseur numéro 2 sont entourés d'énormes talus qui, par leur disposition ingénieuse, à gradins pour ainsi dire, produisent le meilleur effet et forment 'comme un immense amphithéâtre autour du futur géant de fer. C'est aux abords de cet ascenseur que commence la quatrième section.

 

Une chose frappe surtout dans la construction de ce tronçon du canal; c'est la solidité et la grande résistance qu'offrent les talus.

 

On sait qu'une des grosses difficultés que l'on a à résoudre dans le creusement d'un canal, est la consolidation des rives et le revêtemant des talus.

 

Lorsqu'on traverse des terrains meubles, la consolidation des talus est indispensable; c'est une condition essentielle à défaut de laquelle la navigation serait entravée, et peut-être même rendue impossible. Si l'on fait, de prime abord, les travaux nécessaires, des revêtements solides et de grande résistance, on est entraîné à d'énormes dépenses. Le coût du premier établissement peut être ainsi de beaucoup augmenté et le travail, par cela même, être rendu impossible à défaut de ressources nécessaires.

 

Sur le canal du Centre, la question de consolidation de talus revêt un caractère d'autant plus grave que l'on traverse, sur de grandes longueurs, des terrains houillers et calcaires sujets à des affaisements.

 

On peut donc se demander si, en adoptant des moyens de consolidation relativement faibles dans les autres sections, on n'est pas resté en deçà du strict, nécessaire, et si, par la suite, on n'aura pas des déceptions et des imprévus comme cela est arrivé dans la construction de certains grands canaux.

 

06020_PONT_ROUGE~1

Le pont du chemin de fer de l'Etat de Bruxelles à Chimay, dit "Pont Rouge".

 

Les principaux travaux d'art de la section ont consisté en la construction de six ponts.

 

Les ponts fixes de la chaussée de Bois-du-Luc et de la route de Binche, ainsi que le pont tournant de Houdeng-Aimeries, n'offrent aucun caractère particulier.

 

Les trois autres ponts, situés sur le territoire de Houdeng-Goegnies, ont nécessité beaucoup de travaux préléminaires et une dépense exceptionnelle. C'est d'abord le grand pont de la rue Scailmont qui donne passage au chemin de fer particulier des charbonnages de Bois-du-Luc.

 

Ce pont, établi à une vingtaine de mètres de hauteur, s'étend sur une longueur de 120 mètres. L'armature de cet ouvrage sort des Ateliers Nicaise et Delcuve de La Louvière.

 

Nous trouvons ensuite le grand pont du chemin de fer de l'Etat de Bruxelles à Chimay. Etabli à la même hauteur que le précédent, ce pont a nécessité une dépense d'environ 300.000 francs. Il a fallu, en effet, pour le construire, détourner provisoirement la voie ferrée et élever un remblai de vingt mètres de hauteur sur une longueur de 300 mètres environ.

 

Enfin, nous avons le pont-tournant de La Louvière, établi sur la grand'route de Soignies à Marieraont. Cet ouvrage d'art, d'une largeur respective, est doté d'une passerelle très commode pour piétons. Un ponceau de 2m.50 d'ouverture, pour le passage de la rivière détournée "Le Thiriau" est établi près du pont. La mauvaise qualité du terrain, d'ailleurs prévue, a nécessité l'emploi de plusieurs batteries de pilotis en cet endroit.

  

La partie métallique de ce dernier pont a été confiée à l’établissement Pâris, de Marchienne-au-Pont.

 

Pour terminer le canal, il reste à établir les parties métalliques des trois ascenseurs, à exécuter les travaux d'alimentation et à consolider certaines parties du canal, entreprise évaluée à environ 4millions de francs. Il faudra trois années pour faire ces travaux.

 

19:45 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ascenseurs, ponts |  Facebook |

24/02/2007

Travaux aux ascenseurs.

Houdeng-Aimeries - Jeudi 22 juillet 1909.

 

On opère en ce moment la grande toilette de l'ascenseur n° 1, à Houdeng-Goegnies. Une brigade d'ouvriers grimpés sur la gigantesque armature métallique, est occupée à peinturer et à remplacer certaines pièces usées par le...temps.

 

D'autre part, on travaille d'arrache-pied pour la fourniture des machineries et de la structure métallique nécessaires aux ascenseurs n° 2 de Houdeng et n° 3 de Bracquegnies.

 

On sait que ce sont les usines de la société anonyme Lecocq, de Hal-lez-Bruxelles,qui ont obtenu l'adjudication des armatures, et celles de Cockerill, de Seraing-lez-Liège, l'adjudication des machines force motrice. On espère que le canal du Centre pourra enfin être mis en exploitation pour 1912.

 

Quant au cuvelage de la partie du canal entre Bracquegnies et Havre-Ville, il n'en est pas question, les eaux ne se perdant pas plus dans cette partie que dans d'autres.

 

06014HA_ASCENSEUR_NO2_1930~1

L'ascenseur n°1 vers 1930.

17:45 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ascenseurs |  Facebook |

23/02/2007

Adjudication pour les ascenseurs.

Houdeng-Aimeries - Mercredi 5 mai 1909.

 

Les Ateliers de Construction de Mal ont été déclarés adjudicataires, à raison de 26,57 francs les 100 kilos, de la partie chaudronnerie des ascenseurs de Houdeng-Aimeries, Bracquegnies et Thieu.

Le devis était de 800.000 francs

 

Quatre autres firmes avaient soumissionné à des prix supérieurs.

 

La firme Cockerill, de Seraing, est officiellement chargée de la construction des machines et des appareils.

 

L'ensemble est estimé à 3.000.000 de francs.

19:30 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ascenseurs |  Facebook |

22/02/2007

Les ascenseurs.

Houdeng-Aimeries - Jeudi 20 septembre 1906.

 

Le canal du Centre, commencé le 20 mai 1882, est toujours inachevé. Le système de M. de Smet de Naeyer, qui consiste à commencer de nombreux travaux pour ensuite ne pas les achever, est cause de ce fait que les nombreux millions dépensés jusqu'ici restent improductifs.

 

Quand, à la Chambre, on en fait le reproche à notre Premier, celui-ci a répondu invariablement que les ressources manquaient, alors cependant qu'il en trouvait pour accomplir des travaux dont l'utilité était plus que douteuse.

 

Les travaux de creusement du canal du Centre furent divisés en quatre sections: la première fut adjugée aux entrepreneurs Dechaux, Poirz et Simon, pour la somme de 4.639.000 francs; la seconde à M. Ruelens, d'Héverlée, pour 548.900- francs; la troisième section fut entreprise par MM. Jean Cousin et frères, de Bruxelles, et la quatrième et dernière section fut confiée à MM. Boisée et Hargot, d'Anvers, pour 1.849.000 francs. Enfin une section qui reliait le nouveau canal à celui de Charleroi-Bruxelles fut construite par MM. Mortiaux, Hanssens et Bauwens pour 405.000 francs.

 

556HA_ASCENSEUR_NO2_EN_CONS~1

L'ascenseur n°2 en cours de construction.

 

Cette section comprenait les travaux de creusement et de maçonnerie de l'ascenseur dit de La Louvière, mais qui, en réalité, se trouve sur le territoire de Houdeng-Goegnies. La partie métallique de ce travail d'art fut confiée pour la somme de 800.000 francs à la société John Cockerill et Cie, de Seraing.

 

Quantité d'eau a déjà coulé depuis le jour où le premier ascenseur fut inauguré. De grandes fêtes eurent lieu à cette occasion et notre souverain les rehaussa par sa présence.

 

Notre ascenseur a reçu un nombre considérable de visites. De tous les coins de la Belgique on est venu le voir fonctionner: des Anglais, des Allemands, des savants de tous les pays du monde sont venu admirer ce produit du génie humain qui prend un bateau dans le canal inférieur, le soulève comme s'il s'agissait d'une plume, pour le glisser dans le canal supérieur à 15m.397 plus haut.

 

Quelques rares bateaux en ont déjà fait l'expérience, le premier, l'an dernier, destiné à un brasseur de Houdeng-Goegnies.

 

594HA_ASCENSEUR_NO2_VUE_SUP~1
L'ascenseur n°2 vu du bief supérieur.
 

Trois autres ascenseurs sont édifiés à Houdeng et à Thieu. La maçonnerie est achevée depuis longtemps et, à diverses reprises, on a annoncé que la partie métallique allait être mise en adjudication. La dépense pour les trois ascenseurs sera d'environ 2.400.000 francs. Ils ne différeront du premier que par des points de détail, le principe sera le même.

 

Quand le canal du Centre sera-t-il livré à la circulation? Voilà la question palpitante que l'on se pose depuis longtemps. Le sera-t-il sous le gouvernement actuel? Nos maîtres cléricaux nous ont appris le danger qu'il y avait - à nous, habitants du Centre - à le combattre, en nous refusant ce qu'ils accordaient à la partie Cléricale du pays. Notre infortuné canal n'est-il pas frappé du même ostracisme?

 

Il est appelé cependant à rendre de grands services à l'industrie nationale...

20:30 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ascenseurs |  Facebook |

18/02/2007

Les ascenseurs.

Houdeng-Aimeries - Lundi-Mardi 16-17 juillet 1900.

 

MM. Maillet, inspecteur général des ponts et chaussées, Hector Génard, ingénieur en chef du canal du Centre et plusieurs autres ingénieurs des ponts et chaussées, sont venus visiter, cette semaine, l'ascenseur hydraulique de Houdeng-Goegnies qui fonctionne déjà depuis 1888 sur le canal du centre.

 

Leur visite a pour but d'étudier les changements qu'il serait désirable d'apporter dans la construction des parties métalliques des trois autres ascenseurs.

 

06017_ASCENSEUR_NO1_1906~1
L'ascenseur n°1 de Houdeng-Goegnies en 1906.
 
D'après nos renseignements, ces derniers ascenseurs ne comprendront plus que quatre guides au lieu de six comme actuellement, et ils seront construits avec un cachet plus artistique que le premier.

 

L'adjudication de la métallurgie de ces "géants de fer" ne tardera plus à avoir lieu. Il s'agit d'une dépense de 2.100.000 francs.

18:00 Écrit par La Petite Louve dans Canal du Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ascenseurs |  Facebook |