12/09/2007

Le cortège du Centenaire.

Houdeng-Goegnies - Mardi 27 mai 1930.

 

Il est définitivement fixé au lundi 9 juin 1930, lundi de la Pentecôte.

 

En voici le programme:

1.- en tête, un groupe de cavaliers représentant le seigneur de Goegnies, rentrant dans son domaine, de retour de la première croisade.

 

Où notre château féodal était-il édifié? Non loin de la place de l'église, en descendant vers la rue de la Salle, se trouvaient autrefois, les rives du Rieu Baron, le manoir de la Salle, château des seigneurs féodaux de Goegnies, bâti dans les parages de la première habitation du chef franc, installé au lendemain de la domination romaine.

 

Les vestiges de celle-ci ont disparu; ils consistaient en quelques pieds de murs bâtis en pierre de grès, situés dans le fond de l'ancienne prairie de la Salle, à l'emplacement de l'école actuelle du quartier.

 

La mémoire populaire désignait ces rudiments de ruines, comme les restes du château des Sarrazins.

 

Les derniers bâtiments de l'ancienne seigneurie furent démolis, lors de la construction du canal du Centre.

 

2.- Gilles du Sart fut un preux du moyen-âge. Il assistait à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214.

 

De nombreuses chartes parlent de ce noble chevalier.

 

Sa générosité envers l'église fut proverbiale. Il était à l'égard de ses manants d'une grande bonté et d'une charité inépuisables. Il fonda, en 1234, en son manoir, la chapelle du Sart, anéantie avec le château à la fin du XVIème siècle et rebâtie à son emplacement actuel, dans le bois, en 1600. Gilles du Sart et sa dame Marie figureront dans le cortège avec leur suite.

 

3.- Les habitants de Goegnies prêtaient leur concours autrefois aux fêtes organisées à Binche, par Marie de Hongrie. Le Comité a reproduit le groupe portant le costume espagnol qui participa à l'une de ces merveilleuses exhibitions. Il constituera l'un des clous du cortège du 9 juin, par la beauté et le luxe des costumes.

 

4.-Le groupe le plus important et le plus frais sera celui qui commémorera la Joyeuse entrée du docteur André Laurent le 6 septembre 1666.

 

Né à Houdeng-Goegnies en 1600, doué d'une intelligence remarquable, il fut sacré prêtre, puis reçu docteur en sciences théologiques à Louvain, en 1644. Nommé professeur à l'Université de cette ville, il se distingua par ses travaux dans les sciences théologiques et, en 1647, il était désigné en qualité de président du petit collège des Théologiens et attaché à cet important établissement en qualité de professeur.

 

En 1666, il fut promu président du grand collège. André Laurent revenait chaque année, passer ses vacances en son village natal: pour commémorer la nomination honorifique de leur concitoyen, un grand cortège fut organisé le 6 septembre 1666. Une école communale fut décrétée et fondée, cette même année, pour les habitants de Goegnies, par le célèbre docteur.

 

Il est à remarquer que l'on ne se trouve pas devant une mesure d'ordre général, aucune autre localité de la région n'a posé le même acte à cette époque déjà très reculée. Cette décision est particulière à Goegnies. L'enseignement est donné par le clerc laïc, sous la surveillance du curé paroissial.

 

Le docteur André Laurent trépasse le 17 mai 1679. Il était aussi philanthrope. En effet, le revenu des  biens qu'il délaissa, fut consacré à la constitution des bourses d'études rétablies par arrêté royal du 31 août 1820. Dans son testament, le docteur écrivait notamment:

 "Je veux, premièrement, que les parents soient préférés selon leur degré. Pour ce qui est de la distribution des bourses, on les donnera à ceux qui se comportent le mieux et qui s'adonnent avec le plus d'ardeur à l'étude".

Les écoles communales et libres, réunissant ensemble un millier d'enfants et de jeunes gens, gentiment costumés, constitueront exclusivement l'ensemble de la partie du cortège destinée à honorer la mémoire du grand savant.

 

5.- ce sera la reproduction du groupe de pages qui collabora aux fêtes données à Mariemont, en 1759, en l'honneur de la princesse Anne-Charlotte de Lorraine.

 

6.- la fête du Trieu, en 1830, constituera une réminiscence du costume de l'époque.

 

7.- évocation de l'inauguration de l'Ascenseur par Sa Majesté Léopold II, Roi des Belges, le 4 juin 1888.

 

On y réunira tous les drapeaux et les sociétés locales qui, participeront à cette cérémonie.

 

8.- viendra ensuite la Société des Trompettes d'Etterbeek, au] nombre de 80 membres, qui donnera des auditions pendant tout le parcours du cortège.

 

9..- le char allégorique de l'Indépendance nationale.

 

L'horaire de la journée sera le suivant:

-  le matin, réception des sociétés étrangères et visite de l'Ascenseur qui fonctionnera l'après-midi; à 3 heures, départ du cortège qui suivra les rues de la Chaussée.

- le coup d'oeil rue de la Chaussée sera merveilleux de par la disposition de cette jolie et large artère; à 5 heures, sur la place du Trieu, exécution de "Vers l'Avenir" et de la "Brabançonne", par les élèves des écoles.

- le soir, à 7h.30, concerts brillants par la Société des Trompettes d'Etterbeek et la célèbre chorale mixte de La Hestre.

11/09/2007

Le cortège du Centenaire du 9 juin.

Houdeng-Goegnies - Vendredi 8 juin 1930.

 

On se demande la signification du groupe de pages qui participeront au cortège. Un mot d'histoire édifiera le 'public.

 

Sous le règne de Marie-Thérèse (domination autrichienne), le Hainaut connut une ère de paix et de prospérité remarquables.

 

La grande impératrice ne vint jamais en Belgique, mais elle délégua ses pouvoirs à son beau-frère, le prince Charles de Lorraine. C'est un homme simple et bon et eut vite fait de conquérir l'affection populaire. Il habitait Bruxelles, où il établit sa cour. Il organisa des réceptions brillantes, des fêtes somptueuses, qui ne tardèrent pas à donner au commerce de la capitale un essor extraordinaire.

 

Le prince se rendit, à plusieurs reprises, dans le Hainaut, mais sa soeur Anne-Charlotte de Lorraine se fixa à Mons de 1754 à 1773. Elle avait une prédilection marquée pour le splendide domaine de Mariemont, où elle résidait en permanence à la bonne saison.

 

A l'instar de son frère, elle pratiquait la charité et organisait aussi de nombreuses réceptions et des  fêtes.

 

Presque journellement, des carrosses allaient prendre des invités à Mons et dans les environs.

 

Tout ce mouvement de Mariemont favorisait évidemment les alentours. Aussi, en 1759, à titre de gage de reconnaissance, un grand cortège fut organisé en l'honneur de la princesse, et Goegnies y participait en y envoyant un joli groupe de pages.

 

C'est ce groupe que la jeunesse communale de Houdeng-Goegnies reconstitue lundi prochain.

 

GILLES DU SART.

 

La seigneurie du Sart devint l'apanage de l'un des preux de la comtesse Richilde de Hainaut, après la sanglante bataille des Mortes Haies.

 

Parmi la lignée de ses chevaliers, il est deux noms célèbres: Gilles du Sart et son fils.

 

Nous extrayons de la première édition de l’Histoire des Houdeng, par feu Jules Monoyer, ce qui suit: 

Gilles du Sart  (Égidius de Sarto), chevalier, son fils, assistait à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, et figure parmi les preux du Hainaut tombés prisonniers entre les mains du roi de France.

 

Plusieurs anciens chartiers signaient le noble chevalier; d'abord celui d'Aine, aux époques suivantes:

 

1211: en présence des échevins et des prêtres de Houdeng et de Haine-Saint-Paul, Gilles du Sart donne à l'abbaye tous ses pâturages du Sart et de Hosden, et quatre bonniers et demi de terre à l'endroit dit Menaulu;

 

1211: Eustache IV, seigneur du Roeulx, pair du Hainaut, confirme cette libéralité.

 

1220: Gilles du Sart donne à la même communauté 29 bonniers de bois à Menaulu, pour dotation d'une chapelle en la nouvelle église d'Aine, à charge, par les religieux, d'y célébrer l'office divin chaque jour après la mort du donateur;

 

1231: Gilles du Sart et dame Marie, sa femme, cèdent, à la même maison, vingt bonniers de terre à Menaulu."

La générosité de ce seigneur envers l'église était réellement inépuisable.

 

On lit, dans un cartulaire de Saint-Denis en Broqueroie, que Gilles fonda, en 1234, en son manoir du Sart, une chapelle pour le repos de son âme et celui de ses prédécesseurs, avec le consentement du curé d'Houdeng; l'évêque de Cambray, Gavydon, en ratifia la fondation en 1244.

 

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Houdeng-Aimeries - Le pigeonnier.

 

Le chapelain devait dire la messe au Sart l'année, sauf aux grandes fêtes de Noël, tous les jours de Pâques et de Pentecôte. Il jouissait, à ce titre d'un bénéfice consistant en une maison à Houdeng, un bonnier de bois, la moitié du terrage de Mignault, quarante soles en argent par an, sur le sens de Houdeng, un bonnier de terre près du Sart acquis de Simon d'Houdeng, chevalier; enfin, une partie de la terre à la Tombelle, proche du village, un muid de blé, un muid d'avoine. Le dit chapelain avait à charge le chantre et le luminaire.

 

L'acte de fondation portait que si, à la suite des temps, le Sart devenait désert, les biens de la chapellerie, seraient distribués aux pauvres par le soin des abbés de Saint-Denis d'Aine (Gozée) et de Saint-Feuillien (Roeulx).

 

Les chevaliers du Sart devenus propriétaires de la seigneurie de Fayt, allèrent s'y installer fin du XVème siècle.

 

Le domaine du Sart devint une exploitation agricole. Pillé en 1583, par les soldats de Don Juan d'Autriche, il fut rasé. Il fut incendié et détruit en 1585, par les troupes confédérées.

 

Le Sart devint, de la sorte, désert et, vers l'an 1600, le bénéfice de la chapelle fut rattaché à la cure de Goegnies. L'oratoire actuel, situé sur Aimeries, à proximité du Thiriau et de la limite de Goegnies, date de cette époque.

 

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Houdeng-Aimeries - La chapelle Notre-Dame du Bois du Sart.

 

Le style de l’ancienne chapelle était du gothique flamboyant. Elle fut restaurée et agrandie, il y a un quart de siècle. Mais le bâtiment actuel ne présente pas, dans ses

Détails intéressant, le style élégant du sanctuaire primitif.

 

Pendant longtemps, celui-ci porta une inscription rappelant un miracle: un enfant (que l'on croyait mort) fut présenté à la Vierge et revint à la vie. Cet événement donna, à cette époque lointaine (1683), à la chapelle, une renommée que l'on devine et comprend.

 

Le 25 mars fut, au cours d'une longue période la journée du pèlerinage qui attirait la grande foule. A la fin du XVIIIème siècle, on lui substitua le lundi de Pâques. Les forains s'installèrent le long du chemin du Trieu-à-Vallée, le seul qui conduisait au bois du Sart, et c'est là qu'il faut voir l'origine de la célèbre Ducasse du Bos.

19:30 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cortege, centenaire, gilles du sart, chapelle |  Facebook |

25/06/2007

La plantation de l'arbre du Centenaire.

Houdeng-Goegnies - Dimanche - Lundi 28-29 septembre 1930.

 

Elle aura lieu le samedi à octobre prochain. Voici quel sera le programme de cette cérémonie patriotique.

 

A 2h. 30, place du Trieu, formation du cortège comprenant les autorités, les enfants des écoles, les fanfares et les sociétés locales. Le cortège empruntera les rues des Trieux, de la Chaussée, Deburges, du Nouveau Canal, de l'Abattoir et Léon Houtart. Sur la place Communale, l'arbre sera planté à proximité de la Maison Libérale. Les enfants des écoles chanteront la "Brabançonne". Le cortège suivra alors les rues Léon Houtart et des Trieux, pour arriver à la Maison communale, où sera inaugurée la plaque commémorative rappelant les noms des deux enfants de la commune, M. le docteur Jules Pouplier et M. Fernand Drugmand, morts glorieusement au service de la Colonie.

 

A 5 heures, ascension du ballon "L'Indépendance" de 1.500 mètres cubes, piloté par l'aéronaute Vanden Bemden.

 

A 6 heures, sur la place du Trieu, bal populaire.

17:01 Écrit par La Petite Louve dans Festivités | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : centenaire |  Facebook |