06/10/2008

Des visiteurs ponctuels.

La Louvière - Mercredi 17 juin 1931.

 

Ce sont les singes qui, chaque année, dès le samedi de la kermesse, viennent provoquer les mêmes rassemblements de badauds autour de l'orgue de Barbarie - ô combien! - sur lequel ils font valoir leurs talents de simulateurs mélomanes. Avec une sérénité amusante, ils se coiffent de leur képi à plumes, tels des musiciens très bien cotés, et ils tournent une manière de moulin à café, raclent un simili violon, ou battent des cymbales, tandis que la mécanique moud inlassablement "J'ai rêvé que j'habitais dans ton coeur", "Guillaume Tell" ou "Le Régiment de Sambre-et-Meuse". Et tous les cent mètres, la scène recommence, les chers petits singes n'ayant que le temps du parcours pour gratter leurs puces.

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02/10/2008

La gaieté wallonne au temps jadis.

Mardi 16 septembre 1930.

 

"DUCASSE D 'HAMIA. ERMOUILLAGES DE FAUCHELLES ".

 

Emportées par le vent balayeur des bonnes vieilles choses du passé, nos gracieuses fêtes champêtres disparaissent toutes, l'une après l'autre. La génération actuelle les trouve trop vulgaires, elle les dédaigne même! Ne faut-il pas à nos guindés, à tous nos collets montés des distractions dernier cri? Ces fêtes rustiques, ces ducasses d'"hamia" exhalaient cependant des parfums autres que ceux que l'on respire dans les dancings et cinémas! Colorées d'azur et de soleil, elles traduisaient aussi les beautés de la vie à la campagne. Il est un fait, c'est qu'on s'amusait infiniment mieux, il y a cinquante ans, que de nos jours, parce que, dans l'organisation des fêtes la tradition populaire apportait plus de simplicité. C'était de la gaieté jaillissant du coeur, source de toutes les vérités; le caractère de la race s'affirmait, la jovialité wallonne, prise sur le vif, éclatait en rires sonores sur les faces largement épanouies. Esquissons alors rapidement comment cela se passait: d'abord, on n'avait guère recours à de grands frais de publicité. Le garde-champêtre ou le crieur public se contentaient, après les offices du dimanche, d'annoncer aux habitants les divertissements qui se donnaient dans la commune. En fait de spectacles forains, aucun, si ce n'est la boutique d'un marchand de caramels et de sucreries diverses. Pas de phalange musicale ni de société de gymnastique qui coûtent les yeux de la tête en frais de réception. On se contentait de faire la toilette du hameau; les haies tondues, fossés curés, gazons enlevés, chemins ratissés, balayés pour être ensuite recouverts de sciure de bois, de sable ou de, jonchées de fleurs. Des fausses portes, de larges guirlandes fleuries étaient suspendues en travers des chemins. Tout subissait un rajeunissement et un embellissement général: maisons passées à la chaux, portes et châssis repeints. Des parents venus de loin sont arrivés; la soupe est plus grasse dans tous les ménages. Ici, on a tué le cochon, là de la volaille, des lapins. Partout, on "godaille" ferme, c'est "le repos au sein de l'abondance" pour rappeler la sentence du physiologiste français Baudement. Après s'être empifré de victuailles et de boissons, on allait voir, l'après-midi, les jeux divers: courses aux sacs, aux grenouilles, mât de cocagne, jeu de bottines, de cuvelle, etc. La marmaille s'en donnait à coeur joie. On riait aux larmes, les quolibets et les lazzis fusant à l'adresse des malchanceux. Dans les cours des cabarets, les quilles dégringolaient avec fracas. A l'intérieur, dans le brouhaha des voix qui se croisent et les nuages de fumée de tabac, les hommes plus âgés, rajeunis de vingt ans, jouaient aux cartes. Sur les tables, de vigoureux coups de poing s'abattaient, soulignant la chute des atouts. Auprès du comptoir ou assis autour des tables, les paysans lampaient pintes sur pintes de fortes bières blondes et écumantes ou sirotaient force verres de vieux "péket". 0 liberté chérie d'antan! quand nous reviendras-tu? Dire, qu'aujourd'hui, nous sommes condamnés à ingurgiter des toxiques et des breuvages de sorcières! Vers le soir s'amenaient ici un joueur d'accordéon; plus loin, un violoneux, mauvais crincrin, frottant dur, il est vrai, mais n'amenant pas moins une forte détente de ressorts dans les jarrets de nos ruraux. Il fallait voir les polkas endiablées, les valses plates étourdissantes! Nos danses modernes alanguissantes, nos plus savants fox-trots ne sont que de la petite bière auprès des ébats chorégraphiques de nos ancêtres. Au repos, on allait prendre un verre au cabaret voisin et écouter un chanteur qui, juché sur une table, s'égosillait à un répertoire emprunté au beuglant de la ville. On s'en payait ainsi une tranche jusqu'à l'aube et cela avec un entrain endiablé, dans une atmosphère d'intimité, de bien-être et de joie unanime. Voilà, comment, il y a cinquante ans, les bonnes gens du temps passé, s'amusaient. Ah! la vie large, l'existence plantureuse, les plaisirs, tout cela n'est presque plus qu'un souvenir. La vie trop lourde, trop compliquée d'aujourd'hui ne se prête plus guère à ces réjouissances délicieuses qui demandaient de la bonne humeur et de la naïveté surtout. Camille d'HENRIPONT.

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04/09/2008

Et les singes?

La Louvière - Mercredi 15 juin 1927.

 

On n'en a point vu, les premiers jours de la ducasse, à La Louvière... Que nos lecteurs ne s'y trompent point: nous ne songeons pas, pour le moment, à faire de l'ironie au détriment de qui que ce soit.

 

Depuis des temps immémoriaux, l'on voit défiler dans nos rues, dès le dimanche matin, une famille de singes, laquelle, perchée sur une estrade ambulante, se livrait à des exercices variés: "Portez, armes!"; "Présentez, armes!". Puis nos frères inférieurs - qu'on dit - jouaient de la musique, tournaient de la manivelle, se livraient a mille cabrioles plus divertissantes les unes que les autres. Et cela faisait l'amusement pour les petits et aussi pour les grands.

 

C'est dommage que les singes ne soient pas revenus. Peut-être sont-ils, eux aussi, les victimes de la situation économique. Les voyages ne coûtent-ils pas les yeux de la tête... Ils étaient devenus infiniment sympathiques, ces singes-là! Et ils apportaient, dans nos rues, les jours de ducasse, une note tout à fait pittoresque...

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24/09/2007

Histoire de Houdeng-Goegnies: synthèse.

Houdeng-Goegnies - Samedi 8 août 1936.

 

Le cadre synthétique de cette notice comprend: l'aspect de la commune, la chaussée, la rue Léon Houtart et la place Communale, la rue des Trieux avec sa fête séculaire, le canal du Centre, l'Ascenseur, le Bois du Sart et la fameuse Ducasse du Bos.

 

Le nom primitif de la localité était Goegnies; dans le langage populaire, on dit toujours Goegnère et jamais Houdeng-Goegnies.

 

C'est un très ancien bourg. Il était habité avant Jules César à preuve le tumulus existant dans le bois de Besonrieux. Et sous la domination romaine une villa avec tous ses accessoires y était installée; on en a mis les vestiges à jour en 1890 et 1891, grâce à la généreuse intervention de feu M. Warocqué.

 

L'origine de Goegnies est très aisée à établir; Goe, ou Goeins est le nom du chef franc qui se sera installé dans la villa romaine locale; la terminaison gnies implique l'idée de possession.

 

Par contre, Houdeng-Aimeries, s'appelle communément Houdez. Une dissertation s'impose.

 

Avant 1441, les pouvoirs du seigneur d'Houdeng ne s'étendaient pas sur la totalité du territoire de cette commune; celui-ci présentait une enclave, propriété des seigneurs du Roeulx, placée sous la juridiction du bailly de Goegnies.

 

Cette enclave s'appelait Houdeng-Goegnies, et était absolument étrangère au territoire de Goegnies, qui était appelé Goegnies-lez-Houdeng, depuis 1300, pour le distinguer de Goegnies-lez-Bavay.

 

Or, le 26 juillet 1441, la terre d'Houdeng, avec ses fiefs de Saint-Vaast, Mignault et Haine-Saint-Paul, fut vendue avec l'enclave précitée à Messire Nicolas Rollin, possesseur de la terre d'Aimeries, en France; il fut convenu que la seigneurie d'Houdeng, avec l'enclave d'Houdeng-Goegnies réunies, se dénommerait dorénavant Houdeng-Aimeries.

 

Le sceau communal utilisé sous la domination hollandaise porte la mention Gaugnies-lez-Houdeng.

 

Ce n'est qu'après 1830 que la dénomination d'Houdeng-Gosgnies fut définitivement consacrée.

 

Au moyen-âge, le fief de Goegnies, la mairie du Trieu et la Seigneurie du Sart faisaient partie de la terre du Roeulx. Ils comprenaient les trois quarts de l'étendue de la commune actuelle; ils étaient placés sous la haute autorité des seigneurs du Roeulx.

 

Ils rentrèrent dans le domaine du comté du Hainaut de 1337 à 1432 et Jacqueline de Bavière, d'accord avec le duc Philippe le Bon, en fit donation à la célèbre famille de Croy, qui le conserva jusqu'en 1796.

 

La commune d'Houdeng-Goegnies, d'une contenance de 888 hectares et d'une population de 9.000 habitants, appartient, pour la presque totalité de son territoire, au bassin hydrographique du Thiriau, divisé entre le Thiriau-du-Luc (mitoyen avec La Louvière) et son affluent, le Rieu Baron (aujourd'hui voûté) et le Thiriau du Sart; à son extrémité, vers Besonrieux se trouve une des sources de la Sennette.

 

Son niveau varie de la cote 60 à la Barette, à la cote 138, non loin de Besonrieux.

 

L'agglomération s'est fixée au sud du chemin de fer du Roeulx.

 

L'artère la plus importante est sans contredit la chaussée Paul Houtart, large de 20 mètres au moins, aux trottoirs pavés, reflétant un aspect de propreté, de symétrie qui frappe agréablement l'étranger dès son arrivée.

 

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La chaussée Paul Houtart.

 

Sur presque toute sa longueur, s'alignent des maisons de commerce où règne une activité débordante. Signalons cependant le château de Mme Defévrimont, oeuvre du célèbre architecte Poelaert, la brasserie Dequenne et Ronneau, plus que séculaire, les bâtiments de la succursale de la Banque Générale du Centre du Comptoir du Centre, les installations importantes du Progrès de Jolimont, l'importante société de consommation dont les locaux abritent en même temps les oeuvres sociales et politiques du parti socialiste; le Cercle Horticole avec son joli parc, la monumentale école des filles.

 

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Le château Defévrimont.

 

Au carrefour, près du café-restaurant Gambrinus, nous nous dirigeons à gauche dans la rue Léon Houtart. Avant d'arriver à la Grand'place, à gauche se trouve une maison bien ancienne et des plus intéressante. En façade, elle constitue l'unique vestige de l'architecture de la région du Centre au XVIIe siècle. La façade en a été crépie il y a quelques quarante ans. C'est dommage, un travail de restauration aurait mieux valu, car il aurait conservé à ce vénérable bâtiment son aspect primitif qui était certainement des plus jolis.

 

Quoi qu'il en soit, il importe d'en assurer la conservation et son classement dans les immeubles anciens protégés par la Commission royale des monuments s'impose.

 

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Le Cercle Horticole.

 

La place Albert 1er a un cachet de grande ville par son heureux aménagement dû à l'architecte Paul Dubail, de Morlanwelz, par sa jolie plantation, les constructions qui l'entourent et le beau monument érigé à la mémoire des soldats et déportés morts pour la Patrie.

 

Parmi celles-ci, citons le groupe Ouest, qui comprend presbytère, l'église  paroissiale,  bâtiments communaux, Maison Libérale et l'habitation faisant coin en face de Maison des Oeuvres.

  

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La place Albert 1er en 1925 avec l'église et la Maison libérale. 

 

L'église paroissiale a été conçue par l'architecte Eugène Bodson, de Saint-Ghislain et réalisée sous sa surveillance.

 

Derrière, on voit les écoles libres, pour filles, celles des garçons se trouvant rue Saint-Donat.

 

La Maison Libérale, construite en 1908, est plantée sur l'emplacement de l'ancienne église, dont la tour datait de 1522.

 

L'Eglise actuelle constitue un bel édifice, néo-gothique de dimensions moyennes (50 m. sur 20) et pouvant contenir huit cents à neuf cents personnes.

 

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La place Albert 1er avec son monument. 

 

Il est de style ogival primaire à trois nefs, avec clair étage et faux transept; la tour est située en façade et forme portail. Le choeur est surbaissé, à pans coupés. Son chevet est orné de trois verrières.

 

Si de loin, l'on n'aperçoit guère de l'église que son élégante flèche octogonale, de près, on est immédiatement charmé par l'harmonie des proportions de ce monument et l'élégante parure que lui font ses soubassements, les bandeaux et ses corniches de pierre taillée, qui tranchent si agréablement sur le rouge des briques.

 

La tour flanquée de tourelles symétriques et surmontée de sa belle flèche, avec son portail, sa grande verrière et ses abat-sons, est d'un effet ornemental puissant.

Le portail abrite deux tables de pierre d'excellent style, portant gravés les noms des soldats et déportés morts pour la patrie.

 

A l'intérieur de l'édifice, on est frappé par la majesté souveraine de ce long vaisseau que baigne à toute heure du jour une lumière abondante et discrète qui semble venir de partout.

 

De splendides colonnes cylindriques à chapiteaux octogonaux en pierre bleue taillée et bouchardée, soutiennent un clair étage à colonnettes engagées et à fenêtres gélessées, et lui font une nef centrale vraiment remarquable.

 

Une décoration très sobre qui se borne à accuser les lignes architecturales, laisse croire que la pierre d'Euville a fait tous les frais des murailles, des pilastres et aussi des voûtes à nervures.

 

Si l'ensemble est remarquable, chaque détail du mobilier est digne d'attention.

 

L'église n'a conservé comme pièces anciennes que les fonts baptismaux, très intéressants pour les archéologues.

 

Tout le reste du mobilier est de facture récente, mais forme un ensemble très homogène et d'une rare pureté de style.

 

Au Sud de la place Albert 1er, s'ouvre la rue de l'Abattoir, d'une propreté remarquable; elle est le siège de l'Abattoir communal, établissement prospère, qui rend à l'alimentation publique d'inappréciables services.

  

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La place Albert 1er vers la rue de l'Abattoir.

 

La rue Léon Houtart se continue vers Houdeng-Aimeries, laissant à droite le château de M. Léon Ghilain-Descamps et de M. Le notaire Demaret-Ghilain, oeuvre de feu l'architecte Hubert, de Binche (le même qui dessina la façade de l'Hôtel de ville de La Louvière), et à gauche, ceux de feu Hypolite Michel, Emile Tellier, et de M. le docteur Biset, ce dernier d'une très belle conception, bâti par feu Abel Detrau.

 

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Le château Ghilain-Descamps.

 

Non loin de la place de l'Eglise, en descendant vers la rue de la Salle, se trouvait autrefois, sur les rives du Rieu Baron, le manoir de la Salle, château des seigneurs féodaux de Goegnies, bâti dans les parages de la première habitation du chef franc, installé au lendemain de la domination romaine.

 

Les vestiges de celle-ci ont disparu; Ils consistaient en quelques pieds de murs bâtis, en pierre de grès, situés dans le fond de l'ancienne prairie de la Salle, à l'emplacement de l'école actuelle du quartier.

 

La mémoire populaire désignait ces rudiments de ruines comme les restes du château des Sarazins.

 

Les derniers bâtiments de l'ancienne seigneurie furent démolis, lors de la construction du canal du Centre.

 

Le mot "sala" désignait, chez les Francs, le château, ou mieux la forteresse bâtie ou donnée à un chef en récompense de ses succès militaires.

 

Le château de Valenciennes et celui de Binche s'appelaient la salle du Comte.

 

Beaucoup de maisons disposent actuellement d'un salon, c'est-à-dire la pièce principale utilisée dans les grandes circonstances seulement: l'origine de cette appellation provient de l'appellation franque prérappelée.

 

Mais hâtons-nous de remonter vers le Nord, et d'arriver à la rue des Trieux, large, bien pavée, bien aérée, bien ensoleillée.

 

Le Trieu doit son origine aux prés banaux qui s'y trouvaient aux siècles passés.

 

Les habitants y conduisaient paître leur bétail; une partie était réservée à la fenaison et la récolte du regain était exempte de toute taxe et constituait pour les manants un revenu précieux,

 

Le Trieu présentait comme bâtiments importants: la mairie installée à front de la place actuelle et démolie vers 1890, et la ferme qui existe toujours et sur laquelle l'Abbaye de Saint-Denis avait le droit de grande dîme.

 

Le fief du Trieu dépendait de la Seigneurie et de la Puissance, village de Bâchant, près d'Avesnes (France). Et c'est là qu'il faut découvrir la rivalité qui existe toujours entre les deux places: celle du Trieu et celle de Goegnies. Cette dernière relevait de la maison du Roeulx, c'était la place du Bailli; la population qui l'entourait avait des allures plus aristocratiques.

 

Au Trieu, au contraire, les habitants étaient plus libres, plus indépendants, parce que plus éloignés du seigneur.

 

Houdeng-Goegnies compte trois fêtes communales: celle de Goegnies, du deuxième dimanche d'août, celle du Trieu, du deuxième dimanche de septembre; la "ducasse du Bos", des jours de Pâques.

 

La fête de Goegnies correspond à la Saint-Géry, patron de la paroisse. C'était celle du Seigneur. Elle se célèbre sur la place Albert 1er.

 

La fête du Trieu est la plus importante. Elle se célébrait autrefois le deuxième mardi de septembre, hormis le troisième si le second devait être celui de la fête de la Vierge. Au commencement du 19e siècle, elle se célébra le deuxième dimanche de septembre et le mardi suivant. Depuis 1850, on y a ajouté le lundi.

 

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La Place du Trieu.

 

Un conflit surgit au 17e siècle entre les chefs de feu allant à la fosse et ceux qui restaient fidèles à la culture, au sujet de la répartition des regains (woyens) qui étaient leur apanage en suite d'un ancien privilège octroyé par la comtesse Richilde de Hainaut. Il fut tranché par la décision des Etats du Hainaut, ordonnant la mise en vente publique de ces regains, le deuxième mardi de septembre. Les manants de Goegnies recevaient donc, ce jour-là, un peu d'argent, les marchands et les forains s'amenaient; et c'est là l'origine de cette fête, restée l'une des plus populaires et des plus importantes de la région du Centre.

 

Le Trieu présentait autrefois une grosse ferme dite "de la mairie du Trieu". L'une de ses caves avait servi de local au tribunal de l'Inquisition sous la domination espagnole: on a retrouvé les vestiges de ce tribunal lors de la démolition.

 

Ce hameau fut donc le théâtre de faits et d'actes qui ont gravé bien des souvenirs dans la mémoire populaire.

 

Pendant nombre d'années, le mardi de la fête était resté célèbre par la variété de ses jeux: mâts de Cocagne, jeu de bouteilles, de cuvelles et autres et, le soir, tous les jeux se mêlaient et l'on achevait la fête au milieu de danses et de chants de tous genres.

 

Cette expression (jeux remêlés) "d'jeux r'mêlés" rencontre encore son application le dernier jour des fêtes municipales dans beaucoup de nos villages.

 

Quoi qu'il en soit, le mardi de la fête du Trieu est particulièrement consacré à l'exposition des produits des jardins et aussi de la danse. Un bal traditionnel, où les dames engagent les cavaliers, commence à midi, jusque minuit.

 

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 1900 - Bal champêtre au Trieu.

 

 

Après la première partie du bal, des groupes nombreux portent la ducasse dans les divers hameaux, où l'on danse au son des violes et des accordéons.

 

Autrefois, les organisateurs de la fête du Trieu allaient le mercredi après-midi porter la ducasse à Baume. Un groupe de jeunes personnes partait, musique en tête, jusqu'en face de la ferme Mathée (actuellement Galeries Nationales, Café Liégeois et toute la rangée jusque la rue du Temple) au coeur de La Louvière.

 

La jeunesse de Baume s'y amenait : on allumait deux feux de joie et, après quelques farandoles, les Baumois s'en retournaient chez eux avec la ducasse, tandis que les Houdinois rentraient heureux du devoir accompli et satisfaits d'avoir bien fêté la kermesse.

 

Cette intéressante coutume a disparu depuis bientôt cent ans. 

 

La ducasse du Bos.

 

L'antique fête du Bois s'amène le dimanche et le lundi de Pâques. "Les Nouvelles" ont donné l'origine de cette fête, dans des notes publiées la veille de la célébration de la ducasse d'avril 1936.

 

La braderie.

 

Rappelons qu'elle se célèbre aux jours de la Pentecôte, c'est la ducasse des commerçants et ils s'efforcent de la conserver toujours prospère.

 

La fête de Longueville.

 

C'est la dernière de la région, en ce sens qu'elle a lieu le troisième dimanche d'octobre.

 

C'est la ducasse aux cornues ou bouzettes, son origine date de l'époque de la construction du chemin de fer d'Ecaussinnes à Erquelinnes.

 

Deux fermiers notables s'étaient querellés, injuriés copieusement. La réconciliation ne paraissait guère possible; un des dirigeants des travaux qui logeait au café où la dispute avait pris naissance, imagina qu'un duel devait nécessairement amener la paix.

 

L'arme choisie fut le sabre.

 

Le jour, un dimanche, le 3ème d'octobre, l'heure, furent publiés par les moyens dont on disposait à cette époque. Une foule considérable accourue de tous les points du Centre, s'amena pour assister à ce spectacle sensationnel. Le duel eut lieu, mais personne ne fut blessé et les arbitres engagèrent finalement les frères ennemis à se serrer la main.

 

On perpétua cette scène héroï-comique par la célébration de la fête de la Longueville.

 

Elle fut à un certain moment très importante, très en vogue, très courue.

 

Les forains venaient s'y installer nombreux le long de la chaussée jusqu'à la Couturelle.

 

Elle existe  toujours et  les commerçants s'entendent pour qu'elle ne périclite pas.

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17/09/2007

La Ducasse du Bois.

Houdeng-Goegnies - Samedi 11 avril 1936.

 

L'antique fête du Bois, s'amène le dimanche et le lundi de Pâques, donc les 12 et 13 avril 1936.

 

L'origine de cette fête du printemps, réside dans la création du sanctuaire de Notre-Dame du Bois-du-Sart.

 

La première chapelle, fondée par Gilles du Sart, en 1234, fut bâtie sur le territoire de Houdeng, comme annexe du château du Sart, dont les vestiges existent toujours à droite de la chaussée, en allant vers Roeulx, dans la vallée du Thiriau du Sart.

 

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La chapelle Notre-Dame du Bois du Sart, construite à l'emplacement de la chapelle initiale.

 

Laissons parler l'historien bien connu, feu Jules Monoyer:

 

On lit dans un cartulaire de Saint-Denis-en-Broqueroie, que Gilles fonda en 1234, en son manoir du Sart, une chapellerie pour le repos de son âme et celle de ses prédécesseurs, avec le consentement du curé d'Houdeng. L'évêque de Cambrai, Gaydon, en ratifia la fondation en 1244.

 

Le chapelain devait lire la messe, tous les jours de l'année, sauf aux grandes fêtes de Noël, Pâques et de Pentecôte. Il jouissait, à ce titre, d'un bénéfice consistant en une maison à Houdeng, un bonnier de bois, la moitié du terrage de Mignault, quarante sols en argent par an sur cens de Houdeng, bonnier de terre acquis de Simon d'Houdeng, chevalier; enfin, une partie de terre à la Tombelle, proche du village, un muid de blé, un muid d'avoine. Le dit chapelain avait à charge le chantre et le luminaire.

 

L'acte de fondation portait que si, à la suite des temps, le Sart devenait désert, les biens de la chapellerie seraient distribués aux pauvres par les soins des abbés de Saint-Denis d'Aine (Gozée) et de Saint-Feuillen (Roeulx).

 

Le château du Sart disparut, détruit sans aucun doute lors des guerres qui suivirent le règne de Charles-Quint: seule la ferme perdura jusque vers 1840.

 

La ferme du Sart fut occupée longtemps par la famille Bacq.

 

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Le pigeonnier, ancienne seigneurie du Sart.

 

Au décès de Pierre-Joseph Bacq, son neveu, Pierre-Joseph Scoumanne, né à Strépy le 10 janvier 1747,- époux de Marie-Claire Renchon, lui succéda.

 

Sa fille Marie-Claire Scoumanne, épousa Pierre-Désiré Bricourt, qui devint titulaire de la ferme: il eut comme successeur son fils Guillaume-Frédéric Bricourt, né le 1er mai 1815.

 

La grange et le corps de bâtiment furent démolis peu après le décès de Marie-Claire Scoumanne, survenu le 9 avril 1836.

 

Guillaume-Frédéric Bricourt fit construire une ferme modèle le long de la Chaussée, près du passage à niveau; cette ferme devint, en 1893, la Brasserie des Ouvriers et le siège des oeuvres catholiques; elle est actuellement englobée dans la "Verrerie du Centre", industrie active dont les bâtiments longent le Canal du Centre, qui mène à l'ascenseur.

 

La chapelle du Sart, fondée en 1234, disparut vers l'an 1600. Elle était bâtie derrière le château proprement dit.

 

Il reste le donjon d'entrée, aujourd'hui décapité, malheureusement, et des annexes transformées en maisons d'habitation.

 

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Le Pigeonnier, après sa "décapitation".

 

Les caves sont encore intéressantes à visiter: bâties en plein cintre, elles sont hautes; on pouvait y organiser une défense efficace en cas d'attaque.

 

A partir de 1600, le bénéfice de la chapelle fut rattaché à la cure de Goegnies. L'oratoire actuel, situé sur Aimeries, à proximité du Thiriau et de la limite de Goegnies, date de cette année.

 

Le style de l'ancienne chapelle était du gothique flamboyant. Elle fut restaurée et agrandie il y a un quart de siècle. Mais le bâtiment actuel ne présente pas, dans son aspect essentiel le style inédit, très remarquable, du sanctuaire ancien. Pendant longtemps, celui-ci portait une inscription rappelant un miracle; un enfant que l'on croyait mort, fut présenté à la Vierge et revint à la vie. Cet événement donna à cette époque lointaine (1680), à la chapelle, une renommée que l'on comprend.

 

Le 25 mars, fête de l'Annonciation, fut, pendant longtemps, la journée de pèlerinage qui attira la grande foule. Aujourd'hui encore, les pèlerins s'y rendent en grand nombre. A la fin du 18e siècle, on lui substitua le lundi de Pâques. Les forains s'installèrent le long du chemin du Trieu-à-Vallée, le seul qui conduisait au Bois du Sart à cette époque. Telle est l'origine de la ducasse du Bois.

 

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La chapelle du Bois et la guingette voisine.

 

Le chemin du Trieu-à-Vallée avait autrefois la même importance qu'aujourd'hui.

 

Sur un plan figuratif dressé en mars 1767 par J. Delattre, arpenteur juré, il est cité comme route reliant le château du Roeulx à celui de Mariemont.

 

On y relève la croix plantée, à l'endroit où Pierre Beaulieu fut tué, les maisons de la Ronce, des Trieux, les fermes de La Louvière, de la Basse-Louvière et de Tout-y-Faut, le chemin des Couturelles allant en ligne droite vers le placard du Hocquet, la Closière, Maugrétout, la forêt existant entre Houdeng et La Louvière, le Charbonnage de La Louvière, le Thiriau, le chemin des Diables allant du Hocquet à Strépy.

 

Il est à noter qu'à cette époque, la chaussée de Soignies à Mariemont n'existait pas encore.

 

Le plan renseigne aussi, entre les chemins de la Tombelle et de Besonrieux Tout-Vent, la maison de Pierre-Joseph Hermant, garde des biens de Menaulu: il est à remarquer que ce coin est encore aujourd'hui le fief de la famille Hermant.

 

La fête du Bois a toujours eu et a encore la faveur populaire et elle attire chaque année, outre la foule des pèlerins, la jeunesse de toute la région du Centre, qui vient joyeusement célébrer le retour du printemps: les Ecaussinnes, Mignault, Marche, Le Roeulx y envoyant toujours de gros contingents de promeneurs.

 

Pendant bien longtemps, la Fanfare Royale de Bois-du-Luc, et plus tard les Fanfares des Deux Houdeng, vinrent donner concert le lundi de Pâques, à la limite du Bois des Soeurs, au lieu dit "Casterman", à proximité du hameau du Lait-Beurré, derrière le cimetière actuel.

 

Cette coutume, dont le côté artistique n'échappe à personne, prit fin en 1893.

 

Pendant un certain temps, en 1880, on tenta d'organiser un concert dans le Bois du Sart, près de la Chapelle, mais sans succès; la foule ne stationne pas à cette époque de l'année, elle circule dans le bois pour arriver au champ de foire, aux guinguettes, aux salles de danse.

 

La jonquille jaune croit en abondance dans cette région boisée. Le nom populaire de cette fleur est le godet. 

 

 

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La chapelle de Notre-Dame du Bois du Sart est entourée de bois où, au printemps, il fait bon cueillir les jonquilles.

 

Quand Pâques arrivent dans les premiers jours d'avril, les personnes qui viennent à la fête font la cueillette de cette fleur. Et de là est née cette expression: "Planter le godet", qui s'applique aux promenades sous bois du lundi de Pâques. Si des groupes de jeunes gens et de jeunes filles longent les sentiers tortueux de la forêt, on dit malicieusement qu'ils s'en vont "planter le godet".

 

Dès le 15 avril, le bois se parfume des senteurs pénétrantes de l'endymyon, fausse jacinthe, dit "godet bleu" ou "godet de chien". Avec l'anémone des bois et les primevères jaunes, toute cette floraison donne un cachet de vie, de gaieté, de fraîcheur, de renouveau réconfortant. On hume à pleins poumons cet air pur, vivifiant, agréablement parfumé.

 

Une chose intéressante à rappeler, c'est l'activité industrielle qui régna dans ce coin dans les siècles passés.

 

A proximité de la ligne du chemin de fer de Houdeng au Roeulx, non loin de la route de Mignault, existait autrefois un puits pour l'exploitation de la houille, dénommé "puits de la Bavière". Il ne fut guère profond, car on ne parvenait pas à assécher le bouveau, le niveau du Thiriau ne lui étant inférieur que d'une vingtaine de mètres au maximum. Néanmoins, les dirigeants de cette exploitation figurent parmi les signataires de 1750 réclamant l'établissement d'une route pavée de Soignies à Mariemont, pour faciliter la vente et le charroi de la houille.

 

Depuis bien longtemps, ce puits est abandonné; mais on voit encore les vestiges des terrils à l'entrée du bois.

 

Par analogie, il n'est pas sans intérêt de rappeler que le seigneur des Raves, en janvier 1274, a vendu à l'abbaye de Bonne-Espérance le droit d'extraire le charbon sous le Bois des Raves, voisin du Bois du Sart.

 

Détail particulier; les habitants de Houdeng-Goegnies, ont toujours conservé le droit d'usage dans cette partie de la forêt, tout comme au bois de la Muchotte et au bois de Courrières; quelques familles usent toujours avec raison de ce privilège.

 

Les deux hameaux qui encadrent la partie boisée portent des noms spéciaux: à l'Est, le Lait-Beurré; à l'Ouest, le Blanc-Pain. Ces appellations trouvent leur origine dans les redevances extraordinaires qu'ils devaient fournir aux abbés de Saint-Denis, en lait beurré et en pain blanc ou aux tables des pauvres.

 

C'est entre le hameau du Pain Blanc et le Pont du Sart que l'on a procédé, en 1928, à des sondages pour la recherche du pétrole. On n'a jamais été fixé sur les résultats obtenus. Ce qui est certain, c'est que l'on n'a jamais vu de pétrole couler par l'un des trous de sonde.


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Groupe scolaire devant la chapelle du Bois.


La ducasse du bois, en langage du terroir "el ducasse du Bos" fut chantée par feu le docteur Caffet, d'Haine-Saint-Paul, l'écrivain wallon à jamais célèbre et dont la verve de bon aloi est inoubliable.

 

Voici les couplets qu'il lui avait dédiés: 

 

LA CHANSON: "EL DUCASSE DU BOS

de feu le docteur Caffet.

 

Extrait des couplets de la revue :"Au trévi d'tout"

 

LES HOMMES :

 

Nos d'alIons à l'ducasse

Pou danser.dessus l'place

Mais d'vant ça nos dirons

Cachi n'trinche dès gambon

I s'aront des galants

Qui sont des bons effants

C'qui faut pou les coumères

C'est des hommes volontaires

 

JEF:

 

Et moi z'aussi je vais

Avec Félicité.

 

TOUS:

 

Et à l'ducasse du Bos

No dirons co

Nos dirons co

(Bis)

 

LES FEMMES:

 

D’jusqu'à ci nos d'meurinnés

Tout d'juss comme nos astinnés

Heureus'mint qu'nos avons

Deux trois gentils garçons.

Avu ieuss nos dans'rons

Avu ieuss nos boirons

Et puis, i nos r'min'ront

C'est tout c'que nos d'mandons

 

FELICITE:

 

Et moi z' aussi je vais

Avec Jef adoré.

 

TOUS:

 

A l'ducasse du Bos

Nos dirons co!

Nos dirons co!

Quand l'véra co!

 

 

La promenade dans les bois d'Houdeng est toujours extrêmement belle et variée.

 

Le bois du Sart est célèbre par sa chapelle; celui des Raves, par son origine; celui des Soeurs, propriété des Hospices Saint-Jacques du Roeulx, par la jolie école bâtie à son orée.

 

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La chapelle du Bois du Sart.

 

Et le promeneur peut, à la bonne saison, se reposer agréablement, soit au ravissant lieu dit le Bocage, propriété de M. Vital Niçoise; soit à Luna-Plage, dont le bassin de natation constitue une innovation heureuse; soit au Jardin Joyeux situé à l'entrée de la rue du Bois des Raves.

 

Le hameau est doté d'un point d'arrêt sur la ligne de Soignies à Houdeng, à Haine-Saint-Pierre, dénommé Trieu-à-Vallée, à proximité duquel se trouve le stade du Football Club Houdinois.

 

19:45 Écrit par La Petite Louve dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : chapelle, bois du sart, chateau, ducasse |  Facebook |